éolienne

  • Des éoliennes à Ottignies-LLN ?

    De nombreux citoyens sont intéressés par le développement des énergies renouvelables. A titre divers :

    • les uns parce qu'ils ont mis des panneaux photovoltaïques sur leur toit et veulent conserver les certificats verts promis initialement (quand bien même cela leur donne une rentabilité annuelle de 15 %/an, rentabilité payé par tous les consommateurs d'électricité, la solidarité entre citoyen étant mise à mal, non ?) ;
    • les autres qui voient dans les énergies renouvelables un coût supplémentaire ;
    • d'autres encore qui considèrent les énergies renouvelables comme un rempart à l'augmentation de l'effet de serre ;
    • et encore d'autres qui considèrent que les éoliennes gâchent leur paysage (mais ceux-ci ne manifestent pas contre tous les pylônes haute tension qui sont des balafres dans les paysages actuels. Ils ne disent pas ce que cela coûterait d'enterrer toutes ces lignes... Un exemple frappant sur Ottignies : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=657451434305849&set=a.400416216676040.106237.386985754685753&type=1&theater).

    Celui qui parle au nom « du citoyen » est un beau menteur. Le citoyen moyen n'existe pas, il existe des groupes de citoyens avec des intérêts divergents. Un citoyen peut même être porteur de plusieurs intérêts, parfois même contradictoires...

    Les éoliennes de grandes taille sont aujourd'hui une des façons les plus rentables de produire de l'électricité, comparé à toute autre construction neuve (mais pas en comparaison d'installations anciennes, comme les anciennes centrales nucléaires). Références : DIW Data Documentation, "68 Current and Prospective Costs of Electricity Generation until 2050" http://www.diw.de/documents/publikationen/73/diw_01.c.424566.de/diw_datadoc_2013-068.pdf

    Les éoliennes de grandes taille occasionnent une très faible production de  CO2 par énergie produite, nettement moins que tout autre production à grande échelle.

    Les éoliennes ont quelques inconvénients : le bruit et l'impact paysager (à comparer aux pylônes HT) et la biodiversité. Concernant le bruit, l'ippact est limité et localisé. Personnellement, je n'ai jamais trouvé qu'une éolienne était laide (au contraire d'un pylône HT), ce qui signifie que l'impact paysager est subjectif. A certains endroits, les éoliennes pourraient être néfastes à la biodiversité.

    Un petit tableau récapitulatif

    avantages

    inconvénients

    ·         Production électrique la moins chère comparée à toute autre installation neuve ;

    ·         Très faible émission de CO2 par énergie produite

    ·         Bruit près des éoliennes ;

    ·         impact paysager (à comparer aux pylônes HT), mais est-ce vraiment un inconvénient ?

    ·         impacts négatifs sur la biodiversité si elles sont placées à certains endroits.

     

    En ce qui me concerne, je considère que les avantages pour les générations actuelles et futures pèsent pour 90 % et les inconvénients pour 10 %, si les éoliennes sont bien placées par rapport à la biodiversité et assez loin des habitations.

    Si - je n'en doute pas - beaucoup partagent mon analyse, les quelques personnes, de bonne foi ou non, qui veulent faire capoter l'éolien de grande taille pourraient avoir gain de cause dans les médias par des manifs, des arguments dramatisant la situation etc. On ne peut pas avoir raison contre une opinion publique.

    Ce dossier est d'ailleurs emblématique de la transition écologique qui ne peut pas être réussie contre les gens. Il est aussi emblématique des valeurs d'Ecolo qui considère la participation comme dynamique nécessaire à la prise de décision politique dans des dossiers aussi importants que la politique énergétique.

    Ce sont ces raisons qui ont poussé les ministres ECOLO, Philippe Henry et Jean-Marc Nollet, à associer les citoyens, les associations et les communes au processus de décision. La Ville d'Ottignies-Louvain-la-Neuve a remis en avril 2013. un avis positif sur le développement de l'éolien, en demandant d'y voir plus clair sur notre territoire. Il y a ensuite eu l'enquête publique où tous les citoyens ont pu s'exprimer.

    Que s'est-il déjà passé dans d'autres communes ? Un certain nombre de critiques ont concerné la méthode. Les communes ont remis des avis positifs, négatifs ou nuancés. Certains avis négatifs d'autres communes l’étaient car la cartographie n'identifiait aucune zone favorable sur le territoire des communes concernées. D'autres avis très nuancés, sans remettre en cause le dispositif, demandaient de prendre en compte des spécificités communales, priorisaient les zones ou encore proposaient des alternatives... Au bout du processus d'enquête, il était nécessaire et prévu de tenir compte des avis rendus.

    Ces avis seront utilisés à deux niveaux : au niveau régional d’abord pour le découpage en lots, au niveau local ensuite pour le travail lot par lot (intégration des remarques à plus petite échelle).

    La carte théorique présentée aux citoyens et aux communes durant l’enquête publique était un outil de travail théorique et pédagogique, permettant une meilleure visibilité à l’échelle régionale pour le citoyen. C'était un élément fort de transparence (avant, seuls les promoteurs avaient accès à de telles données compilées). On a appris dans la presse que la carte des zones favorables allait être abandonnée. En effet, cette carte était la traduction des endroits où l'implantation de mats était possible. Mais l'ensemble des possibles n'était pas réalisable ! Vu cette difficulté, cette carte n'est plus nécessaire vu que le travail va être fait autrement.

    On avance maintenant vers un cahier de charges local, c'est-à-dire un outil qui intègre les retours citoyens du terrain et les spécificités locales qu'un modèle théorique ne pouvait pas prendre en compte.

    Le travail en ce sens va se poursuivre en modifiant l’avant-projet de décret. C'est pourquoi il n’y aura pas de carte des zones favorables dans le décret, juste la carte des découpages. La priorité va désormais au décret, le reste du travail se fera ultérieurement lot par lot, avant l’appel public, pour définir les conditions intégrant les critères du cadre de référence d’un côté et les contributions et les préférences locales retenues suite à l’enquête publique d’autre part. Autrement dit, les spécificités locales (notamment celles soulignées par les citoyens) seront prises en compte, ainsi que les préférences exprimées parmi les zones présentées par la cartographie théorique. C'est pourquoi il est important que notre commune se positionne.

    L'étape ultérieure consistera en la définition d’un cahier de charges lot par lot tenant compte du cadre de référence, de l’état des lieux urbanistique et environnemental, du recueil des avis locaux. De la sorte, chaque candidat promoteur déposera son offre accompagnée d’une carte opérationnelle d’implantation dans le respect du cahier de charges.

    Notons qu'au final, seuls 15% des zones identifiées comme favorables dans les cartes qui ont été soumises à l’enquête publique seront effectivement exploitées. Une infime partie du territoire wallon, s’il faut encore le rappeler.

    Il est prévu que les premiers lots mis en œuvre sont ceux à proximité des axes structurant (les autoroutes) et ceux dont le potentiel de productible est le plus grand. Ce sont les lots les moins controversés et "les plus faciles".

    Le cadre éolien et le décret permettront d'atteindre les objectifs et de mettre fin au développement anarchique des éoliennes tout en protégeant le cadre de vie des citoyens et cela en tenant compte de leurs avis et de ceux des communes.

    Encore un mot sur l'opposition entre éolien de petite et de grande taille. Tous ceux qui sont en faveur du développement des énergie renouvelables sont favorables aux éoliennes, quelle que soit leur taille. Il se fait qu'aujourd'hui, les éoliennes de grande taille sont :

    ·         les plus rentables, donc sont celles qui vont livrer une énergie électrique la moins chère ;

    ·         les plus rapidement disponible et les plus fiables, les éoliennes de petite taille n'ayant pas encore de filière de production, ceci pouvant prendre plusieurs années à être opérationnel.

    Ceux qui opposent aujourd'hui petites et grandes éoliennes jouent aux apprentis sorciers. Par contre, développer et expérimenter le petit éolien, pour qu'il soit actif dans le futur est une très bonne chose. La multiplicité des solutions respectueuses des humains et des écosystèmes est une idée très écologique.