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  • Les plus fragiles de notre ville

     

    La vie ne fait pas toujours de cadeaux. On connait tous des gens méritants qui, un jour, ont eu un coup de guigne. Et quand ce coup arrive sur un fond de fragilité, c’est la dégringolade. Pour diverses raisons, la santé mentale vacille, les assuétudes (alcool, drogue …) sont tentantes, tout cela n’arrange rien. La course folle vers le bas ne s’arrête alors qu’au fond : dans la rue. On devient SDF.

    A Louvain-la-Neuve et à la gare d’Ottignies, certains SD y survivent. Certains connaissent "Kofi" avec son ou ses caddies chargés à raz bord. « Mais que font la commune et le CPAS ? » nous demande-t-on parfois. Kofi est bien sûr suivi par le CPAS, mais il préfère la rue. C’est ainsi.

    Mais les autres ? Fallait-il interdire la mendicité comme le proposait le MR en début de législature ? Cela aurait été immoral selon nous : stigmatisation des personnes, rejet du problème vers d’autres villes. Autant casser le thermomètre pour ne pas voir que la température monte ! La majorité, et en particulier Monique Minsenga, Jean-Marie Paquay et Claire Thibaut ont voulu offrir un lieu pour que les SDF puissent se poser, voire se reconstruire. Ce fut la création de UTUC, un appartement avec une permanence, soutenu entre autre par la Ville, l’UCL et les habitants. Bravo à tous ces volontaires, qui apportent de l’espoir et de la reconnaissance à ceux qui ont touché le fond.

    Mais la nuit, les SDF restaient dehors. En hiver, c’est dur, très dur. Ouvrir un abri de nuit est une nécessité. Qui dit abri de nuit dit permanence, 24h sur 24. Plusieurs travailleurs sociaux doivent être employés. Ceci représente un coût immense pour la Ville d’Ottignies. C’est impayable sans mettre le budget de la Ville en déficit profond.

    Pourtant, par grand froid, il n’est plus possible d’hésiter. Cet hiver, la Ville, sur ces deniers, a ouvert un abri de nuit. Comme il n’y en a aucun dans la province, des « non ottintois » y sont venu. Nous les avons accueillis.

    La majorité communale veut qu’un abri de nuit permanent, un hôtel social en quelque sorte, soit ouvert en Brabant wallon, et accepte qu’il soit sur son territoire si c’est l’endroit le plus approprié pour les plus fragiles. La valeur de solidarité qui nous anime nous rend déterminés. Comme il s’agit d’un phénomène qui dépasse la capacité de la Ville à le financer (c’est donc principalement la prise en charge des salaires des travailleurs sociaux), nous appelons fermement et fortement la Province à débloquer l’argent pour le faire. Qu’elle n’attende pas le prochain hiver pour mettre ceci en place.

    Province, citoyens et citoyennes, la majorité communale est déterminée à se battre pour que chacun, même celui qui a touché le fond, puisse vivre dans un minimum de dignité. Etre sous un toit, au chaud et avec la possibilité de se laver, c’est vraiment le minimum.

  • lutter contre la pauvreté

    Au regard de tous les humains de la terre, nous sommes riches. Certains plus que d’autres. Et pour obtenir cette richesse, nous travaillons.

    Nous sommes aussi solidaires. Tous ont droit à vivre dignement. Pour ce faire, nous avons mis en place une sécurité sociale importante.

    Mais cette solidarité avec notre richesse est conditionnée : les personnes qui peuvent travailler et qui bénéficient de notre solidarité doivent en retour être disponibles pour un emploi.

    Et pourtant certains mendient dans notre ville de Louvain-la-Neuve. Est-ce à dire qu’ils ne bénéficient pas de l’aide sociale ? La plupart en bénéficient. Sont-ils prêts à travailler ? la réponse est nuancée : même s’ils étaient prêts, ils sont si déstructurés que bien peu d'employeurs veulent les engager. Il y a là un cercle vicieux dans lequel au plus longtemps ils restent sans travail, au plus difficilement ils sont employables et au moins ils ont envie de travailler. La boucle est bouclée. Alors notre société les aide quand-même car nous n’acceptons pas de laisser mourir des humains de faim et de froid.

    Alors une manière d’avoir plus de moyens est de mendier. Et à Louvain-la-Neuve il y a un public pour donner. Donc mendier rapporte et nous avons nos habitués. Avec leurs chiens pour tromper leur solitude et leur « guitare » pour tromper leur ennui. Je subodore même que certains mendient, non pas pour l’argent, mais également pour tromper l’ennui.

    Et là est bien le problème : ils s’ennuient et boivent à s’en démolir la santé. Et amarrés à certains lieux, ils finissent par agacer avec leurs comportements parfois agressifs, parfois simplement assommants. Mendier oui, mais emmerder son monde, non.

    Que faire ? Des citoyens se mobilisent pour tenter de les réintégrer, via la paroisse, les kots à projets … Le CPAS tente aussi des circuits de réinsertion.

    La Minorité (MR) propose d’interdire la mendicité. Nous sommes choqués. D’abord parce que cela ne les empêchera pas de rester agglutinés à certains lieux, à faire du vacarme et à boire. En ce sens, ce qui nous insupporte le plus ne sera en rien résolu. Mais ensuite car mendier n’est quand même pas un délit ! Ce qui est scandaleux, c’est moins les mendiants que notre société qui crée nos pauvres et nos désœuvrés. C’est aussi choquant que d’accuser tous les chômeurs de ne pas vouloir travailler et ainsi vouloir supprimer le chômage.

    Non, le CDH, le PS et ECOLO ne veulent pas supprimer la mendicité. Oui, la Majorité veut trouver une solution durable et pour les mendiants, et pour les habitants de LLN. Ce n’est pas facile mais nous nous y engageons.