élection

  • Est-ce qu'un accord pré-électoral public est démocratique ?

    Le MR d'Ottignies-LLN est très fâché sur l'accord pré-électoral public. Examinons les arguments du MR prétendant que l'accord pré-électoral n'est pas démocratique (les numéros entre parenthèse renvoient aux arguments qui se trouvent dans le communiqué de presse du MR repris en annexe).

    • Le MR estime anti-démocratique d’exclure de la future majorité, à l’avance, par un accord préélectoral sans vote préalable des citoyens (1), le plus gros groupe (5) , qui a gagné le plus de siège (12).
      • Quant au plus gros groupe qui est exclu : est-ce bien au MR d'utiliser cet argument ? Que penser alors de l’accord préélectoral que le MR a conclu avant à Ottignies en 1988 (ils ont exclu le plus gros groupe de l’époque, le PSC de Yves Du Monceau, en signant avec le PS de Valmy Féaux). En réalité, le MR dit lui-même que « nous admettons que le système de la représentation proportionnelle permette des majorités alternatives à celle constituée par le parti le plus plébiscité. »
      • Quant au principe d’un accord préélectoral soit-disant non démocratique, qui se fait par définition avant que les citoyens ne votent : là aussi, est-ce bien au MR d'utiliser cet argument ? Que penser de tous ceux signés par le MR à OLLN, en 1988 et 1994 à Ottignies-LLN ou encore actuellement en Wallonie et à Bruxelles ? Que penser de l’accord préélectoral du MR avec le PS à la province conclu il y a peu ? L'argument qui prétend qu'un accord pré-électoral public est peut-être plus démocratique qu'un accord signé le soir des élections est celui-ci : l'électeur sait à l'avance ce qui arrivera avec son vote et il peut avoir une stratégie en tenant compte de cette information. Si non, son vote est confisqué par les partis qui négocient une majorité sans que l'électeur n'ai plus rien à dire. Cela me rappelle quand Ecolo avait gagné les élections régionales en 2009. Il était passé de 12% à 20%, et avait signé avec le PS et le CDH. Beaucoup d'électeurs ont écrit à Ecolo : "on a voté pour vous mais pas pour que vous alliez avec le PS", PS qui était embarqué dans les affaires. cette histoire contribue à montrer que dire les intentions d'accord est plus démocratique.
      • Quant au fait que les citoyens n’ont pas choisi cette alliance-là par un vote : C’est une remarque pertinente, mais chaque fois que le MR fait une alliance préélectorale, il ne demande pas au préalable l’avis de la population. Par ailleurs, ce ne serait pas une mauvaise idée de le faire, mais comment l’organiser ? Organiser 6 mois avant les élections, une élection pour dire quel parti devrait s’allier avec quel autre parti ? Sans connaître les programmes, ni les candidats ni le rapport de force entre ceux-ci ? Intéressant mais pas réaliste, (d’ailleurs, le MR ne le fait nulle part).
      • Quant au fait que le MR a gagné le plus de siège, entre l’élection de 1995 et l’élection de 2000, c’est plus ou moins vrai, tout en concédant qu’ils étaient passé d’une liste MR à une liste de cartel MR additionné à une partie du PSC. Mais depuis l’élection de 2000, ils perdent des voix et des sièges ! Ils sont passés de 45 % à 34 % ! Avec cet argument, ils devraient trouver très démocratique de rester dans l’opposition puisqu’ils n’arrêtent pas de perdre les élections.
    • Le MR estime injuste et anti-démocratique de se battre contre trois listes (3).
      • D’abord, ce ne seront pas trois, mais quatre, cinq ou six listes : Ecolo, PS, CDH (Avenir), DéFI, liste citoyenne LOCAL.E, PTB… Chacune va essayer de capter le plus de voix possibles, pour renforcer son pouvoir dans la majorité, dans la minorité, au conseil…
      • En temps de parole, en budget et en accès au débat, le MR estime que la majorité ne devrait pas avoir plus que le MR. Disons alors que la majorité ne devrait pas avoir plus que la minorité. Le MR devant se mettre d’accord et partager l’espace et le temps avec DéFI, la liste citoyenne, le PTB, une éventuelle liste d’extrême droite…
      • Et encore, ce n’est pas si simple, l’accord préélectoral dit que les 3 partis signataires sont prêts à s’ouvrir à un quatrième parti qui partagerait ses grands axes programmatiques. Imaginons qu’avant ou après le vote d’octobre, la majorité s’ouvre à un ou deux autres partis… Comment fait-on dans ce cas pour, avant les élections, gérer le temps de parole, l’affichage, le budget de la majorité et de la minorité ?
      • Sans compter la difficulté démocratique à constituer une liste du bourgmestre avec trois partis : combien de places pour les candidats de chaque parti : 1/3, 1/3, 1/3 alors qu'il y a actuellement 10 Ecolos, 5 CDH et 4 PS ? A la proportionnelle des élus ? Mais alors c'est présupposer que les votes changeront peu, ce qui n'est pas vraiment une idée démocratique. 
      • Et si il y a l'obligation morale de faire une liste de majorité, pourquoi pas la même obligation de faire une liste de minorité ? Avec les mêmes difficultés que mentionnées ci-dessus.
    • Le MR prétend que l’alliance électorale n’est pas basée sur un projet de ville (2)
    • (ceci n'a plus trop à voir avec le débat sur un accord préélectoral) Le MR prétend que la majorité impose ses vues, sans respect pour l’opposition (6). Par contraste, le MR prétend qu’il défend des points de vue nuancés (7) et les dérapages de la majorité sont dénoncés sans agression (8). C’est surtout Ecolo qui ne supporte pas la contradiction (11).
      • Si Ecolo était si « dictateur », pourquoi deux autres partis s’allient-ils avec lui ? Rien n’empêche le CDH et le PS de s’allier avec d’autres. Pourquoi choisir le pire ?
      • Si le MR était si intelligent, si nuancé et si peu agressif, pourquoi le PS et le CDH ne s’allient-ils pas avec le MR ? Pourquoi ne choisissent-ils pas le meilleur ?
    • Le MR prétend que le seul but de l’alliance est de donner le mayorat à Ecolo (9), alors qu’Ecolo n’est pas le 1° parti, et ce depuis 1989 (10).
      • On constate bien que dans un même communiqué, le MR dit que le bourgmestre ne doit pas nécessairement être issu du plus gros parti, mais critique Ecolo de ne jamais avoir été le plus gros parti et d’avoir eu le mayorat… Puis-je suggérer au MR d’être conséquent et de ne pas se contredire ?
      • Pourquoi le PS et le CDH auraient-ils pour but de vouloir absolument donner le mayorat à Ecolo ?
      • La critique du MR est à comprendre autrement : Ecolo ne veut pas s’allier avec le MR car il perdrait le mayorat (ce n’est donc pas le but de l’alliance mais le but d’Ecolo). Ma réponse : depuis qu’Ecolo est allié avec le PS et le CDH, il monte électoralement, il réalise une partie de son programme et se plaît avec ses partenaires : qui conseillerait à Ecolo de modifier sa stratégie ? Et en quoi est-ce scandaleux et anti-démocratique ?

     

    Quels sont les arguments du MR auxquels je n’ai pas répondu ? Et si j’ai répondu à tous les arguments, lesquels restent-ils où l’on se dit « le MR a raison, d’ailleurs lui n’a jamais fait ou ne fait plus comme cela » ? Je ne vois pas. Bien sûr je ne suis pas objectif, tout comme les élus du MR, mais sincèrement, en essayant d’être rigoureux, je ne vois pas.

     

    Il n’y a donc aucun élément à ce point grave que cela méritait de ne pas venir au conseil communal.

     

    Je concède volontiers qu’il n’est pas agréable d’être relégué en minorité (prolongée) : en quoi cela justifie-t-il de ne pas venir au conseil communal ? A Wavre, cela fait 30 ans que le MR est en majorité (absolue), cela justifierait-il que les élus Ecolo n’aille plus au Conseil communal sous prétexte qu’ils n’ont pas beaucoup de chance d’arriver en majorité aux prochaines élections ? Que doivent penser les électeurs MR de leurs élus qui, boudeurs, ne viennent pas les représenter parce que le risque est grand pour eux de se retrouver dans la minorité ?

     

    En dehors des arguments du MR, y a-t-il des arguments qui plaident contre ou pour un accord préélectoral ? Merci de les signaler en commentaire, pour faire progresser la réflexion.
    NB : les commentaires se ferment automatiquement après un mois, envoyez-moi un email, je peux les réouvrir manuellement.

    18/3/2018. Baptiste s'inquiète qu'un accord préélectoral ne prendrait pas directement en compte les résultats de l'élection. Il a raison : pour qu'un accord préélectoral soit démocratique, il faut que le résultat de l'élection ait une influence sur l'accord. Il faut notamment que le programme soit influencé, mais aussi que les postes à pourvoir le soient. L'accord signé à Ottignies le prévoit, et ce depuis la première fois qu'ils ont existé.

    Annexe : communiqué du MR

    Le 3 février dernier, les trois partis de la majorité actuelle (ECOLO/AVENIR-CDH et PS) ont annoncé, pour la 4ème mandature consécutive la reconduction de leur « alliance citoyenne ». De notre côté, nous n’avons pas encore formellement réagi. Nous le faisons ce soir en ne participant pas au Conseil communal.

    Si nous admettons que le système de la représentation proportionnelle permette des majorités alternatives à celle constituée par le parti le plus plébiscité, nous estimons par contre, qu’en reconduisant leur alliance avec 3 listes (et donc avec 93 candidats) et 3 programmes différents et en excluant d’office le parti le plus important (31 candidats) : c’est tout simplement scandaleux (3).

    En agissant de la sorte (pour la 4ème fois !), ECOLO/CDH/PS détournent le système à leur avantage personnel sans avoir égard, ni à l’avis des citoyens qui n’ont pas encore pu exprimer leur vote (1), ni au projet de ville qu’ils ne sont pas parvenus à préparer ensemble (2).

    En fait, le modèle prôné par la majorité, c’est un modèle sans débat démocratique, sans respect ni de l’opposition (4), ni des citoyens ayant voté pour ce parti relégué sans cesse dans l’opposition malgré son meilleur score électoral (34,1% en 2012) (5).

    Et c’est plutôt symptomatique de la majorité en place puisque depuis 2000, elle se croit toute puissante et elle impose ses vues  (6) en rejetant généralement les arguments développés par l’opposition, en osant déclarer malgré tout « que les politiques arrêtent de se croire au-dessus des citoyens ». Il faut un fameux toupet quand même, avouez !

    Vous qui assistez ou suivez dans la presse les Conseils communaux, savez-vous que notre groupe OLLN2.0 vote favorablement plus de 90 % des points mis à l’ordre du jour par le Collège communal ?

    Concernant les points qui ne font pas l’unanimité dans notre groupe, nous les débattons et parfois, aux termes du débat, nous votons contre, pour ou nous nous abstenons. Souvent le vote est libre dans nos rangs (ce qui n’arrive jamais ou quasiment jamais dans les rangs de la majorité). Nous ne nous opposons jamais sans disposer d’un dossier; nous développons toujours une argumentation forte, souvent nuancée (7). Et parfois même, nous sentons que nous convainquons certains membres du Collège ou de la majorité, même si au moment du vote, celle-ci préfère ignorer ces arguments et passer le dossier en force (vote majorité contre opposition)

    L’opposition constitue le contre-pouvoir garant de notre démocratie et une opposition constructive doit pouvoir soutenir les « bons » projets du Collège mais aussi dénoncer les dérapages et, le cas échéant, formuler des propositions alternatives au Conseil, ce que nous faisons. Quand Madame Chantry justifie l’accord préélectoral par l’attitude agressive de l’opposition (8), elle ne fait que détourner l’attention du véritable enjeu qui est la course au mayorat (9) dans une majorité sans concurrence.

    La réalité, c’est que les ECOLOS sont au pouvoir sans discontinuer depuis 1989 (et ont le mayorat depuis 2000) en n’ayant jamais été le premier parti de la ville (10) !

    Par leur coalition répétée depuis 18 ans, ils sont largement majoritaires au sein du Collège et ne supportent plus la moindre contradiction, même émanant de l’opposition (11) dont c’est pourtant le rôle indispensable dans un Etat démocratique !

    Pour ECOLO cette tripartite est l’alliance idéale, « l’autorité assise » comme pour la magistrature et ils espèrent que cela va durer encore longtemps.

    Ce n’est pas notre conception de la démocratie et nous serons toujours présents pour faire barrage à ces petits arrangements et offrir une vraie alternative aux électeurs.

    A l’annonce du 4ème renouvellement de la coalition ECOLO/CDH/PS nous aurions pu nous décourager puisque toutes les fois précédentes, malgré notre première position aux élections avec le plus grand nombre de sièges gagnés (12), nous avons systématiquement été  envoyés dans l’opposition, mais il n’en est rien. Aussi ce soir, nous avons voulu vous montrer en 4D à quoi ressemblerait le conseil communal sans opposition rêvé par ces 3 partis d’une alliance citoyenne qui n’a de citoyen que le nom !

    Avez-vous trouvé le débat intéressant ?

    Et qu’on ne s’y trompe pas, peut-être va-t-on nous accuser d’avoir fui le débat sur les visites domiciliaires. Nous avons déjà dénoncé qu’aucun dossier avec pièces justificatives (projet de loi critiqué, analyse par le Collège dudit projet, arrêt du Conseil d’Etat…)  n’avait été mis à la disposition des conseillers dans le délai légal et nous avons demandé expressément que ce point soit reporté au prochain Conseil communal afin de pouvoir réagir en connaissance de cause.

    Le maintien de ce point à l’ordre du jour du Conseil de ce soir n’a pour objectif que de surfer sur une communication appuyant une opposition existant à un autre niveau de pouvoir et démontre une fois de plus qu’il n’est pas tenu compte à OLLN, des demandes légitimes de l’opposition. Ce comportement est susceptible d’un recours auprès de la tutelle. Nous aviserons.

    La mauvaise pièce jouée à OLLN éloignera probablement encore un peu plus les citoyens de la politique et la campagne électorale sera très difficile pour notre groupe et pour les éventuelles nouvelles listes car non seulement nous devrons convaincre d’oser la différence avec nous mais aussi et surtout nous devrons pousser les citoyens à ne pas s’abstenir mais bien au contraire à utiliser leur vote.

    Pour la liste OLLN2.0

    B. KAISIN,

  • 4 postures pour les candidats en campagne électorale

    En 2014, mon parti m’a demandé de le représenter à un débat sur la chasse, débat organisé dans le Luxembourg par une association de chasseurs. Après l’ouverture de la séance, chaque représentant/candidat avait quelques minutes pour exposer ses arguments et propositions. Qu’on parle de chasse ou pas, j’ai remarqué quatre postures électorales différentes.

    La fusion : « Je suis vous »

    posture,campagne,électionLe premier candidat a pris la posture de celui qui ressemble le plus à son public. « Je suis le seul chasseur parmi les représentants ici autour de la table » et « je suis un des seuls chasseurs parmi les parlementaires wallons. » Il a misé sur deux éléments :

    • la connaissance de la question
    • la coïncidence des intérêts.
    • Le bénéfice de la chasse (emploi...)

    C’est une posture efficace pour convaincre un public convaincu qu'il n’y a qu’un intérêt à représenter. Ne seront par contre pas convaincu ceux qui veulent choisir un candidat capable de les représenter pour plusieurs enjeux (multi-facteur). Cela ne convaincra pas non plus le public qui sait qu’il y a plusieurs acteurs à concerter pour prendre une décision car le candidat ne dit rien sur l’obligation de concertation et sur la façon dont il va la mener.

    Cette posture postule une délégation totale du pouvoir de l’électeur vers la candidat : pourquoi consulter en cours de route puisqu’on sait tout.

    La convergence : « Nos intérêts sont les mêmes »

    posture,campagne,électionLe second candidat était bourgmestre d’une commune du Luxembourg. Il a exprimé que si les chasseurs avaient besoin de législation favorable à la chasse, les communes aussi, car cela permettait de louer plus cher aux chasseurs les propriétés communales. Il a misé sur un élément :

    • la convergence d’intérêt entre le public et le candidat.

    C’est une posture efficace pour convaincre un public qui pense qu’il n’y a qu’un enjeu à traiter mais qu’il y a plusieurs acteurs en jeu pour prendre la décision. Le candidat propose ainsi une coalition d’acteurs pour emporter la décision. L’efficacité est néanmoins limitée pour convaincre un public qui sait qu’il y a d’autres acteurs qui influeront sur la décision car le candidat ne dit rien sur la manière dont vont réagir les autres acteurs et sur la façon dont il va négocier, ni sur ses critères.

    C’est égalent une posture problématique pour convaincre un public qui est amené à choisir son candidat en fonction de plusieurs facteurs : les mêmes coalisés pour un sujet peuvent être opposés pour un autre !

    Enfin, cette posture suppose que le candidat demande une délégation totale du pouvoir.

    La constance : « Je n’ai qu’une parole »

    posture,campagne,électionLe troisième candidat était président de parti et ancien ministre. Il a déclaré que la question du gibier et de la nature était une question de chasseur mais aussi d’agriculteurs. Il avait négocié avec les agriculteurs pour les dégâts du gibier et la protection de la nature, il doit donc négocier la même chose avec les chasseurs, favoriser la chasse mais pas au détriment des agriculteurs. Il a misé sur un élément :

    • la cohérence dans la décision globale.

    C’est efficace pour convaincre les personnes du public qui savent qu’il faudra négocier car le candidat propose une solution réaliste. C’est moins efficace dans une assemblée dont les présents sont venus pour entendre qu’ils sont les meilleurs, qu’ils ont raison, et que c’est bien normal que leurs intérêts deviennent la règle. C’est également problématique pour les membres du public qui attendent une position du candidat, en effet, le candidat se profile plus comme un notaire des rapports de force des autres acteurs, il ne dit pas ce que lui estime souhaitable.

    Dans un choix d’un candidat multi-facteurs, c’est relativement efficace car cela parle de la manière de fonctionner sur l’ensemble des enjeux.

    La vision globale : « reconnaître un idéal supérieur est votre meilleure garantie »

    posture,campagne,électionLe quatrième candidat a déclaré que son parti avait pour valeur supérieure la biodiversité. Le grand gibier n’ayant plus de prédateurs, il est impératif que l’humain chasse le grand gibier, si non celui-ci détruira l’environnement. Son parti est donc favorable à toute chasse qui protège la biodiversité, quels que soient les autres éléments positifs ou négatifs de la chasse (emploi, bénéfice pour les communes…). Ce candidat a misé sur deux éléments :

    • la participation à un idéal supérieur ;
    • et sur le fait que cet idéal supérieur était la meilleure garantie sur le long terme. Selon ce candidat, les participants pouvaient être intéressés par une vision d long terme qui donne une garantie de continuité dans les stratégies et actions, dans lesquelles ils pouvaient retrouver certains de leurs intérêts.

    C’est convainquant pour le public qui ne veut pas que ses intérêts dépendent d’intérêts conjoncturels de court terme, mais que ses intérêts dépendent de valeurs et vision de long terme. Par contre, c’est inefficace pour convaincre les personnes du public qui pensent que leurs intérêts sont légitimes en soi, et ne doivent en rien être confrontés à d’autres facteurs. C’était un peu le cas de cette assemblée de chasseurs, où beaucoup se sont avérés être sûrs d’eux-mêmes, et être persuadés que leurs intérêts étaient les intérêts de tous.

    Cette posture ne demande pas une délégation de pouvoir totale, la consultation des citoyens en cours de mandat est possible, si pas souhaitable.

    Choix d’une posture : instinctif ou délibéré ?

    Je pense d’abord que les candidats ne prennent pas vraiment une décision réfléchie sur la posture qu’ils adoptent ; elle leur vient instinctivement. Je ne serais pas étonné qu’il y ait une préférence pour la posture « fusion » car c’est en phase avec la notion de « représentant du peuple » et cela paraît un lien très fort. Viendrait ensuite la convergence d’intérêt, qui est une sorte de position de repli.

    Le choix d’une posture peut néanmoins être influencé par les intérêts en jeu. Si le candidat sent que ses interlocuteurs ont des intérêts différents, il va éviter de se mettre dans la fusion, parce qu’il se mettrait à dos une partie de la salle. Il prendra o-plutôt une attitude de constance s’il sait que quelqu’un pourrait lui resservir ses propos contre lui d’une rencontre à l’autre.

    La posture « vision globale » nécessite de la part du candidat un renversement de perspective. Il ne doit pas chercher à avoir un maximum de voix en montrant qu’il ressemble à ses électeurs. Il veut au contraire attirer les électeurs vers les idées qu’il défend.

    Si les candidats adeptes de la fusion peuvent être comparés à des caméléons qui s’adaptent pour séduire, ceux de la vision globale sont des hirondelles qui emmènent son groupe vers la destination souhaitée.

    Un conseil pour l’électeur ?

    Si l’émotion est un facteur central et incontournable dans la prise de décision, je m’en méfie lorsqu’elle est utilisée pour créer l’adhésion. Vouloir fusionner, en politique, c’est privilégier l’émotion à la raison et à l’argumentation. Cela pose deux problèmes : le danger de manipulation et le simplisme.

    La convergence des intérêts se base moins sur des jeux manipulatoires. Mais pour choisir un candidat, cela pose également deux problèmes : on ne connaît pas son objectif de long terme et le simplisme guette également, tout n’étant pas ramenable à des intérêts convergents sur un thème.

    Il me semble que la vision de long terme et la constance amènent plus de garantie à l’électeur sur ce qui va être mené comme projet et politique les années suivantes et sur la manière dont les politiques vont être menées.

    Evidemment, en tant qu’élu et candidat, suis-je le mieux placé pour donner des conseils à l’électeur ??? innocent