persuasion

  • Le poids des mots

    Le 17 janvier 2017, le Conseil communal d’OLLN décide d’organiser une consultation de la population sur l’extension de L’esplanade. Il décide également de créer un comité de pilotage pour définir les modalités de cette consultation, à savoir les questions à poser, la date et les heures de la consultation et le contenu de la brochure d’information.

    Mi-mars, la plateforme citoyenne dépose plus de 3500 signatures pour demander une consultation populaire au sens du décret.

    Comparons la différence entre les deux consultations :

     

    Consultation de la population (CC du 17 janvier)

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    Consultation populaire (plateforme)

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    Questions posées

     

     

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    ·   Même question 1

    ·    Choix entre 20 arguments

     

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    ·   Même question 1

    ·    Réponse « oui/non » à 20 arguments (les mêmes)

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    Durée de la consultation

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    Deux jours : samedi et dimanche

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    Un seul jour, dimanche

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    Contenu de la brochure

    Même contenu

    Même contenu

     

    Le but de cet article n’est pas d’expliquer pourquoi la plateforme a décidé de collecter les signatures et de les déposer, sachant qu’ils allaient perdre un jour de consultation. Pour ceux qui veulent en savoir plus, ce texte donne une piste de compréhension : http://louvainlaneuvesonesplanade.blogspot.be/2017/05/consultation-extension-esplanade.html

    Le but de ce billet est de se demander comment plus de 3200 personnes ont pu être convaincues de signer pour avoir moins.

    Mon avis est l’usage des mots. Dans la récolte des signatures, il était demandé une consultation « en bonne et due forme ». Quel est le contraire de ceci ? une consultation « en mauvaise et indue forme ».

    Qui veut d’une consultation de la population en mauvaise et indue forme ? Personne. Donc on signe. On ne prend pas la peine de vérifier en quoi le conseil communal aurait pris du plaisir et/ou de la malveillance à réduire la qualité de la consultation. Le poids des mots est suffisant.

    Le poids des mots… et nous nous retrouvons tous avec un jour de consultation en moins.

    Ca fait réfléchir, non ?

    Un autre exemple : "souhaitez-vous l'extension de L'esplanade" ? Quel habitant à LLN a "besoin" de l'extension ? Certains qui espèrent un emploi ? D'autres qui veulent plus de clients ? Quelques uns qui veulent plus de choix ? Certains en voient l'utilité sans en avoir personnellement besoin, tel la fin de la dalle, la couverture de la gare, la possibilité de monnayer des services complémentaires. De là à souhaiter l'extension... C'est un peu comme si vous alliez faire une sieste dans votre jardin, et que votre voisin décidait au même moment d'organiser un BBQ festif : vous ne souhaitez pas qu'il fasse un BBQ. De là à vous y opposer...

    Toujours le poids des mots : "souhaitez-vous l'extension de L'esplanade" et "vous opposez-vous à l'extension de L'esplanade" couvre à peu près la même réalité, mais n'induit pas nécessairement la même dynamique. D'autant que si je vous dis "jusqu'à quel montant êtes-vous près à payer pour vous opposer à l'extension de L'esplanade", cela induit encore une nouvelle dynamique. Si j'en crois Le Vif, c'est 160 millions que le promoteur est prêt à investir. Sans doute que le promoteur sera d'accord qu'on lui rachète le terrain à ce prix, pour ne pas y faire l'extension. A la grosse louche, 8.000€ par adulte de la commune.

    Les mots utilisés ouvrent-ils la réflexion, ou au contraire sont-ils choisis pour induire une réponse ?

    A votre bonne réflexion !