#OLLN : Compte-rendu du conseil communal du 17 octobre 2017

Plusieurs personnes m’ont dit d’entrée de jeu : « Cela ne va pas être un conseil long, il n’y a pas beaucoup de points importants. » J’étais méfiant, je connais mes zouaves. J’avais malheureusement raison : de 20h15 à 0h45 ! 4H30 !

Vous trouverez un excellent compte-rendu ici : http://www.olln.be/fr/conseil-communal.html?cmp_id=28&news_id=38026&vID=384 Celui que j’ai écrit est assez différent !

 

On a débuté par un heure d’explication sur la gestion d’ORES. Il y a quatre mois, le Conseil s’était senti démuni quant aux modifications statutaires en ORES et quant au rachat de la part de capital d’ORES détenu par Electrabel et vendu aux intercommunales pures de financement. Stéphane Joris est venu donner toutes les explications, à postériori. Il a en plus répondu à la question « pourquoi est-ce si cher quand une PME demande un raccordement au réseau ? Une PME de Limelette a payé 30.000 € ! » La tranchée, le compteur, et le raccordement lui-même coûtent respectivement 2000, 500 et 5000€. Les 23.000€ restant sont dû à la demande de puissance : une cabine de quartier peut livrer 400 KVA ; si tous les habitants du quartier raccordés à cette cabine appellent 200 KVA, et que l’entreprise a besoin de 220 KVA, il y a un déficit et il faut dédoubler la cabine. Il faut donc tirer une nouvelle ligne d’un poste plus haute tension (faire les tranchées, payer les câbles et la nouvelle cabine…) Qui va payer tout cela ? Le Régulateur wallon (la CWAPE) a décidé qu’il fallait appliquer le coût-vérité, c’est à dire que celui qui demande la puissance la paye. Et c’est le régulateur qui fixe le tarif. « Le législateur wallon pourrait dire que le raccordement et la demande de puissance est gratuite pour les PME, mais alors ce seront les ménages qui payeront, car de toute façon, il faut que les frais soient payés » a déclaré Stéphane Joris.

 

Le point 5 mérite un détour pour expliquer que les élus de tout bord peuvent être de bonne volonté et collaborer. Il s’agissait d’approuver un cahier des charges à transmettre aux bureaux d’études qui feront le fameux SOL sur le périmètre de l’extension de l’Esplanade et alentours. En clair, c’est un document qui précise les conditions (administratives et de contenu) que les bureaux d’études doivent respecter dans leurs propositions de contrat. Il se fait que ce cahier des charges n’a été soumis aux conseillers qu’une heure avant le conseil. Le bourgmestre a déclaré d’entrée de jeu que « bien qu’il s’agisse d’un document très administratif et semblable en beaucoup de points aux cahiers des charges que nous adoptons couramment, je comprendrais parfaitement qu’un conseiller demande le report du point. » Les conseillers demandent l’impact d’un report : le budget ne pourra être engagé cette année, et il n’y a qu’un délai court pour faire le SOL. Que faire ? Reporter le point ? L’accepter, et le Collège s’engage à revenir avec le point si la minorité, après étude, demande à le modifier ? Voter le point plus tard en conseil pour permettre à certains de le lire ? C’est pour finir cette solution qui a été retenue. Vers 22h45, trois conseillers de la minorité avaient lu le document, ils ont fait quelques remarques et suggestions que le Collège s’est engagé à suivre. Cela portait notamment sur la bonne articulation entre le travail urbanistique et l’aspect participatif du SOL.

 

Au point 15, à l’unanimité, la Ville s’est engagée à devenir une « commune du commerce équitable ».

 

Au point 16, 20 minutes de débat sur un subside wallon de 12.000 €/an aux commerces créatifs qui doit transiter par la Ville. Le débat a commencé comme je l’avais prédit, à savoir que la minorité a dit « encore des subsides pour le commerce de LLN et jamais rien pour Ottignies », ce à quoi l’échevin a répondu « la Région wallonne a fait un règlement tel qu’il n’y a pas de subside pour Ottignies, mais nous la Ville avons donné des subsides au commerce créatif à Ottignies, faites des propositions pour que nous puissions encore en donner. » La minorité a bien essayé de dire que l’échevin n’était pas assez actif, ce qu’il a répondu « je passe bien plus de temps sur Ottignies que LLN, qui fonctionne tout seul. J’ai lancé plein d’activité sur Ottignies, Mousty et Limelette. (10 jours gourmands, marché des producteurs locaux...) Certaines se poursuivent d’autres sont arrêtées. Si la Ville a un rôle d’impulsion, elle n’a pas vocation à porter indéfiniment et à bout de bras des choses que les commerçants ne veulent plus faire vivre par eux-mêmes. »

Au point 17 la Ville donne un subside de 17.000 € … à Ottignies pour des animations de Noël. Malicieusement, Monique Minsenga demande « pourquoi rien pour Louvain-la-Neuve ? »

 

Après quelques autres points, dont la création d’un comité de pilotage pour élaborer le processus participatif du SOL de LLN, l’échevin de l’enseignement présente le nombre d’élèves inscrits dans les écoles communales. « Autant l’an passé, je ne m’étais pas vanté parce qu’on augmentait de 20 élèves, autant cette année je ne fais pas de catastrophisme parce qu’on en diminue de 20. »

 

Il est 23h, on a traité les 50 points à l’ordre du jour (soit une moyenne de 3 minutes 18 secondes par point), il y a encore les 6 points ajoutés par la minorité. Comme on a terminé à 0h45, cela fait une moyenne de 17 minutes et 30 secondes par point ! Comment expliquer ceci ?

  1. Le défaut habituel des conseillers communaux : agresser puis dire que non on n’a pas agressé et chacun se met à commenter la communication de l’autre. Le conseiller B a estimé qu’un échevin ne travaillait pas assez et qu’il donnait beaucoup trop d’avantages aux riverains alors que la rue ne leur appartient pas et que du coup le bus ne passait plus dans la rue de la Chapelle, ce qui était terriblement néfaste pour d’autres. L’échevin a d’abord répondu « si vous me laissiez travailler plutôt que de m’agresser » puis a détaillé son travail par le menu. Réponse de la minorité : « mais non, le conseiller B ne vous a pas agressé, d’ailleurs, vous être payé pour faire ce travail... » Et rebelotte pour un tour. Heureusement, le Bourgmestre est intervenu sur le fond, rappelant qu’il fallait réussir deux choses : et que le bus passe, et que la rue plaise aux riverains qui l’habitent. « Pour réussir ces deux choses, il faut faire de la concertation. Et la concertation, cela prend du temps, il faut accepter que les choses ne se fassent pas du jour au lendemain. » 45 minutes !
  2. Les points ne passent pas en réunion préparatoire préalable. Bien qu’on tienne une réunion préparatoire au conseil communal où tous les points sont expliqués, on ne fait pas ceux de la minorité. On pourrait le faire, et des tas de points seraient résolus dès ce stade. Mais les journalistes n’en sauraient rien et la minorité apparaîtrait moins dans le journal.

Commentaires

  • Merci Hadelin pour ces informations.
    Je me pose souvent la question s'il ne faudrait pas un moment délier LLN et Ottignies avec ses communes ? Il mesemble que le tout commence à faire beaucoup d'habitants, et qu'il y a sans cesse une lutte entre LLN et O pour tirer la couverture à soi...
    Pour les discussions qui s'éternisent et prolongent les conseils, ne feriez-vous pas appel à un personne formėe à faire fonctionner des réunions et des groupes avec efficacité, notamment pour éviter les dialogues parasités par l'agressivité d'opposition à l'autre pour appuyer son propre avis.

  • Bonjour,
    Domiciliée depuis 3 ans et demi à LLN, j'aimerais beaucoup rencontrer Monsieur le Bourgmestre. En effet, ayant vécu à LLN de 1990 à 1995, je vis ce retour comme une punition. Moi qui adorait cette ville. Quelle déception.
    Merci de me répondre.
    Bien à vous,
    Brigitte

  • Bonjour Brigitte,
    Envoyez-moi un email à hadelindebeer@skynet.be pour que je tente de vous organiser cela.
    Bien à vous
    Hadelin de Beer

  • Bonjour Isabelle,
    Ta question sur la "défusion" est intéressante. LLN deviendrait une commune de 10.000 habitants et
    * voici ce qu'on perdrait : une zone de police unique, plusieurs services communaux et par là plusieurs experts, le personnel politique passerait à mi-temps (bourgmestre) ou moins (échevin.e.s) avec par personne plus de compétences (moins d'échevin.e.s), moins de possibilité d'investissement dans du matériel spécialisé, plus de dépendance envers les firmes.;
    * voici ce qu'on gagnerait : ne plus devoir négocier et tenir compte des autres. Mais est-ce bien un gain ? Si c'est cela le but, alors pourquoi ne pas défusionner le quartier de la Baraque de Lauzelle, car là aussi les différences sont grandes.
    Ne faut-il pas plutôt envisager cette question dans le cadre de l'efficacité, la solidarité et l'autonomie quand c'est efficace ?
    NB 1 : au sein de la majorité, il n'y a pas de lutte pour qu'une partie de la Ville tire la couverture à soi. C'est la minorité qui use de cette tactique pour essayer de créer du mécontentement au sein de la population.
    NB 2 : certains spécialistes disent qu'il faut regrouper Wavre, Ottignies, Rixensart et Court-St-Etienne car "c'est une ville qui s'ignore" et qui devrait avoir des mécanismes de gestion coordonnés pour gérer de manière cohérente les sujets sensibles de cette "entité".
    Hadelin

  • Bonjour Hadelin,
    Parmi toutes les possibilités du point 5, il y en a une qui aurait dû être écrite, et communiquée à votre sous-traitant, il me semble: le cahier des charges doit faire l'objet d'une étude approfondie par les acteurs concernés (majorité et opposition) avant d'être approuvé ou non en séance communale. Pour cela, la date limite de remise du dossier est : .... (à vous de compter correctement à rebours).Cela méritait peut-être des réunions préalables à la séance communale, ou tout au moins un temps de réflexion dans le calme, ce qui aurait pu la raccourcir. Tous les choix que tu indiques sont des mauvais choix. Vous vous liez avec des effets possibles de rétraction... Allez, Hadelin, c'est quoi ce business ? Quand il y a moyen d'éviter les ennuis, on le fait. Il y en a déjà assez qui arrivent sans que l'on ait le temps de les voir venir. Pour moi, c'est une mauvaise organisation du temps, qui a pour effet de prolonger les conseils Communaux. Dans ce cas, il ne vous en prendre...qu'à vous.

  • Rue de la Chapelle: "Heureusement, le Bourgmestre est intervenu sur le fond, rappelant qu’il fallait réussir deux choses : et que le bus passe, et que la rue plaise aux riverains qui l’habitent. « Pour réussir ces deux choses, il faut faire de la concertation. Et la concertation, cela prend du temps, il faut accepter que les choses ne se fassent pas du jour au lendemain. »

    Serait-il possible de considerer que les riverains de la rue de la Chapelle sont aussi les personnes qui habitent à proximité et qui sont obligées de passer par la rue de la Chapelle pour aller au Douaire, au centre-ville... Si la rue Montagne du Stimont était rouverte à la circulation, cela faciliterait les choses au niveau de la mobilité . Est-ce que quelqu'un a pensé à cela? Quand on dit que la rue Montagne du Stimont va devenir une rue cyclable, est-ce qu'on envisage qu'elle le devienne jusqu'en haut et que la barrière empêchant toute circulation (sauf des vélos...) puisse être enlevée? Cela partagerait le trafic entre rue de la Chapelle et rue Montagne du Stimont. Merci
    AS

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