#OLLN : Extension de l'Esplanade : faut-il dire toute la vérité ?

L'extension de l'Esplanade peut encore être arrêtée (et surtout modifiée). Certains pensent et écrivent que les élus pourraient décider d'arrêter l'extension de l'Esplanade par le seul argument de la volonté politique, notamment si les citoyens y sont majoritairement opposés. Je prétends que c'est faux, et qu'ils omettent de divulguer une bonne partie de l'information nécessaire pour comprendre le processus démocratique. J'appelle ceux qui communiquent à donner TOUTE l'information. Faute de quoi ils risquent de contribuer à saper les fondements de la démocratie et la confiance que les citoyens peuvent en avoir. Ci-dessous mes arguments... Mais aussi ma conviction qu'il faut se battre !

En 1997, il n’était pas possible de créer l’Esplanade au centre de LLN. Le schéma de structure a été changé pour permettre à l’Esplanade de s’y installer. Ce projet fut voté en Conseil communal, 29 contre 2 (dont moi). L’Esplanade fut construite sur une partie de la zone autorisée. Aujourd’hui, il y a une demande de construire le reste de la partie autorisée soit l’extension.

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Je vous livre ci-dessous un texte très résumé de mon argumentation. Le texte complet (7 pages) est disponible ici : Toute_la_verite_consultation.pdf

Quel est le pouvoir de refuser cette extension ?

  • Position 1 : s’il y a une volonté politique, il est encore possible de refuser cette extension.
  • Position 2 : Il n’est plus possible de refuser cette extension pour des motifs politiques ou socio-économiques. (pour d'autres motifs oui).

Le 26 mai, j’ai signalé à à ceux qui communiquent que la position 1 était juridiquement fausse. Je n’ai eu aucun avis contraire. Or je constate que certains poursuivent dans la position 1. C'est préoccupant !

Un risque de dégout de la démocratie

Si les citoyens votent massivement « non », pour des raisons de mal-consommation, et que on peut lire sur Internet et dans les communiqués de presse « c’est encore possible de refuser le permis », alors les citoyens s’attendent à ce que les décideurs disent « non, on refuse le permis ». Si cela ne se passe pas, les citoyens diront : « Les décideurs (les politiques) sont pourris, vendus etc., ils ne respectent pas la démocratie. ». La plateforme va créer un dégout du politique et surtout de la démocratie. Et un dégout de la démocratie, cela mène souvent à la dictature…

Quand on veut, on peut, lit-on dans les communiqués de presse.

Non, les élus et décideurs ne sont pas tout puissants. Oui, les élus et décideurs ont des contraintes auxquelles ils doivent se plier, et s’ils ne le font pas, cela peut être aussi dramatique et scandaleux qu’aller à contre-sens sur une autoroute.

Il faut désobéir, comme Gandhi

L’idée est la suivante : il y a des règles injustes contre lesquelles la conscience oblige à désobéir, tel que l’a fait Gandhi.

  • Kant a dit, dans son principe catégorique : « Agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse en même temps valoir comme principe d’une législation universelle. » Autrement dit, ton action individuelle doit pouvoir devenir une règle collective. Ceci vaut pour tous les niveaux de décision. Donc si la conscience d’une majorité dit qu’il ne faut pas respecter les règles, toutes les institutions peuvent ne pas respecter les règles. Prenons un cas particulier : si la conscience et la majorité d’une population d’une commune dit qu’il ne faut pas respecter les règle anti-racistes, alors la commune et le conseil d’Etat ont la légitimité de ne pas respecter les règles. Pourquoi encore un Conseil d’Etat ? Et pourquoi encore une justice indépendante, il suffirait de dire que la justice c’est le pouvoir. Allons jusqu’au bout : pourquoi se fatiguer à faire des règles, puisqu’il suffit d’une conscience et d’une majorité pour décider l’idée du moment ?
  • Qu’est-ce que l’Etat de droit ? Reprenons quelques notions trouvées sur un site web : Un Etat de droit ("Rule of Law" en anglais) est un système institutionnel dans lequel la puissance publique est soumise au droit. Il est fondé sur le principe essentiel du respect ses normes juridiques (ou "primauté du droit"), chacun étant soumis au même droit, que ce soit l'individu ou bien la puissance publique. Entre autres caractéristiques, il y a celle-ci : la soumission de l'Etat, considéré comme une personne morale, au respect des règles de droit. Un Etat de droit n’est pas suffisant pour assurer une démocratie, mais est nécessaire et indispensable car il s'oppose au despotisme ou au régime de police où règne un arbitraire sans possibilité de recours. http://www.toupie.org/Dictionnaire/Etat_droit.htm Alors quoi, vous m’incitez à renier mon serment de conseiller communal : « je jure fidélité au Roi (Roi = gouvernement élu), obéissance à la constitution et aux lois du peuple belge » pour passer dans un Etat de non-droit ? Sûr ?
  • Et Gandhi alors ? Un anti-démocrate ? Pas du tout. Gandhi n’a pas principalement  fait désobéir une institution. Gandhi désobéissait en tant que personne et portait sur lui les conséquences de sa désobéissance. Le but était de mettre l’institution en instabilité et que l’institution modifie ses règles.
    D’ailleurs, Gandhi avait un autre principe : la fin ne justifie pas les moyens. Refuser l’extension de l’Esplanade ne justifie pas de démolir l’Etat de droit, un des fondements de la démocratie et des droits de l’Homme.

Tout est foutu alors ?

Ceux qui veulent rester légalistes et qui veulent contrer l’extension de l’Esplanade doivent-ils baisser les bras ? Pas du tout !

Il faut mobiliser un maximum de personnes pour ne pas aller acheter n’importe quoi dans les centres commerciaux. Il faut explorer toutes les législations qui permettent légalement de refuser l’extension telle que proposée. Il faut participer à l’étude d’incidence qui a la capacité (ou pas) de donner les arguments permettant de refuser le projet ou de le modifier.

Le problème est-il simple ou complexe ?

Le problème est complexe.  Par exemple poser la question sur le principe de l'extension de Esplanade pose une série de difficultés telles que le conditionnement d'un droit ou la restriction individuelle d'un droit. Changer le schéma de structure occasionnerait des problèmes pas piqués des vers, il est difficile de dire que le projet d'extension est tout bon ou tout mauvais... (voir mon texte complet).

NB : dans le texte complet, Pierre Govaerts conteste la force du schéma de structure, ce qui permettrai de faire sauter cette contrainte et permettrait du coup de refuser l'extension. Je lui réponds, pas 100% convaincu. Demandant la transparence de l'info, je me devais de faire écho à ce point de vue.

Informer partiellement pour gagner ?

Annoncer que tout ne peut pas être fait, que les marges de manœuvre sont plus étroites que souhaité, que les élus et les décideurs ne pourront pas utiliser tous les arguments socio-économiques pour autoriser ou non, l’extension, c’est nettement moins enthousiasmant que de dire « quand on veut, on peut ». Comme le disait une internaute : « Présenter les choses comme déjà "pliées", c'est la mort du politique. » ou alors « présenter des choses comme faisables alors que ce ne l’est pas, ça c’est la mort du politique. » ?

Je conclurai ainsi : si la société civile commence à faire de la rétention d’information et si elle commence à faire croire à des fables, alors qui les citoyens pourront-ils encore croire ? Je demande à tous ceux qui s'expriment offociellement, dans toute leur communication, que la position 1 n’est pas possible si on reste dans un Etat de droit.

Préférer dire la vérité qu'être réélu sur un mensonge

Le café citoyen organisait un débat sur le tirage au sort des conseillers communaux, pour que l’action de ceux-ci ne dépende pas du plaisir qu’ils voudront faire aux électeurs pour se faire réélire.  Je ne suis pas tiré au sort, mais j’en reprends la philosophie : certains aimeraient que je leur dire « tout est possible ». Je préfère dire la vérité : poser une question sur le principe n’est pas possible ; refuser l’extension pour mal-consommation n’est pas possible ; rester légaliste est préférable ; changer le schéma de structure est loin d’être simple et pas sans effet pervers.

L’autre vérité est qu’il faut se battre contre des directives européennes, contre le « tout à l’économie », qu’il faut utiliser à fond d’autres instruments comme l’étude d’incidences.

Je préfère ne plus être élu que de dire des demi-vérités.

NB : Lors de la consultation de la population, choisir massivement d'exprimer qu'on ne veut pas du projet pour cause de mal-consommation a de nombreux avantages, notamment d'être un signal clair à tous les décideurs (Ville, UCL, promoteur) sur ce que le citoyens veulent, et même si ce n'est pas le motif du nombre ni l'argument qui peuvent emporter le décision, ils peuvent peser sur la manière d'appréhender ce dossier et les suivants. Effet direct non, effet indirect oui.

Qu'en est-il des preuves qu'il est interdit aux élus et décideurs d'utiliser des arguments socio-économiques ?

Vous lirez les détails dans mon texte complet. Je vous cite d'abord à l'exposé des motifs et à l'article 14 §5 de la directive "Services" :

(http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=URISERV%3Al33237 ) l’Europe [vise à lever tout obstacle au commerce … Le champ d’application de la présente directive couvre un large panel de services, notamment: — le commerce de détail ] interdit [article 14, exigences interdites : 5° : l'application au cas par cas d'un test économique consistant à subordonner l'octroi de l'autorisation à la preuve de l'existence d'un besoin économique ou d'une demande du marché, à évaluer les effets économiques potentiels ou actuels de l'activité ou à évaluer l'adéquation de l'activité avec les objectifs de programmation économique fixés par l'autorité compétente; cette interdiction ne concerne pas les exigences en matière de programmation qui ne poursuivent pas des objectifs de nature économique mais relèvent de raisons impérieuses d'intérêt général;] de subordonner l’octroi d’une autorisation à un motif économique (notamment la surconsommation : je fais référence à cette phrase du communiqué de presse : « à la production et au développement du commerce de proximité, aux circuits courts, à l'économie équitable et respectueuse de l'environnement. » ou à cette phrase d’une newsletter envoyée le 22/12/2015 part la plateforme anti-extension : «  NON, nous ne voulons pas d'extension d'Esplanade et de commerces de chaînes multinationales ! Nous ne voulons pas voir notre ville transformée en shopping géant, en temple du consumérisme extrême ! ») !

Je vous renvoie ensuite au vade-mecum de la Région wallonne :

: La Directive «Services » prohibe expressément « l’application au cas par cas d’un test économique » qui consiste à :

  • subordonner l’octroi de l’autorisation à la preuve de l’existence d’un besoin économique ou d’une demande du marché ;
  • évaluer les effets économiques potentiels ou actuels de l’activité ;
  • évaluer l’adéquation de l’activité avec les objectifs de programmation économique fixés par l’autorité compétente.

Le décret sur les implantations commerciales permet d‘accorder ou refuser un permis selon les critères suivants :

  • protection du consommateur ;
  • protection de l’environnement urbain ;
  • politique sociale ;
  • contribution à une mobilité plus durable.

Détail du contenu des critères : vadémécum pages 83 à 87. http://economie.wallonie.be/Dvlp_Economique/Implantations_commerciales/Doc/VADE%20MECUM%20V1.0%20-%2012.05.2015.pdf  On peut voir qu’ils ne sont pas facilement mobilisables contre l’extension de l’Esplanade

Commentaires

  • Texte remarquable qui fait fi de toute démagogie.

  • Merci pour cette facette du problème sur laquelle je ne m’étais jamais attardé, mais qui est tout à fait pertinente.
    Je crains toutefois que ces considérations – qui devaient être dites ! – ne feront qu’enrager davantage encore certains « opposants ».
    Si on veut un débat serein, il ne faut pas rester braqué sur ces m2 de commerces en plus ou en moins dans une galerie qu’on fréquente tous, régulièrement ou peu. Il faut s’interroger sur les manières de poursuivre la construction de la ville, tout en garantissant une qualité de vie qui réponde à des attentes variées.
    C’est cette animation-la que j’attends de l’AH.

  • Un peu de lecture pour toi : http://www.avocat-melchior.be/?p=758. Tu trouveras d'autres pages semblables sur le net, elles disent toutes la même chose (à ce propos, j'ai trouvé assez présomptueuse ta réaction à la réponse de Pierre Govaerts ^^).
    Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir nous opposer à ce projet, sans violence et sans mensonge mais par tous les autres moyens. Même si on n'arrive pas à l'empêcher (encore qu'il soit assez difficile d'imaginer une inauguration dans un climat majoritairement hostile...), c'est aussi une belle occasion de faire réfléchir aux modes de consommation et aux dérives du néolibéralisme. Dommage que tu ne veuilles pas le comprendre.

  • Si un grand nombre d'habitants veulent continuer "de faire réfléchir aux modes de consommation et aux dérives du néolibéralisme" les habitants sont loin d'avoir le même avis sur le processus d'extension de l'Esplanade. Il ne faut pas confondre les militants de la "Plateforme citoyenne" et les membres de l'AH.

  • Des écolos plus légalistes que leur ombre...
    Capables au nom du "droit" de légitimer l'esclavage à quelques milliers de kms de leur chaumière. Capables néanmoins de se déclarer "zone hors TTIP" en son temps : acte de désobéissance ou pur bluff ?
    Lors de la délivrance du permis socio-économique, vous pouviez, en toute légalité, consulter la CCATM et la population... Et sur base de leur avis, légitimer un refus de cet agrandissement. Mais bon, vous avez choisi de ne pas le faire. La participation citoyenne, bien que valeur centrale des écolos, n'est plus à l'ordre du jour, sauf quand le MR vous y oblige.
    Ceci dit au passage, je pense bien que le schéma de structure n'a qu'une valeur indicative. Vous pourriez y déroger en vous justifiant (il y a de quoi...), tout en restant dans la plus parfaite des légalités.
    Patrick, je suis aussi bien déçue par ton commentaire, qui poursuit dans cette lignée du "ni pour, ni contre, bien au contraire"...
    Ce qui compte n'est point l'objectif messieurs les élus, c'est bien le chemin. Qu'attendez-vous pour l'incarner ?
    Que reste-t-il de votre moelle ?

  • Le Colibri? Oiseau sud américain, assez petit je crois
    Pas très courageux en tout cas

  • Construire un shopping-center de 20 000 m2 en plein centre urbain, ne relève pas uniquement de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme, c'est aussi un acte politique.

    Dans le cas de la double extension du centre commercial de l'Esplanade, la question primordiale qu'il convient de se poser est la suivante : "Ces deux extensions commerciales sont-elles indispensables et nécessaires pour la ville et les citoyens de Louvain-la-Neuve et sa région ?"

    La Commune et l’UCL veulent toujours mieux, toujours plus pour leur ville.
    Au fil du temps, la cité de Louvain-la-Neuve me fait penser à une ville d' "enfant-adulte gâté" . Plus, on leur en donne plus, ils en veulent. Jamais content.
    "Toujours plus, quitte à escamoter la réalité." écrit Jacques Attali dans "La dictature de la consommation."

    La double extension du shopping-center de l'Esplanade ou l'utopie concrète de la course à la croissance : “Plus, c'est mieux”.
    Un développement commercial sans limite , à l'antipode du film-documentaire de Karin de Miguel Wessendorf “Moins, c'est mieux - Limiter la croissance pour une vie meilleure” et du film “Demain” réalisé récemment par Cyril Dion.
    “Une sorte de schizophrénie” dit Isabelle CASSIERS, chercheur qualifié du FNRS et professeur économiste UCL. Le film « Demain » nous montre “qu'un autre mode de vie est possible”, mais en même temps on nous dit : “Consommez, continuez, soyez performant …” . Le film nous dit que “l'on a les solutions entre nos mains” mais “les initiatives citoyennes ne sont pas aidées, encouragées d’en haut.” “Il risque d’avoir un découragement des citoyens , s’il n’y a pas de soutien des politiques.” , Olivier DE SCHUTTER.

    “C'est l'espérance qui est le moteur d'une société.
    Notre génération a, par exemple, le devoir de dire honnêtement que la génération suivante pourra avoir une vie meilleure en consommant moins. […] Cela demande des actions courageuses. […] Les défis inédits qui s’accumulent nous imposent de penser hors cadre” explique Philippe Van Parijs.

    “On ne remplit pas une vie humaine, ni un coeur d'homme, uniquement avec des biens de consommation.” Abdennour Bidard.

    Encore Isabelle Cassiers et Olivier De Schutter lors du 21ème Congrès des économistes belges : “Les gouvernements et une majorité des acteurs sociaux continuent de se comporter comme s'ils étaient programmés pour la poursuite continue de la croissance.“

    “Vous ne pensez quand même pas que ce sont les gens qui sont au pouvoir, qui ont tous les bénéfices du système actuel qui vont le changer. C’est parfaitement normal que les détenteurs du pouvoir ne changent rien. Les responsables politiques actuels ne sont pas encore capables de mettre en oeuvre les changements de façon institutionnelle.” explique Cyril Dion, le réalisateur du film Demain

    Je ne suis pas persuadé que les habitants des quartiers environnants veulent de la double extension du shopping-center de l'Esplanade. Mais bien de plus de logements moyens à des prix abordables, de crèches et d'espaces verts. Ce sont de meilleures manières d’aménager cette partie de Louvain-la-Neuve. Le projet d'extension du shopping-center de l'Esplanade va à contresens d'une politique de développement ... soutenable.

    Les autorités universitaires et politiques s’adaptent avec myopie aux règles du jeu des promoteurs immobiliers et de la croissance. Sur le terrain à Louvain-la-Neuve, elles réalisent l'opposé de ce qu’elles prônent (voir #utopieslouvain) . Elles ne s'écartent pas des chemins convenus. Les autorités ne veulent pas entendre les acteurs de changement (démocratie citoyenne active).

    On ne donne pas les bons outils pour l'avenir de Louvain-la-Neuve.
    Comment corriger cette incohérence ?

    http://choses-dingen.tumblr.com/

  • Cher Adelin,
    Si la position 1: "s’il y a une volonté politique, il est encore possible de refuser cette extension" est juridiquement fausse, alors pourquoi pas creuser la piste de Pierre Govaerts qui conteste la force du schéma de structure, ce qui permettrait de refuser l'extension. Si tu nous réponds ne pas être 100% convaincu par sa réponse, c'est qu'il reste ne fus qu'1% de contestation possible! Et c'est celle là que nous voulons creuser!
    Quelle est notre vision de la ville de demain?
    Il faudra tenir compte de l'avis des habitants et pour cela il est important d'avoir leur avis!
    Si le MR a emboité le pas de l'AH et de la plateforme citoyenne, c'est une démarche populiste si je te lis bien entre les lignes. Si ECOLO croyait que cette démarche 1 de refuser l'extension est juridiquement fausse alors pourquoi avoir accepté la consultation populaire?
    Bien à toi
    Olivier

  • Cher Olivier,
    Tu poses une excellente question. Ecolo-OLLN a au début été favorable à une consultation populaire. Puis le Bourgmestre a été voir le fonctionnaire délégué qui lui a dit "je ne refuse pas un permis car il y a plus de oui que de non, et inversément. Je me base sur des motivations." La consultation populaire par simple "oui-non" devenait d'un coup inutile comme outil "décisionnel" et "efficace". C'est pourquoi il fallait réfléchir à une alternative, c'est cette alternative qui a été proposée au conseil communal du 17 janvier : une consultation qui collecte des motivations. Le MR l'a bien compris, d'où le vote à l'unanimité.
    On en arrive à l'importante de la question posée et de l'information qui sera faite. Le 22 novembre, le Bourgmestre a bien expliqué en Conseil que la directive "Services", article 14, 5° interdisait les motifs socio-économiques pour refuser une extension. Il a aussi expliqué qu'on ne pouvait pas interdire "par principe". Quand le MR est venu avec cette question de principe, il y a eu une oposition de sa/notre part. Pour ne pas prendre deux heures de plus en conseil communal, on a fait l'impasse sur les questions potentielles à poser lors de la consultation. Pourtant nous étions prêts.
    Voici les éléments du débat (en très bref) :
    * sauf à fouler la démocratie au pied, on ne peut se permettre de poser la question sur le principe de l'extension (j'ai développé l'argument dans mon texte);
    * il est tout à fait sain de poser la question "voulez-vous du projet tel que connu actuellement ?" avec réponse oui/non;
    * et ensuite on pourrait avoir "parce que..." et une liste de possibilités telles que mal-consommation/trop-grand/arrêt de bus trop petits/... plus d'enseignes/plus grand/plus beau...
    * en explliquant bien dans la brochure que "mal-consommation" ne pourra pas être utilisé dans l'argumentation, mais qu'il est légitime de pouvoir l'exprimer si les citoyens veulent s'exprimer à ce sujet.
    J'espère avoir été clair : si la consultation populaire ne peut pas tout faire, elle peut faire beaucoup de choses, notamment de donner un mandat plus clair aux négociateurs pour faire évoluer le projet dans un certain sens, dans la limite des possibilités légales.

  • Pour ma part je refuse l'extension de l'Esplanade pour la motivation suivante : j'estime que cet espace très bien situé (hyper central) doit être conservé pour répondre à des besoins futurs.
    (Ce sera mon dernier post.)

  • Hadelin,

    il ne s'agit pas ici de remettre en question l'État de droit mais de chercher toutes les solutions pour faire pencher l'évolution de la société dans l'esprit d'un projet politique qui lui serve vraiment (et en l'ocurrence de ton parti). Ne t'inquiète pas que les promoteurs immobiliers sont capables de chercher toutes les solutions, failles du systèmes, arguments juridiques en leur faveur, changements de loi, copinages, etc. pour arriver à leurs fins. Pourquoi pas un parti politique?

    Par ailleurs, donner toute l'information, ce n'est pas se cantonner à dire pourquoi on se sent impuissant... C'est aussi dire ce qu'on pourrait creuser pour aller vers ce qu'on veut.

  • Si je reconnais la pertinence des arguments avancés d'un point de vue juridique, tu reconnais toi-même Hadelin que ce cadre légal vient de directives européennes très orientées, en vue d'une libéralisation toujours accrue du commerce et des services. Respecter ce cadre serait donc le summum de la démocratie? Je reste pantois d'une telle conception de la démocratie...

    Par ailleurs, je te trouve extrêmement dur envers la plateforme citoyenne. Est-ce intolérable de demander à être consulté sur des questions aussi importantes pour le développement de la Ville? Les citoyens sont-ils juste bons à participer à des ateliers de réflexion et à se tenir éloignés des vraies décisions qui orientent le futur de leur ville? Après, qu'il y ait des nuances manquantes sur la capacité ou non d'influer sur la décision, certes, mais de là à parler de manipulation de l'information, c'est outrancier. Comme d'ailleurs certains termes ou exemples utilisés, c'est regrettable...

    Ma peur de la dictature est l'exact opposé de la tienne: que ces lois qui nous sont imposées soient respectées religieusement alors qu'elles vont à l'encontre du bien commun. Heureusement que les citoyens se mobilisent et provoquent un vrai débat, qui sans leur action ne serait pas sur la voie publique comme c'est le cas aujourd'hui. La démocratie n'est pas, elle se construit. Car oui les citoyens devraient avoir le droit de se prononcer sur un principe d'extension "dans la même logique que le centre actuel".

    Augusto Boal avait tellement raison de dire qu'il faut rappeler aux politiciens que l'art de la politique ce n'est pas de faire ce qu'il est possible de faire,.. mais de rendre possible ce qu'il est nécessaire de faire...

  • Bonjour Sébastien,
    La conversation écrite n'est pas un moyen idéal pour dialoguer.
    Première constatation : on s'oppose alors qu'on a le même objectif. C'est regrettable.
    Deuxième constatation : on est d'accord qu'i faut un changement, mais on n'est pas d'accord sur l'endroit où il doit être fait. Moi je prétends qu'il faut changer les directives, puis les décrets. Je prétends qu'il est éthiquement (pas juridiquement) nécessaire de respecter le processus démocratique. Si un pouvoir qui a les compétences dit "il faut faire comme ceci" et que c'est juridiquement imparable, alors ceux qui en dépendent doivent s'y plier. Quand la Région dira "pas plus de deux mandats pour les conseillers communaux", les conseillers communaux devront s'y plier. Etre légaliste est une valeur démocratique.
    Toutes les réglementations qui vont à l'encontre du bien commun devraient être combattues. Les réglementations.
    Troisièmement, tu me fais un (très) mauvais procès concernant la participation. Je suis d'accord que les gens participent, et le plus possible. Je trouve que c'est un mensonge de dire "quand la participation a lieu, alors tout est possible". Le pouvoir de chacun, même d'une majorité, est limité, et c'est très bien ainsi. En effet, à ta réflexion : les allemands ont participé magnifiquement et tous ensemble au nazisme, il n'y avait pas de limite au pouvoir de la majorité. Oui, une participation qui ne respecte pas l'Etat de droit peut être une dictature.
    Si tu es un être profondément bon et altruiste, cela ne devrait pas t'empêcher de réfléchir aux conséquences de certaines positions de principe. Personnellement, j'aime bien que la dictature de la majorité soit encadrée par les droits de l'Homme et l'Etat de droit.
    Quatrièmement : tu n'as pas réfléchi à toutes les conséquences de la question du principe. Ou en tout cas je ne le constate pas : tu n'imagines pas ce que c'est qu'une majorité qui retire un droit à une personne. Et tu n'imagines pas ce que les puissants pourraient en faire.
    Le politique n'est pas là pour permettre aux puissants de légitimement prendre tout le pouvoir. En suivant ton raisonnement de sape de l'Etat de droit; je crains que le politique ne rende cela possible...
    On en discute ? Tu proposes des dates ?

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