transactionnelle

  • la politique et vous, et moi

    Au Conseil communal du 29 mai 2012, à OLLN, un des premiers points portait sur « le cadre ». Non pas qu’il s’agisse d’un encadrement ancien ou spécial d’une gravure rustique, qui vaudrait son pesant d’or ou de symbole. Pas du tout. Lorsqu’on parle du « cadre », on évoque le nombre et la qualification des personnes qui peuvent être engagées comme statutaire. Les autres personnes qui travaillent pour la commune ne sont pas sous statut mais sous contrat, comme un ouvrier ou un employé dans une firme privée.

    Petit rappel : les statutaires bénéficient de droits spéciaux, car on a estimé que les employés communaux devaient faire leur travail en toute indépendance, et le statut est sensé les protéger d’une influence politicienne.

    Elément de contexte : les statutaires coûtent plus cher que les contractuels au budget communal, surtout si les contractuels engagés bénéficient de réduction de charges patronales. La Ville (comme beaucoup de villes et communes) a engagé beaucoup de contractuels car la Région wallonne, pour résoudre le chômage et pour aider les communes, a donné beaucoup de subsides depuis les années 80, pour engager des contractuels. Les subsides s’appelaient des « points APE ». Pour OLLN, la proportion de statutaire est d’environ 30%, et par voie de conséquence, les contractuels sont 70%.

    Donc le cadre était à l’ordre du jour. Le Bourgmestre expose le point. En résumé, il explique les nouveaux postes créés, suite à l’audit administratif. Les postes permettront, dit-il, un meilleur fonctionnement de l’administration. Il annonce aussi pour les années à venir, de futures augmentations du cadre, car la région souhaite que la proportion de statutaires croisse. Ceci aura progressivement un effet sur les finances communales, car cela reviendra à recevoir moins de subsides par emploi.

    Là-dessus, le conseiller Otlet expose ses vues : en substance :

    ·         En 1996, lorsque j’étais bourgmestre depuis 2 ans, j’ai refait un nouveau cadre. Qu’avez-vous fait depuis ? rien. Vous proposez 3 personnes en plus au cadre, et quelques changements. Comme si la Ville n’avait pas évolué. Vous manquez d’ambition

    ·         Vous laissez 70% des agents hors statut, moi je leur donnerais un vrai emploi et un vrai statut

    ·         Quand moi j’étais au pouvoir, j’ai vraiment redynamisé cette commune. Vous n’êtes pas capables de faire les choses correctement.

    Je lui ai répondu en deux temps.

    ·         « Dans le fond, que nous dites-vous Mr Otlet ? Que dans le monde il y a deux sortes de personnes : les supérieures, celles qui font toujours tout mieux que tout le monde, et les autres, un peu sottes. A vous entendre, nous, la majorité, faisons partie de cette deuxième catégorie. Nous en prenons bonne note ».

    ·         « Nous, les sots, avons le plaisir de vous dire que nous gérons si mal la Ville que Test-Achats nous classe dans les 3 meilleures administrations communales et que les citoyens nous expriment leur satisfaction de leurs contacts avec l’administration. Nous avons développé tout un travail de formation des fonctionnaires. Et tout cela en allant chercher les moyens pour que tout se fasse avec la fiscalité la plus basse possible, et nous sommes dans la moyenne basse de la fiscalité du Brabant wallon et de la Wallonie ».

     

    Que retenir de cette histoire ?

    1° Très souvent, Mr Otlet s’est positionné comme une personne supérieure aux autres. « Moi, ça va, mais les autres, ils sont quand même moins bien ». En analyse transactionnelle, on dit qu’il se place en « plus – moins » dans sa position de vie (voir http://www.analysetransactionnelle.fr/?page_id=52 ou  http://www.capitalrh.fr/Les-positions-de-vie_a160.html ). Ce faisant, il se rend insupportable, invivable pour les personnes qui ne se considèrent pas comme inférieures. Il ne trouve quasiment aucune personne qui accepte de s’allier avec lui,  sachant très bien à quelle sauce elle va être mangée. Par exemple, un parti contacté par Mr Otlet après les élections et à qui Mr Otlet promet X échevins, préfère avoir un échevin de moins et faire majorité avec d’autres que de travailler 6 ans avec X échevins déconsidérés. Evidement il n’y a pas que le nombre de postes qui compte en politique pour décider de faire majorité avec l’un ou l’autre, il y a aussi le programme. Mais même avec un programme proche, sans considération réelle pour l’autre, vous ne faites rien en politique.

    Tout ceci est confirmé par une analyse plus globale de deuix scientifiques : Fanny Wille & Kris Deschouwer dans À PROPOS D' HOMMES ET DE POUVOIR : La formation des coalitions au sein des communes belges. Ils y disent :

    " La formation de coalitions au sein des communes implique des personnes qui tentent de conduire ou de maintenir leur parti au pouvoir. Les oppositions idéologiques jouent en la matière un rôle limité. Il s’agit d’être plus rapide que les autres et de faire à temps les bons choix. Dans de nombreuses communes, un préaccord est déjà conclu longtemps avant les élections; il contient des accords quant à la répartition des mandats. Il arrive également souvent que des partis d’horizons divers s’adressent à l’électeur en constituant une seule liste.

    Les considérations idéologiques jouent un rôle limité mais les relations personnelles n’en sont que plus importantes. La confiance forme le ciment des coalitions locales. Des alliances sont formées sur la base de sympathies ou antipathies personnelles. Les partis nationaux tentent d’imposer du sommet des modèles au sein des coalitions communales mais il s’avère toutefois à chaque fois que le contexte local, les personnes locales et les relations qu’elles entretiennent entre elles prévalent lors du choix d’une coalition."

     

    2° Mr Otlet est tellement persuadé qu’il est le meilleur, qu’il ne se rend plus compte de la réalité : la plupart des employés et des citoyens sont contents de l’administration communale et sont contents de la gestion de la Ville (par la majorité). Il se décrédibilise lui-même. Tant pis pour lui.