pollution lumineuse

  • Un avenir plein d’opportunités

    En septembre 2008, je reçois un email d’un concitoyen relatant la grande pollution lumineuse dans laquelle est plongée la Belgique en général et notre commune en particulier. Selon l’auteur de l’email, le sur-éclairage des routes perturbe le développement des grenouilles, la vie des hérissons qui sont pertrurbés la nuit et les insectes qui, s’agglutinant autour les lampes, décalent leur cycle végétatif. A ceci s'ajoute l'impossibilité d'observer un beau ciel. Il mentionne un site un site où l'on  peut se rendre compte de la pollution lumineuse de la commune : http://avex.org.free.fr/cartes-pl/belgique/zoom/ . L’auteur signale qu’en plus de détruire une partie de la nature, la collectivité dépense de l’argent comme dans les golden sixties et que ce n’est pas viable à long terme. En suivant son raisonnement, il faudrait réduire de manière importante l’éclairage des routes et voies publiques.

     D’un autre côté, on s’en doute, beaucoup de citoyens demandent d’avoir des routes bien éclairées car cela rassure. La police elle-même suggère d’emprunter des itinéraires fréquentés et bien éclairés pour rentrer chez soi le soir à LLN. Au Conseil communal de début septembre 2008, une conseillère est intervenue pour demander l’amélioration de l’éclairage d’un parking.

    François Terrasson a écrit et animé des séminaires sur la peur de la nature, surtout lorsqu’il fait noir. Il racontait une anecdote : il devait emmener plusieurs personnes dormir seule à la belle étoile. Lors du départ, une personne a parlé tant et plus. Elle a découvert qu’elle parlait pour esquiver le départ. Elle n’est d’ailleurs pas partie. Aujourd’hui, le nombre de personne circulant à pied ou à vélo la nuit sur une route de campagne est dérisoire, pourtant toutes les routes sont éclairées. Si nous redevenions confiant dans la nature, ne serait-il pas possible d’éteindre la majorité des lampes situées dans des zones hors urbaines, au moins à partir de 22 heures par exemple. La nature et notre portefeuille en seraient allégés.

    En Ville, où les citoyens se déplacent à pied le soir, laissons les rues éclairées et faisons-le avec des lampes très économes en énergie.

    Mais à long terme ? Comment nos enfants feront-ils ? Y aura-il encore suffisamment d’énergie pour alimenter les lampes, et cette énergie sera-t-elle suffisamment bon marché et peu polluante ? Des scientifiques pensent que nous allons dans quelques années être confrontés à une énergie très chère, notamment à cause de la raréfaction progressive du pétrole et du gaz. Depuis 1900 on a toujours extrait du pétrole en quantité croissante. On arrive au moment ou cela va être de plus en plus difficile de l'extraire, de telle sorte qu'on en extraira, mais de moins en moins. Nous sommes arrivés au pic de production de pétrole (voir www.aspo.be ). Comme la demande mondiale va croissant, l'offre ne pouvant satisfaire la demande, les prix vont (encore) grimper en flèche. Sans mesures correctrice, chacun verra son budget énergie grimper, et ce sont les personnes les plus défavorisées qui en souffriront le plus. Eclairer les rues deviendra peut-être un luxe impossible à satisfaire.

    J’interviens régulièrement en Conseil communal pour le rappeler, et pour qu’on s’y prépare. Demain sera très agréable à vivre si nous nous y préparons. Eclairer là où il le faut, de manière économe, en pouvant éteindre lorsque ce n’est pas utile, nécessite qu’on investisse aujourd’hui dans un matériel le permettant. Ce sera bénéfique pour la nature et pour notre argent. Le futur, je vous le dis, est plein d’opportunités.