lien social

  • Plan de prévention de proximité: mène-t-on une bone politique ?


    Ottignies-LLN est subsidiée par la Région wallonne d’une part, et par l’Etat fédéral d’autre part, pour lutter contre la délinquance. Le subside de la Région wallonne s’appelle « plan de prévention de proximité » et permet d’engager deux personnes. Le subside fédéral s’appelle lui « plan de prévention et de sécurité » et permet d’en engager trois.

    Pour que chaque année les subsides soient renouvelés, il faut décrire ce qui a été fait et évaluer le travail. Au Conseil communal du 18 mars, on a évalué le travail fait avec le subside wallon.

    Lors de mon intervention en Conseil communal, je me suis appuyé sur des travaux développés par l’Université catholique de Leuven qui permettent d’évaluer les politiques publique, notamment le modèle MAPE. Que dit ce modèle ? Qu’il est possible d’étudier les Moyens déployés, afin de mener des Actions. Que celles-ci aboutissent à des Produits qui ont les Effets désirés ou non. Pour Ottignies-LLN, le modèle donne ceci :
                    Plan de prévention de proximité d’Ottignies-LLN
    Moyens     2 personnes financées par la Région wallonne
    Actions     Ces deux personnes ont organisés des séances de
                    cinéma dans les quartiers, des matchs de foot au
                    Coquerées le soir lorsque le centre était vide,
                    des activités artistiques, des répétitions de
                    musique, un parcours VTT et bien d’autres choses.
                    Ces deux travailleurs ont le plus souvent agi en
                    collaboration avec d’autres équipes.
    Produits     En moyenne, il y a eu une vingtaine de jeunes
                      par activité, ce qui leur permet d’être positifs
                      et en contact avec les autres.
    Effets         Il y en a certainement, mais comment les mesurer ?

    Les effets souhaités sont la prévention des actes de délinquance … mais comment mesurer quelque chose qui ne s’est pas passé ? Comment mesurer que quelqu’un n’a pas volé ?

    De manière générale, il n’est pas facile de mesurer la prévention. Parfois, il est possible de comparer la situation actuelle avec une période antérieure. Par exemple, en matière de sécurité routière, si des actions sont menées pour sécuriser les routes, il est possible d’observer la diminution des accidents et des blessés.

    A Ottignies-LLN, on pourrait dire que la politique de prévention a été excellente car les actes de délinquance ont diminué, en général. Mais c’est partiellement juste. En effet, dans le même temps, le nombre de policiers a augmenté. Ils sont plus présents, plus visibles. De plus, la police dispose d’un service qui étudie la délinquance. En fonction des faits, ils organisent leurs patrouilles pour être présent dans les endroits sensibles au moment adéquat. On voit donc qu’il est difficile d’attribuer le succès à l’une ou l’autre politique.

    Revenons alors aux produits. Les jeunes ont pu donner le meilleur d’eux même dans des activités qui leur plaisaient, et qui étaient utiles. Il y a donc des liens qui se sont créés entre les jeunes et avec d’autres personnes de la commune. Le plan de prévention de proximité permet en partie de retisser du lien social. C’est important pour prévenir l’insécurité. Ceci va à contre-courant d’un phénomène général de notre société. Un exemple de mécanisme qui rendent les habitants plus distants entre eux : avec l’accroissement de leurs revenus, certains peuvent partir de chez eux les WE et les vacances, travaillent loin … bref sont mobiles. Ceci a pour conséquence que l’on se côtoie moins, donc que l’on se connaît moins. Et si on se connaît moins, on peut plus facilement s’agresser … Un autre mécanisme qui crée de la distance entre les gens sont les plus grandes différences de revenus. Une réduction de la différence de revenu serait utile aussi. En tout cas, je le souhaite et c’est le sens de mon engagement politique.

    Alors, efficace le plan de prévention de proximité ? Si on le mesure par ce qui a été produit, la réponse est oui. Remercions les travailleurs pour leur engagement. Et veillons chacun a être solidaire, car ça aussi c’est efficace !

    Hadelin de Beer
    Conseiller communal ECOLO