fidélité

  • la fidélité ... en politique

    Voici une lettre écrite à une voisine après une discussion avec elle.

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    Chère voisine,

    Après que nous ayons passé du temps ensemble à parler d’un peu de tout, et notamment de politique communale, vous avez conclu l’entretien en disant que vous étiez fidèle. Je l’ai compris comme « bien que j’ai été intéressée, je resterai fidèle au parti (catholique) ».

    Ceci m’a beaucoup fait réfléchir.

    Je me suis demandé ce qu’était la fidélité.

    Etre fidèle à Dieu, c’est de poursuivre sa foi. Etre fidèle à son époux, c’est de n’avoir des relations maritales qu’avec lui. Etre fidèle à ses enfants, c’est plus complexe car plusieurs éléments entrent dans cette motion : la disponibilité, l’accueil, l’amour inconditionnel. Etre fidèle à ses amis, c’est être là, c’est perpétuer l’amitié. On peut aussi être fidèle à son employeur et à des commerçants : c’est considérer qu’au-delà de la transaction financière, il y a une relation humaine que l’on trouve importante et que l’on veut poursuivre.

    Il y a aussi une fidélité à des marques (Nike …) ou à des enseignes (Delhaize, Véritas …) : « j’ai toujours été acheter mes boutons chez Véritas, je lui reste fidèle ». Même si les vendeurs et vendeuses changent et qu’on ne les connait pas ? Cette fidélité est plus proche de l’habitude et de la répétition.

    La fidélité politique peut combiner à la fois les personnes et les idées. Etre fidèle à ses idées, ce n’est pas conserver ses opinions identiques pendant toute sa vie adulte, car faire cela indiquerait qu’on ne profite pas de l’expérience accumulée et qu’on ne tient pas compte du monde qui change. Etre fidèle à ses idées, c’est conserver à travers le temps ses valeurs et ses lignes directrices, et c’est chercher à les appliquer en tenant compte des circonstances. Par exemple : j’ai comme valeur la participation, comme ligne directrice le partage du pouvoir ==> que ce soit pour des travaux, pour l’urbanisme, pour la fiscalité ou pour la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, je vais mettre tout en œuvre pour :

    •  informer les personnes concernées ;
    • leur donner la parole avant de prendre les décisions ;
    • expliquer en quoi et pourquoi j’ai tenu compte ou non de leur avis (si la décision me revient) ;
    • leur proposer de participer à la mise en œuvre.

    Imaginez que depuis longtemps vous votiez pour moi : vous me seriez fidèle. Mais si moi je n’étais pas fidèle à mes idées ? Je ne serais pas fidèle à moi-même.

    Je retourne donc la question : En quoi est-ce que moi je peux vous être fidèle, le « vous » vous concerne personnellement ainsi que tous les électeurs qui portent leur voix sur moi ? C’est être fidèle à mes idées, à mes engagements, à mes valeurs. C’est aussi tenter d’appliquer le programme en tenant compte du monde changeant.

    Si vous êtes fidèle à un parti, mais que les candidats sont peu fidèles, il me semble y avoir un problème.

    Dans chaque parti, la majorité des candidats sont des personnes bien et fidèles. Ces personnes restent fidèles à leurs idées et tentent de les réaliser. La fidélité de l’électrice que vous êtes, ce n’est pas de poursuivre l’habitude de vote, très approximative par ailleurs puisqu’il n’y a plus de parti catholique. Votre fidélité, c’est d’être fidèle vous aussi à vos idées et vos valeurs. Et si vous estimez que je peux représenter vos idées et vos valeurs, et que j’y serai fidèle, il me semble que voter pour moi, même si c’est nouveau, est aussi une sorte de fidélité !

    Je vous remercie pour l‘opportunité que vous m’avez donné de réfléchir à la fidélité, et vous prie de croire en mes cordiales salutations.

    Hadelin de Beer