#OLLN : propreté autour du lac : l'UCL doit agir !

La propreté autour du lac, après une belle journée et nuit, est affligeante. Ce fut encore le cas ce dimanche matin 2 avril.
J'ai adressé, ci-dessous une lettre ouverte à l'administrateur général car, en tant que propriétaire du terrain, il a le pouvoir et le devoir d'inviter tous les acteurs autour de la table afin d'établir un plan d'actions ou chacun doit jouer son rôle.

Ce lundi 3 avril 2017,

 

Lettre ouverte à administrateur-général Dominique Opfergelt,

 

Monsieur l’administrateur général,

 

Enormément de personnes profitent des abords du lac, propriété de l’UCL (annexe 1), soit pour y faire un tour en journée, et en fin d’après-midi et soirée pour y séjourner face à L’Aula Magna.

Ce dimanche matin, je suis passé aux abords du lac. Voir les photos ci-dessous.

Mon appareil photo n’est pas puissant, la porcherie que le spectacle occasionnait n’est pas bien rendue.

Plusieurs personnes m’ont contacté, choquées.

Une vidéo a été réalisée ce lundi matin : https://www.facebook.com/alasdair.reid1/posts/10155085573542278?notif_t=mention&notif_id=1491201188349927

Voici ce que j’ai pu observer dimanche matin :

  1. Les deux grandes poubelles enterrées étaient fermées. Quelques déchets gisaient face à l’ouverture bloquée ;
  2. Des déchets gisaient sur l’entièreté du périmètre.

lac, Louvain-la-Neuve

Cette problématique n’est pas neuve et a déjà été traitée : l’UCL a engagé des stadiers. Si mes informations sont bonnes, ce fut au moins de juin, ils devaient veiller au bruit, au calme et à la propreté.

Mais le problème s’étend à bien plus de période que juin. Le 31 octobre 2016, il a fait beau et les abords du lac furent cochonner comme ce fut le cas ce WE :

http://www.lalibre.be/regions/brabant/louvain-la-neuve-le-lac-transforme-en-depotoir-a-ciel-ouvert-5816619ecd70fb896a62cdc5. On peut y lire : « Les élus ne peuvent toutefois prendre une décision seuls. Pour discuter sur ce dossier, il faut inviter l’université autour de la table, car "c’est l’UCL qui est en charge de la bonne tenue et de la propreté du lieu. C’est à elle et à ses ouvriers qualifiés de nettoyer et de remettre en état cette partie du lac", conclut l’échevine »

J’en viens à mon analyse de la situation.

  1. C’est évident, cette situation n’est pas tolérable.
  2. Une hypothèse est que ce sont des étudiants qui sont majoritairement à l’origine de ces faits. A vérifier.
  3. Régler la totalité du problème par la sanction (amendes administratives, voir annexe 1) est « hors de prix » dans l’e sens où on ne peut faire travailler des fonctionnaires sanctionnateurs et les policiers toute la fin d’après-midi et la nuit, un par 20 m², pour tout contrôler et tout sanctionner. La sanction par l’exemple aura un impact réel mais fort probablement limité.
  4. La multiplication des poubelles n’est pas non plus une solution miracle, car on a observé des déchets laissés à terre à une distance moindre de deux mètres des poubelles.
  5. La sensibilisation de type « injonction », qu’elle soit pas affiche, ou autre, ne fonctionne pas.
  6. Par contre il existe des moyens de gestion du comportement qui donnent de bons résultats pour un coût nettement moindre qu’une sanction généralisée. Je pense à la théorie de l’engagement ou à « Nudges ».

 

Monsieur l’administrateur-général,

Vous ne pouvez plus ignorer le problème. Ce sont vos terrains.

Vous pouvez bien sûr payer quelques ramasseurs ouvriers toute l’après-midi et la soirée, tels des esclaves ramassant les déchets des maîtres. Dès le lendemain, les abords seraient propres. Ou comme maintenant vous attendez le lundi matin. Avec la même injure que les étudiants universitaires (ou pas) font subir aux « ouvriers ».

Mais vous pouvez aussi faire mieux.

Vous pouvez aussi prendre l’initiative d’organiser une table ronde avec tous les acteurs susceptibles d’apporter leur pierre à la solution : les responsables communaux, la police, les fonctionnaires sanctionnateurs, l’AGL et les mouvements étudiants, l’AH, les ouvriers de l’UCL, et tous les professeurs en psychologie sociale.

Il est temps de mettre un plan d’action en route. Voici ce que je vous propose :

  1. Savoir qui sont ceux qui ont ce comportement (deux personnes qui font une enquête dès les prochains beaux jours, résultat connu dans les 3 jours) ;
  2. Savoir ce qui est efficace pour faire changer les comportements de ce genre (une réunion de 3 heures avec les professeurs de psychologie sociale, à programmer sans délai) ;
  3. En fonction des points a et b ci-dessus, faire un plan d’actions et créer les moyens (affiche, flyers, stadiers étudiants…) (estimation de 2 personnes pendant 15 jours et un budget de 3.000 € si nécessaire) ;
  4. Mettre le plan d’action en œuvre. Associer la ville, la police et les agents sanctionnateurs comme complément durant quelques heures ;
  5. Evaluer après 15 jours de beau temps, et adapter le plan d’action.

 

Monsieur l’Administrateur-général,

Allez-vous mettre un plan d’actions en œuvre ? Allez-vous inviter les acteurs autour de la table ? Quand ?

Sachez que je suis prêt à y collaborer si vous me sollicitez.

Je vous remercie d’avance pour la réponse que vous me fournirez.

Je vous prie de croire en mes meilleures salutations.

 

Hadelin de Beer

Habitant et élu communal

Rue de la Baraque 124 c

1348 Louvain-la-Neuve

hadelindebeer@skynet.be


 

Annexe 1 : Qui est propriétaire, qui peut agir ?

L’UCL est propriétaire de la quasi-totalité des espaces publics de LLN, dont ceux du lac. La gestion de ces espaces incombe au propriétaire, l’UCL : tonte, ramassage des déchets et j’en passe.

Dans les espaces ouverts au public, certains règlements généraux, notamment de police, s’appliquent. Les forces de l’ordre peuvent intervenir en matière judiciaire (les fonctionnaires de police « peuvent toujours pénétrer dans les lieux accessibles au public […] afin de veiller au maintien de l’ordre public et au respect des lois et règlement de police » (Loi du 5/08/1992 sur la fonction de police, art. 26 al 1°) et « peuvent toujours pénétrer en ces mêmes lieux afin d’’exécuter des missions de police judiciaire » (art 26, al 2)[1].

On sait par ailleurs que certaines infractions sont dé-judiciarisées, et qu’elles font l’objet d’amendes administratives : l’infraction ne va plus au parquet mais est traitée par le fonctionnaire sanctionnateur de la Ville (voir le règlement général de police, chapitre VII[2]). L’abandon de déchets fait partie des incivilités visées par le règlement général de police. En province de Namur, les dépôts sauvages de déchets sont  les incivilités les plus traitées par le fonctionnaire sanctionnateur provincial (66% en 2013 : https://www.ucm.be/content/download/81937/1616075/file/Slides-D.Wattiez-F.Sanct..pdf )

Annexe 2 : extrait de « La libre » du 31 octobre 2016

"Malheureusement, c’est un problème récurrent. A chaque fois qu’il y a un événement ou une soirée dans la ville, on s’attend à ce que le lac se retrouve dans cet état-là".

C’est justement l’occasion de remettre sur la table des pistes pour lutter contre cette incivilité. "Mais ce n’est pas facile d’en trouver une, enchaîne-t-elle. En fait, si vous voulez punir quelqu’un pour ce genre de faits-là, il faut prendre la personne en flagrant délit, au moment même où la personne jette sa canette ou ses papiers à terre par exemple. Une fois que le déchet est sur le sol, vous ne pouvez plus poursuivre la personne à qui l’on pourrait infliger une amende".

La piste envisagée est la répression avec l’aide des équipes de police. "L’idée, c’est de faire des opérations coups-de-poing avec les policiers, comme cela se fait pour le tapage nocturne où, le temps d’une soirée ou d’une nuit, des équipes de police ne s’occupent que de cela. Pourquoi ne pas envisager ce genre d’opération pour la propreté du lac ?"

Une deuxième piste est la sensibilisation. La réflexion des autorités communales porte sur une campagne envers les usagers du lac sur les comportements à adopter, comme il existe des campagnes pour l’alcool au volant. "Différentes réunions vont avoir lieu à ce sujet, ce n’est pas une thématique qui m’indiffère, loin de là", poursuit Julie Chantry.

Les élus ne peuvent toutefois prendre une décision seuls. Pour discuter sur ce dossier, il faut inviter l’université autour de la table, car "c’est l’UCL qui est en charge de la bonne tenue et de la propreté du lieu. C’est à elle et à ses ouvriers qualifiés de nettoyer et de remettre en état cette partie du lac", conclut l’échevine.

 

[1] Consulté sur http://www.uvcw.be/no_index/police/197931.pdf

[2] http://www.policelocale.be/sites/5275/images/stories/perso/rgp.pdf

Les commentaires sont fermés.