#olln

  • #OLLN : Mon analyse du conseil communal du 10 novembre 2015

    Beaucoup de journaux sont d’accord : le fait marquant du Conseil communal du 10 novembre a été le revirement de la majorité.

    Dans le compte-rendu fait par la journaliste de la Ville, elle relate le fait en commentant ainsi : « La Une ne fait pas l’unanimité auprès des conseillers. Yolande Guilmot, pourtant de la majorité, […] »

    Au-delà du fait « fresque », l’élément marquant est qu’’exceptionnellement, la majorité a changé d’avis en conseil.

    D’habitude, la majorité a décidé avant la séance qu'elle voterait oui à ce qu'a préparé le Collège. La minorité a choisi avant la séance quand elle voterait non ou abstention sur certains dossiers. Le seul enjeu est d'expliquer le mieux possible sa position : la majorité en montrant qu'elle dirige et suis une bonne trajectoire; la minorité en montrant que tant l'objectif que la manière est mauvaise. Bien sûr, c'est caricatural, mais globalement vrai. Cette fois, cela a été différent !

    Venons-en au fait. Pour commémorer l’attentat aux bureaux de l’hebdomadaire « Charlie », le Collège a décidé de faire une fresque sur un mur de la maison de la citoyenneté à Ottignies. Le Collège a opté pour la reproduction d’une « une » de Charlie et a choisi celle représentant un magrébin (caricaturé, représentant sans doute un musulman), embrassant ce qui est censé être un journaliste « blanc » de Charlie Hebdo, avec le titre « l’amour plus fort que la haine ». Le point est passé en réunion de majorité avant le Conseil, le point a été survolé, sans que chacun ne voie l’image. Pas de réaction donc, on votera « pour ». La minorité, par la voix de Nancy Schroeders, critique le choix de l’image pour deux raisons (selon mon souvenir) : soutien trop explicite à Charlie Hebdo qui est en soi un journal critiquable et image peu en accord avec un message pacificateur. A ce moment, les conseillers qui n’avaient pas encore vu l’image se renseignent. Et certains se disent « non, cette image ne va pas », chacun pour ses raisons. C’est à ce point « fort » que la majorité risque de ne plus être majoritaire… Une suspension de séance est demandée, ce qui permet à la majorité de se parler pour se reformer et être à nouveau unanime. Il a fallu peu de temps pour qu’une nouvelle proposition soit faite : un concours pour la liberté d’expression, en mémoire des attentats de Charlie. La minorité a été pour le moins l’aiguillon qui a fait changer d’avis la majorité.

    Notez-bien, on parle de 3000 EUR, pas grand-chose. Mais une fresque a parfois un impact bien plus fort que quelques milliers d’EUR.

    Car justement, l’autre point fort du Conseil, c’était la modification du budget. Retenons ceci : avec les plus et les moins, le budget en bonni en début d’année, de 60.000 EUR, reste en bonni, mais de 5.000 EUR. Sur 41 millions. Il y a bien sûr eu des discussions sur quelques milliers d’EUR, mais là on parle un peu de queues de cerises… car la vraie info, c’est que le Fédéral versera TROIS MILLIONS, vous avez bien lu, de moins qu’initialement annoncé. Trois millions ! Responsabilité de la Ville : zéro. La minorité le reconnait. Comment est-ce possible ? Que le Ministère des finances n’ait pas tous les fonctionnaires pour collecter l’argent assez vite, c’est possible, mais ce qui est incompréhensible, c’est que la trésorerie remplace le budget ! Un mot d’explication :

    • Pour savoir ce qu’il peut escompter comme recettes, l’état estime le revenu de la particulière et entreprises (notamment avec la croissance économique) et en déduit ses recettes qui sont fonction du taux d’imposition.
    • La Ville décide d’un pourcentage à ajouter à l’impôt de l’Etat, 6,7% en l’occurrence. Ce montant prévu est (devrait être) le montant budgétaire.
    • L’Etat envoie ensuite les déclarations fiscales, les traite, puis envoie l’extrait et demande aux citoyens de payer.
    • Si l’Etat prend du retard dans le traitement de certaines déclarations ou dans l’envoi de certains extraits, certains citoyens payeront plus tard.
    • Dès lors, l’Etat aura une partie l’argent plus tard, et enverra aux communes plus tardivement une partie l’argent. Ceci est de la trésorerie.
    • Et la région wallonne oblige les communes à mettre à leur budget la trésorerie fédérale. Ahurissant.

    Il est urgent de changer les règles. Faute de quoi, gérer une commune deviendra impossible.

    Notons encore la prestation de serment d’un nouveau conseiller communal : Abdel Ben El Mostapha (bienvenue à lui) en remplacement de la très appréciée Carine Swinnen. Et notons aussi la question de Cédric Jacquet de la liste unique pour l’inscription des enfants dans les crèches dont la solution n'est pas si simple que cela : ceux qui veulent en savoir plus liront le toujours bien fait compte-rendu de la journaliste de la Ville : http://www.olln.be/fr/conseil-communal.html?cmp_id=28&news_id=29653&vID=1