• #OLLN : le MR lance sa campagne électorale

    Le 30 octobre, un article du MR d'OLLN lance sa campagne électorale. Il est visible ici : http://www.mrottignieslln.be/la-campagne-est-lancee/

    Leurs thèmes de campagne (à ce stade) : l’urbanisme, la mobilité, la défense des intérêts des commerces de proximité et la participation citoyenne. C'est cohérent avec leurs positions en conseil communal. Je constate qu'il n'y a pas : la transition, les limites de la planète, le changement climatique, le type de produits consommés, la pollution, la solidarité, la mixité sociale, le numérique... Pas à ce stade. Dont acte.

    Le MR veut "favoriser des parkings de délestages aux entrées de la ville avec un système de navette électrique plutôt que d’entendre systématiquement « tous en vélo »" qui finance les parkings ? Sur quels terrains ? Vont-ils exproprier ? Qui finance la navette électrique ? J'espère que les citoyens auront à coeur de leur poser ces questions.

    A LLN, le MR veut résoudre " la problématique criante du coût des parkings qu’il faudra revoir dès l’expiration des permis d’exploitation en cours." Les parkings appartiennent à l'UCL ou à Klépierre : veulent-ils supprimer le droit de propriété ? Veulent-ils racheter tous les parkings (et payer le désenfumage : 12 millions) ? Les parkings sont utilisés majoritairement par des non-habitants : les citoyens d'OLLN vont-ils financer le parking des non-habitants ? Qui posera la question, je suis intéressé par les réponses...

    Le MR pense "sans vouloir fermer les portes de la ville,  que la 1ère des priorités n’est pas d’accueillir de nombreux nouveaux habitants mais de veiller prioritairement à améliorer le cadre de vie actuel, de développer de nouveaux services de proximité, de favoriser la création de nouveaux emplois tout en aidant les petits commerçants qui essayent de résister à la pression des grandes enseignes." Magnifique ! Bravo ! Mais avec de telles améliorations, cela incitera beaucoup de personnes à vouloir venir habiter à OLLN. Dès lors, si le MR restreint l'arrivée de nouveaux habitants, les prix des maisons vont monter en flèche ==> les enfants des ottintois devront partir. En plus, on ne voit pas très bien comment le MR restreindrait  l'arrivée de nouveaux habitants (plus que ce que fait la majorité actuelle), puisque les propriétaires actuels ont (partiellement) le droit d'aménager leur terrain. A moins que le MR soit pour la restriction drastique du droit des propriétaires... Quelqu'un pourrait leur demander comment ils vont tenir leur promesses ? Remarquez, ils disent "Nous ne disons pas qu’il ne faut plus de nouvelles constructions mais nous prônons un aménagement territorial maîtrisé." Juste ciel, comment ? Comment ? Comment ? (autrement que par le schéma de structure qui a été voté en février 2017 par le Conseil communal).

    En tout cas, cela fera des débats intéressants. Vivement la campagne !

     

  • #OLLN : Compte-rendu du conseil communal du 17 octobre 2017

    Plusieurs personnes m’ont dit d’entrée de jeu : « Cela ne va pas être un conseil long, il n’y a pas beaucoup de points importants. » J’étais méfiant, je connais mes zouaves. J’avais malheureusement raison : de 20h15 à 0h45 ! 4H30 !

    Vous trouverez un excellent compte-rendu ici : http://www.olln.be/fr/conseil-communal.html?cmp_id=28&news_id=38026&vID=384 Celui que j’ai écrit est assez différent !

     

    On a débuté par un heure d’explication sur la gestion d’ORES. Il y a quatre mois, le Conseil s’était senti démuni quant aux modifications statutaires en ORES et quant au rachat de la part de capital d’ORES détenu par Electrabel et vendu aux intercommunales pures de financement. Stéphane Joris est venu donner toutes les explications, à postériori. Il a en plus répondu à la question « pourquoi est-ce si cher quand une PME demande un raccordement au réseau ? Une PME de Limelette a payé 30.000 € ! » La tranchée, le compteur, et le raccordement lui-même coûtent respectivement 2000, 500 et 5000€. Les 23.000€ restant sont dû à la demande de puissance : une cabine de quartier peut livrer 400 KVA ; si tous les habitants du quartier raccordés à cette cabine appellent 200 KVA, et que l’entreprise a besoin de 220 KVA, il y a un déficit et il faut dédoubler la cabine. Il faut donc tirer une nouvelle ligne d’un poste plus haute tension (faire les tranchées, payer les câbles et la nouvelle cabine…) Qui va payer tout cela ? Le Régulateur wallon (la CWAPE) a décidé qu’il fallait appliquer le coût-vérité, c’est à dire que celui qui demande la puissance la paye. Et c’est le régulateur qui fixe le tarif. « Le législateur wallon pourrait dire que le raccordement et la demande de puissance est gratuite pour les PME, mais alors ce seront les ménages qui payeront, car de toute façon, il faut que les frais soient payés » a déclaré Stéphane Joris.

     

    Le point 5 mérite un détour pour expliquer que les élus de tout bord peuvent être de bonne volonté et collaborer. Il s’agissait d’approuver un cahier des charges à transmettre aux bureaux d’études qui feront le fameux SOL sur le périmètre de l’extension de l’Esplanade et alentours. En clair, c’est un document qui précise les conditions (administratives et de contenu) que les bureaux d’études doivent respecter dans leurs propositions de contrat. Il se fait que ce cahier des charges n’a été soumis aux conseillers qu’une heure avant le conseil. Le bourgmestre a déclaré d’entrée de jeu que « bien qu’il s’agisse d’un document très administratif et semblable en beaucoup de points aux cahiers des charges que nous adoptons couramment, je comprendrais parfaitement qu’un conseiller demande le report du point. » Les conseillers demandent l’impact d’un report : le budget ne pourra être engagé cette année, et il n’y a qu’un délai court pour faire le SOL. Que faire ? Reporter le point ? L’accepter, et le Collège s’engage à revenir avec le point si la minorité, après étude, demande à le modifier ? Voter le point plus tard en conseil pour permettre à certains de le lire ? C’est pour finir cette solution qui a été retenue. Vers 22h45, trois conseillers de la minorité avaient lu le document, ils ont fait quelques remarques et suggestions que le Collège s’est engagé à suivre. Cela portait notamment sur la bonne articulation entre le travail urbanistique et l’aspect participatif du SOL.

     

    Au point 15, à l’unanimité, la Ville s’est engagée à devenir une « commune du commerce équitable ».

     

    Au point 16, 20 minutes de débat sur un subside wallon de 12.000 €/an aux commerces créatifs qui doit transiter par la Ville. Le débat a commencé comme je l’avais prédit, à savoir que la minorité a dit « encore des subsides pour le commerce de LLN et jamais rien pour Ottignies », ce à quoi l’échevin a répondu « la Région wallonne a fait un règlement tel qu’il n’y a pas de subside pour Ottignies, mais nous la Ville avons donné des subsides au commerce créatif à Ottignies, faites des propositions pour que nous puissions encore en donner. » La minorité a bien essayé de dire que l’échevin n’était pas assez actif, ce qu’il a répondu « je passe bien plus de temps sur Ottignies que LLN, qui fonctionne tout seul. J’ai lancé plein d’activité sur Ottignies, Mousty et Limelette. (10 jours gourmands, marché des producteurs locaux...) Certaines se poursuivent d’autres sont arrêtées. Si la Ville a un rôle d’impulsion, elle n’a pas vocation à porter indéfiniment et à bout de bras des choses que les commerçants ne veulent plus faire vivre par eux-mêmes. »

    Au point 17 la Ville donne un subside de 17.000 € … à Ottignies pour des animations de Noël. Malicieusement, Monique Minsenga demande « pourquoi rien pour Louvain-la-Neuve ? »

     

    Après quelques autres points, dont la création d’un comité de pilotage pour élaborer le processus participatif du SOL de LLN, l’échevin de l’enseignement présente le nombre d’élèves inscrits dans les écoles communales. « Autant l’an passé, je ne m’étais pas vanté parce qu’on augmentait de 20 élèves, autant cette année je ne fais pas de catastrophisme parce qu’on en diminue de 20. »

     

    Il est 23h, on a traité les 50 points à l’ordre du jour (soit une moyenne de 3 minutes 18 secondes par point), il y a encore les 6 points ajoutés par la minorité. Comme on a terminé à 0h45, cela fait une moyenne de 17 minutes et 30 secondes par point ! Comment expliquer ceci ?

    1. Le défaut habituel des conseillers communaux : agresser puis dire que non on n’a pas agressé et chacun se met à commenter la communication de l’autre. Le conseiller B a estimé qu’un échevin ne travaillait pas assez et qu’il donnait beaucoup trop d’avantages aux riverains alors que la rue ne leur appartient pas et que du coup le bus ne passait plus dans la rue de la Chapelle, ce qui était terriblement néfaste pour d’autres. L’échevin a d’abord répondu « si vous me laissiez travailler plutôt que de m’agresser » puis a détaillé son travail par le menu. Réponse de la minorité : « mais non, le conseiller B ne vous a pas agressé, d’ailleurs, vous être payé pour faire ce travail... » Et rebelotte pour un tour. Heureusement, le Bourgmestre est intervenu sur le fond, rappelant qu’il fallait réussir deux choses : et que le bus passe, et que la rue plaise aux riverains qui l’habitent. « Pour réussir ces deux choses, il faut faire de la concertation. Et la concertation, cela prend du temps, il faut accepter que les choses ne se fassent pas du jour au lendemain. » 45 minutes !
    2. Les points ne passent pas en réunion préparatoire préalable. Bien qu’on tienne une réunion préparatoire au conseil communal où tous les points sont expliqués, on ne fait pas ceux de la minorité. On pourrait le faire, et des tas de points seraient résolus dès ce stade. Mais les journalistes n’en sauraient rien et la minorité apparaîtrait moins dans le journal.
  • #OLLN : décrypter l’Ordre du jour du Conseil communal du 17 octobre 2017

    Il y a 56 points à l’ordre du jour. Ce n’est pas rien. l'ordre du jour commenté est ici.

    Le premier point concerne ORES, l’entreprise publique qui distribue l’électricité. Petit résumé : il y a des producteurs d’électricité, puis ELIA qui transporte l’électricité (grosses lignes haute tension), puis ORES ou la régie de Wavre ou … qui distribue jusque chez le ménage. Le directeur d’ORES Brabant wallon viendra expliquer comment ils travaillent.

    Ensuite on passera à la modification du budget 2017 de la Ville. Pour faire simple, la Ville pense avoir les mêmes recettes (43,7 millions), mais plus de dépenses (43,64 millions au lieu de 43,61 millions). Ces très petites variations en cachent de plus grosses : + 0.25 millions pour le CPAS, +0.1 pour la gestion des parcs à conteneurs, -0.4 pour le personnel. Au budget extraordinaire, on ajoute deux dépenses de 0.14 millions : pour payer un bureau d’étude qui fera le SOL et pour payer un bureau participatif pour accompagner la réflexion sur le SOL.

    Le point 5 est l’appel au bureau d’étude pour faire le SOL.

    Au point 13, on donne un emplacement de parking pour une 22ème voiture CAMBIO sur le territoire de la Ville ! 22 ! Génial !

    Au point 15, la Ville veut être reconnue comme « commune du commerce équitable ».

    Au point 16, on va confier à l’asbl « gestion du centre-ville de LLN » la gestion de 4 subsides de 6000€ pour des vitrines commerciales de magasins créatifs dans une zone qui a été désigné commerce créatif. Le MR local (OLLN 2.0) va réagir en conseil communal, en se demandant « pourquoi rien que pour LLN ? » On leur répondra qu’à Ottignies, Mousty etc., il n’y a pas eu de demande de permis socio-économique, qu’on n’a pas pu désigner une zone de commerce créatifs, et que dès lors la région ne donne pas de subsides.  Mais qu’on cherche bien sûr à favoriser le commerce d’Ottignies etc.  Je parie gros sur un dialogue de sourd, j’espère me tromper.

    Au point 48, on crée un comité de pilotage pour mettre en route le processus participatif pour le SOL.

    Au point 49, on examinera le nombre d’enfants inscrits dans les écoles communales.

    Il y aura ensuite les points ajoutés.

  • #OLLN, conseil communal du 12 septembre 2017 : qu’en retenir ?

    Nous avons commencé par un exposé détaillé sur les objectifs de la zone de secours du Brabant wallon. On a pu comprendre toutes les contraintes, notamment administratives , qui rendent la gestion pas évidente.

    Un débat intense (de 1 heure 20 minutes) a eu lieu à propos de l’adoption du périmètre du SOL. Replaçons les choses dans leur contexte : avaient été introduites à la Ville plusieurs demandes de  projets urbanistiques venant se coller au projet d’extension de l’Esplanade : comment les accepter avec un projet incertain et contesté ? C’est pourquoi la Ville a proposé d’avoir une vue d’ensemble, co-construite avec les parties intéressées : le SOL. Pour faire démarrer le SOL, il fallait en définir le périmètre, qui ne peut prendre comme limite que des limites naturelles. Une conférence de presse ayant eu lieu pour exposer le projet, l’échevin du Monceau  propose de passer directement aux questions. Tout les conseillers n’étant pas à cette conférence, on passe néanmoins à une présentation générale. Puis viennent les commentaires :

    • « C’est bien, mais je me méfie de vos intentions » dira un conseiller de la minorité. Ce à quoi il lui a été répondu qu’on ne demandait pas de voter sur un acte de foi, mais sur un périmètre pour pouvoir faire un SOL ;
    • « Comment allez-vous faire en trois ans un SOL alors que pour les PCA (ancêtres des SOL) vous avez mis 6 ans ou plus ? » « Personne n’était pressé pour les PCA, nous le sommes cette fois-ci pour le SOL » a répondu l’échevin.
    • « L’UCL voudrait bien que le périmètre soit plus petit, pour ne pas englober des zones académiques ni le projet des chinois » a demandé M. Otlet. La majorité s’est dite surprise que M Otlet défende avec autant de vigueur l’UCL, mais que de toute façon les zones à exclure ne pouvaient l’être faute de limite naturelle. De plus, le projet des chinois peut être approuvé pendant que se réalise le SOL.

    Le point a été voté par tous les conseillers sauf deux.

    Les comptes du CPAS, la convention « Louvain4ageing » ont été l’occasion de présentation et échanges.

    A OLLN, on est des spécialistes ! Le point 52 concernait une motion demandant au TEC de revenir autour de la table de négociation pour que le bus passe à nouveau dans la Rue de la Chapelle. L’échevin déclare qu’il retire le point, car les TEC ont recommencé à discuter avec la Ville. Malgré que le point ait été retiré, on en a quand-même discuté ! Incroyable.

    Il était 23h50 quand on a examiné les points ajoutés.

    Un des points m’a marqué. Julien Tigel-Pourtois demandait, malgré le vote du SOL, qu’on modifie de manière mineure le schéma de structure pour tenir compte de l’Esplanade. Il l’a fait à mon  sens dans un but électoral : faire plaisir à la plateforme et espérer en récolter les voix. Pourtant il avait déjà été expliqué de long en large, et indépendemment des envies de la majorité, que une modification du schéma de structure qui permettrait de ne pas construire l’extension de l’Esplanade ne serait pas considéré comme une modification mineure, et que donc le promoteur irait en recours, l’entièreté du nouveau schéma de structure serait annulé et on en reviendrait au schéma de 1997 qui non seulement permet l’extension, mais ne permet que cela. Au moment du vote, trois conseillers de la minorité ont rejoint la majorité. Merci a eux d’avoir cassé la logique particratique et d’avoir suivi la voix du réel.

    La séance publique fut terminée à minuit dix.

  • 4 postures pour les candidats en campagne électorale

    En 2014, mon parti m’a demandé de le représenter à un débat sur la chasse, débat organisé dans le Luxembourg par une association de chasseurs. Après l’ouverture de la séance, chaque représentant/candidat avait quelques minutes pour exposer ses arguments et propositions. Qu’on parle de chasse ou pas, j’ai remarqué quatre postures électorales différentes.

    La fusion : « Je suis vous »

    posture,campagne,électionLe premier candidat a pris la posture de celui qui ressemble le plus à son public. « Je suis le seul chasseur parmi les représentants ici autour de la table » et « je suis un des seuls chasseurs parmi les parlementaires wallons. » Il a misé sur deux éléments :

    • la connaissance de la question
    • la coïncidence des intérêts.
    • Le bénéfice de la chasse (emploi...)

    C’est une posture efficace pour convaincre un public convaincu qu'il n’y a qu’un intérêt à représenter. Ne seront par contre pas convaincu ceux qui veulent choisir un candidat capable de les représenter pour plusieurs enjeux (multi-facteur). Cela ne convaincra pas non plus le public qui sait qu’il y a plusieurs acteurs à concerter pour prendre une décision car le candidat ne dit rien sur l’obligation de concertation et sur la façon dont il va la mener.

    Cette posture postule une délégation totale du pouvoir de l’électeur vers la candidat : pourquoi consulter en cours de route puisqu’on sait tout.

    La convergence : « Nos intérêts sont les mêmes »

    posture,campagne,électionLe second candidat était bourgmestre d’une commune du Luxembourg. Il a exprimé que si les chasseurs avaient besoin de législation favorable à la chasse, les communes aussi, car cela permettait de louer plus cher aux chasseurs les propriétés communales. Il a misé sur un élément :

    • la convergence d’intérêt entre le public et le candidat.

    C’est une posture efficace pour convaincre un public qui pense qu’il n’y a qu’un enjeu à traiter mais qu’il y a plusieurs acteurs en jeu pour prendre la décision. Le candidat propose ainsi une coalition d’acteurs pour emporter la décision. L’efficacité est néanmoins limitée pour convaincre un public qui sait qu’il y a d’autres acteurs qui influeront sur la décision car le candidat ne dit rien sur la manière dont vont réagir les autres acteurs et sur la façon dont il va négocier, ni sur ses critères.

    C’est égalent une posture problématique pour convaincre un public qui est amené à choisir son candidat en fonction de plusieurs facteurs : les mêmes coalisés pour un sujet peuvent être opposés pour un autre !

    Enfin, cette posture suppose que le candidat demande une délégation totale du pouvoir.

    La constance : « Je n’ai qu’une parole »

    posture,campagne,électionLe troisième candidat était président de parti et ancien ministre. Il a déclaré que la question du gibier et de la nature était une question de chasseur mais aussi d’agriculteurs. Il avait négocié avec les agriculteurs pour les dégâts du gibier et la protection de la nature, il doit donc négocier la même chose avec les chasseurs, favoriser la chasse mais pas au détriment des agriculteurs. Il a misé sur un élément :

    • la cohérence dans la décision globale.

    C’est efficace pour convaincre les personnes du public qui savent qu’il faudra négocier car le candidat propose une solution réaliste. C’est moins efficace dans une assemblée dont les présents sont venus pour entendre qu’ils sont les meilleurs, qu’ils ont raison, et que c’est bien normal que leurs intérêts deviennent la règle. C’est également problématique pour les membres du public qui attendent une position du candidat, en effet, le candidat se profile plus comme un notaire des rapports de force des autres acteurs, il ne dit pas ce que lui estime souhaitable.

    Dans un choix d’un candidat multi-facteurs, c’est relativement efficace car cela parle de la manière de fonctionner sur l’ensemble des enjeux.

    La vision globale : « reconnaître un idéal supérieur est votre meilleure garantie »

    posture,campagne,électionLe quatrième candidat a déclaré que son parti avait pour valeur supérieure la biodiversité. Le grand gibier n’ayant plus de prédateurs, il est impératif que l’humain chasse le grand gibier, si non celui-ci détruira l’environnement. Son parti est donc favorable à toute chasse qui protège la biodiversité, quels que soient les autres éléments positifs ou négatifs de la chasse (emploi, bénéfice pour les communes…). Ce candidat a misé sur deux éléments :

    • la participation à un idéal supérieur ;
    • et sur le fait que cet idéal supérieur était la meilleure garantie sur le long terme. Selon ce candidat, les participants pouvaient être intéressés par une vision d long terme qui donne une garantie de continuité dans les stratégies et actions, dans lesquelles ils pouvaient retrouver certains de leurs intérêts.

    C’est convainquant pour le public qui ne veut pas que ses intérêts dépendent d’intérêts conjoncturels de court terme, mais que ses intérêts dépendent de valeurs et vision de long terme. Par contre, c’est inefficace pour convaincre les personnes du public qui pensent que leurs intérêts sont légitimes en soi, et ne doivent en rien être confrontés à d’autres facteurs. C’était un peu le cas de cette assemblée de chasseurs, où beaucoup se sont avérés être sûrs d’eux-mêmes, et être persuadés que leurs intérêts étaient les intérêts de tous.

    Cette posture ne demande pas une délégation de pouvoir totale, la consultation des citoyens en cours de mandat est possible, si pas souhaitable.

    Choix d’une posture : instinctif ou délibéré ?

    Je pense d’abord que les candidats ne prennent pas vraiment une décision réfléchie sur la posture qu’ils adoptent ; elle leur vient instinctivement. Je ne serais pas étonné qu’il y ait une préférence pour la posture « fusion » car c’est en phase avec la notion de « représentant du peuple » et cela paraît un lien très fort. Viendrait ensuite la convergence d’intérêt, qui est une sorte de position de repli.

    Le choix d’une posture peut néanmoins être influencé par les intérêts en jeu. Si le candidat sent que ses interlocuteurs ont des intérêts différents, il va éviter de se mettre dans la fusion, parce qu’il se mettrait à dos une partie de la salle. Il prendra o-plutôt une attitude de constance s’il sait que quelqu’un pourrait lui resservir ses propos contre lui d’une rencontre à l’autre.

    La posture « vision globale » nécessite de la part du candidat un renversement de perspective. Il ne doit pas chercher à avoir un maximum de voix en montrant qu’il ressemble à ses électeurs. Il veut au contraire attirer les électeurs vers les idées qu’il défend.

    Si les candidats adeptes de la fusion peuvent être comparés à des caméléons qui s’adaptent pour séduire, ceux de la vision globale sont des hirondelles qui emmènent son groupe vers la destination souhaitée.

    Un conseil pour l’électeur ?

    Si l’émotion est un facteur central et incontournable dans la prise de décision, je m’en méfie lorsqu’elle est utilisée pour créer l’adhésion. Vouloir fusionner, en politique, c’est privilégier l’émotion à la raison et à l’argumentation. Cela pose deux problèmes : le danger de manipulation et le simplisme.

    La convergence des intérêts se base moins sur des jeux manipulatoires. Mais pour choisir un candidat, cela pose également deux problèmes : on ne connaît pas son objectif de long terme et le simplisme guette également, tout n’étant pas ramenable à des intérêts convergents sur un thème.

    Il me semble que la vision de long terme et la constance amènent plus de garantie à l’électeur sur ce qui va être mené comme projet et politique les années suivantes et sur la manière dont les politiques vont être menées.

    Evidemment, en tant qu’élu et candidat, suis-je le mieux placé pour donner des conseils à l’électeur ??? innocent