• #OLLN, Conseil communal du 22 novembre 2016 : qu’en retenir ?

    Le conseil a commencé par l’interpellation de Myriam Ghilain au Collège (eh oui, le décret qui prévoit le dialogue entre le citoyen et les élus communaux pendant les réunions du conseil… interdit à tous les conseillers de parler ; seul le Collège (le gouvernement) peut répondre). Myriam Ghilain a dit que, face aux conséquences du changement climatique et du pic de pétrole, notre société risquait l’effondrement et a demandé ce que la ville faisait et pouvait faire. Le bourgmestre a rappelé que depuis 2002, la Ville tentait des actions de développement durable (charte du développement durable, plan de développement durable, maison du développement durable et plus récemment PST) ou appuyait des citoyens qui s’y engageaient (OLLN 2050). Après 8 minutes, il a passé la parole pour que tous les échevins disent concrètement ce qu’ils faisaient… mais deux échevins ont épuisé le temps restant (le règlement intérieur du conseil prévoit 10 minutes de réponses pour le Collège). Frustration chez les autres échevins qui avaient préparé leur réponse… En faisant respecter le règlement, je ne me suis pas fait que des amis ! Myriam Ghilain avait droit à deux minutes de réplique, elle a reconnu des avancées mais a incité à faire plus, notamment en refusant l’extension de l’Esplanade (ce sujet a été abordé en fin de conseil).

    Evaluation du PST : sécurité et politique du commerce

    Le conseil a ensuite pris une heure pour évaluer le PST pour les secteurs de la sécurité et des affaires économiques. Le bourgmestre a reconnu que le PST n’avait pas amené de valeur ajoutée dans la gestion de la police et de la sécurité car doit faire un plan triennal. Julien Tigel-Pourtois a avancé l’idée que le PST ne devrait pas reprendre des plans et mesures régulières mais ne se concentrer que sur des projets uniques, ce qui pourrait arriver. Chaque fois qu’on parle sécurité, la minorité revient avec la question du déploiement de caméras de surveillance : le bourgmestre a répondu qu’il n’y était pas opposé pour résoudre des problèmes précis, identifiés et limités dans le temps et que la police ne lui avait fait aucune demande en ce sens. L’échevin du commerce a fait état des actions de promotion du commerce sur la Ville. La minorité l’a interpellé sur le déséquilibre de dynamisme entre LLN et Ottignies. L’échevin a répondu que la Ville avait pour ambition d’être initiateur, mais pas opérateur unique et à long terme de dynamisme commercial. Plusieurs personnes ont insisté pour faire des actions différentes sur Ottignies par rapport à LLN, étant donné la différence de publics et de commerces. L’échevin a redit que c’est ce qu’il faisait, ais a réitéré sa difficulté à trouver des porteurs de projet « et ce n’est pas faute d’avoir essayé ! »

    Les points 2 à 13 étant totalement techniques et expliqués en commission, ils ont été votés en quelques minutes.

    Intercommunales

    A ma demande, des conseillers actifs dans des intercommunales dont OLLN fait partie ont expliqué les points les plus importants des plans stratégiques de 3 ans qui vont être adoptés courant du mois de décembre.

    • ORES : l’enjeu est d’avoir un réseau de distribution d’électricité « intelligent » (qui tient compte des énergies renouvelables) et une société tournée vers le client. En 2017 ORES sera 100 % publique et changera assez bien de structure (avec peu d’impact sur le client).
    • SEDIFIN : c’est une intercommunale de financement : elle détient les parts d’ORES. En 2016, SEDIFIN a dû trouver 61 millions pour racheter les parts d’Electrabel en ORES. En 2017 elle touchera 8 millions de dividendes d’ORES mais devra en garder 3 pour financer les investissements en ORES. SEDIFIN va aussi aider les communes à faire des économies en faisant des marchés groupés.
    • IECBW : l’intercommunale de distribution d’eau a 7 enjeux : protéger les ressources en eau (protéger les captages) / Réduire les coûts (en 12 ans la consommation d’énergie a diminué de 33 % par m³ distribué) / utiliser les nouvelles technologies de la communication pour communiquer avec l’abonné (nouveau site Internet, FB, SMS…) / maintenir le prix de distribution quasiment inchangé...
    • Académie de musique : elle est très dynamique, l’équipe est motivée, o veut maintenir le programme (le développer est difficile car le subside est à enveloppe fermée, si une académie reçoit plus de subside, c’est une autre qui en reçoit moins).
    • IBW : En matière de déchets, il faut renouveler les parcs à conteneurs et se poser la question de l’avenir du four d’incinération / en matière d’eau, on arrive au bout de la pause des égouts, il reste quelques stations d’épuration à construire dont le lagunage à Roffesart / il faut réfléchir au développement économique.
    • ISBW : la plupart des services de l’intercommunale sociale tournent autour de la petite enfance et également autour de services d’aide à la personne. Cette intercommunale est toujours en déficit (comblé par la province) et des plans de redressements se succèdent, sans beaucoup de résultat. Une de ses difficultés est d’être inégalement répartie sur le territoire. Notre ville bénéficie des services de cette intercommunale pour l’accueil extrascolaire dans les écoles communales.
    • IMIO : l’intercommunale développe des solutions informatiques valables pour toutes les communes. Elle a été créée il y a peu : un de ses enjeux est de développer des nouveaux produits spécifiques sans faire appel à des produits (coûteux) disponibles sur le marché.

    Deux taxes modifiées

    On a survolé les points 21 à 26 pour arriver à voter deux taxes :

    • la taxe de séjour, qui passe de 150 à 160 EUR par an (aucune augmentation n’ayant plus été décidée depuis … l’augmentation correspond environ à l’inflation). Quelques étudiants de l’AGL étaient présents pour manifester silencieusement, avec un slogan « no taxation without représentation #democraty). Je me suis élevé contre ce slogan : la participation à la vie politique doit être indépendante de l’argent que l’on verse ou pas, si non les pauvres auraient moins le droit de participer et on en reviendrait au vote censitaire. La taxation correspond ici au coût occasionné. L’échevin l’a rappelé : un étudiant coûte environ 250 € à la Ville, il est quand-même normal qu’il contribue partiellement aux recettes, et que sa vie sur le site ne soit pas uniquement payée par les domiciliés d’OLLN.

      AGL


      L’AGL n’a pas semblé comprendre ;
    • la taxe sur les grandes implantations commerciales. C’est une nouvelle taxe : les grandes implantations commerciales payeront annuellement 4,5€/m² au-delà de 400 m² et pour les seuls m² commerciaux. La minorité a fait une suggestion : lever cette taxe si les autres communes avoisinantes la lèvent aussi, afin d’éviter la délocalisation fiscale. l’échevin da Camara Gomes a répondu que Waterloo levait une telle taxe depuis des années et qu’il n’avait en rien perdu de son dynamisme commercial, que cette taxe n’allait pas toucher les commerçants et producteurs locaux, mais qu’il inciterait certaines communes avoisinantes à lever cette taxe (Wavre ayant déjà rejeté l’idée).

    Jacques Otlet avait encore bien fait son boulot de conseiller et a repéré une incongruité dans un budget de fabrique d’église, celui-ci a fini par être refusé.

    Consultation populaire et extension de l'Esplanade

    On a terminé le conseil par une interpellation de la minorité : dans quelle mesure une consultation populaire sur l’extension de l’Esplanade est justifiée si on tient compte du fait que le permis socio-économique a été délivré (ce qui donne un certain droit au promoteur de développé son projet) et que ce n’est pas le Collège communal qui délivrera le permis ? Pourquoi ne pas avoir fait une consultation populaire sur le permis socio-économique ? Enfin, ne faut-il pas voir, de la part des partis PS et ECOLO une volonté de se racheter en demandant une consultation populaire au regard du mécontentement de la population, mais dont on ne fera rien ?

    La réponse du bourgmestre fut passionnante.

    • Il y a deux raisons pour lesquelles on n’a pas fait une consultation populaire sur le permis socio-économique. La première est une question de période : le Collège a reçu la demande le 14 juin et devait obligatoirement rendre son avis le 24 septembre ; très difficile de tenir une consultation populaire pendant les vacances. La seconde est une question de pertinence : à cause de la directive « services » de l’Europe, qui a tout libéralisé à outrance, il était INTREDIT au Collège de donner un avis global. Le Collège ne pouvait s’exprimer que sur localisation spatiale de l’implantation (qui pourrait perturber les différences économiques entre village et la compatibilité avec l’urbanisme (ce qui était le cas avec le schéma de structure)), la protection de l’environnement urbain, la protection du consommateur au sens strict de sa santé, la législation sociale et du travail; le Collège ne POUVAIT PAS invoquer la concurrence exacerbée et néfaste entre commerces pour refuser ou modifier le permis ; autrement dit il n’existait aucun élément pour modifier ou refuser le permis. Dès lors, pourquoi organiser une consultation dont le seul résultat devait arriver à « oui ». Dire « non », c’était être certain d’avoir un recours et d’être dessaisi du dossier.
    • Le Collège a dès lors privilégié la posture de négociation sur les aspects urbanistiques concrets du projet. Dans les premiers temps, il ne devait y avoir qu’un permis d’urbanisme, ce pour quoi le Collège était compétent. La consultation populaire pour éclairer le Collège semblait une bonne chose.
    • Plusieurs mois après, à cause de voiries près du chemin de fer et autre, il s’est avéré qu’il fallait une étude d’incidence, donc un permis unique délivré par le fonctionnaire délégué. On est alors allé voir le fonctionnaire délégué et on lui a parlé de consultation populaire. Il nous a répondu que c’est la première fois qu’on lui posait la question. Il avait des raisons de douter car pour lui, la réglementation l’oblige à tenir compte de la valeur de l’argument, quel que soit le nombre de personnes qui le portent. En caricaturant : un argument excellent est plus important que 1000 personnes qui portent un argument ou stupide ou intéressé. C’est le propre de la démocratie délibérative (mais cela s’oppose à la démocratie élective).
    • Tenant compte de ces nouveaux faits, le Collège réfléchit à une méthode alternative pour impliquer les citoyens. Une méthode qui mettrait plus les arguments en avant.

    Michel Beaussart a pris la parole pour le PS : « Le PS était favorable à la consultation populaire avant de savoir que c’était le fonctionnaire délégué qui allait donner le permis. Vu que maintenant ce sera les arguments qui vont compter, on penche plutôt pour une méthode qui permet mieux de faire ressortir les arguments. »

    Démission de Jacques Benthuys

    Il était près de minuit. Jacques Benthuys, ancien conseiller de ma minorité, puis échevin dans la majorité, puis bourgmestre pendant une courte période, puis à nouveau échevin, puis conseiller de la majorité, demande la parole. « Voilà, après 35 ans de mandat et approchant 70 ans, il est temps de me retirer. Je démissionne et ne serai plus là au prochain conseil. » Cette annonce soudaine nous a laissé pantois. On n’a même pas pu dire un chaleureux mot de remerciement !

    Un autre compte-rendu que le mien

    Ceux qui veulent prendre connaissance du PV réalisé par la journaliste de la Ville, c’est ici : http://www.olln.be/fr/conseil-communal.html?cmp_id=28&news_id=34178&vID=1

    Pour juger ce qu'en disent les journaux

    Ceux qui veulent avoir une vue de ce qu’écrivent les journaux sur l’extension de l’Esplanade (et se rendre compte de la « qualité » de certains articles) voici :

    La Libre 24/11/2016

    “On n’a plus la main sur l’extension de l’Esplanade”

    OLLN Pour les élus locaux, c’est certain : l’extension aura bien lieu !

    Les partisans d’une consultation populaire concernant le projet d’extension de l’Esplanade à Louvain-la-Neuve ont dû attendre presque cinq heures de séance publique au conseil communal avant d’entamer les débats sur “la” question de la soirée : faut-il oui ou non organiser une consultation citoyenne[1] pour ce projet immobilier ?

    Cette interpellation est venue des bancs de l’opposition à la demande de Bénédicte Kaisin et Jacques Otlet (OLLN 2.0). Le bourgmestre, Jean-Luc Roland, prend alors la parole, au nom du collège. “Vu l’importance du projet, la mise en place d’une consultation populaire mériterait d’être explorée. Mais, étant donné que le permis unique a été rendu[2], le collège n’a plus qu’un avis à remettre, on n’a plus la main. Si elle se tient, nous retiendrons alors les conclusions qualitatives comme des remarques ou des suggestions dans notre avis[3]. Si on voulait organiser une consultation populaire quantitative, c’est-à-dire demander aux citoyens de voter pour ou contre ce projet, on aurait dû la réaliser entre juin et septembre 2014, dates auxquelles on[4] introduit le permis et on reçoit la réponse[5]. Mais vous pensez bien que réaliser une consultation populaire pendant les grandes vacances, ça n’a pas de sens ! Les gens sont en congé ou en vacances. Donc cela aurait été difficile de l’organiser.[6]

    “Vous n’avez rien fait !”

    Ce à quoi Jacques Otlet enchérit : “ce qui est énervant, c’est votre double discours. Vous auriez pu dire que la période des grandes vacances ne nous convient pas et nous reportons ! En plus de cela, dans votre majorité, vous ne semblez pas être d’accord ! Deux sections locales (PS et Ecolo) doivent se dire merde, on a peut-être loupé le coche en été 2014 lorsqu’on en avait l’occasion. Vous aviez la main en 2014 et vous n’avez rien fait !

    Reste à savoir comment le collège a l’intention de consulter la population sur cette extension. Avec des questions en suspens : comment récolter des arguments auprès d’une grande population comme Ottignies-Louvain-la-Neuve ? Et, le cas échéant, ces remarques seront-elles prises en compte par le fonctionnaire délégué qui doit délivrer le permis ? Une chose est sûre, cette boîte de Pandore ne se refermera pas d’ici peu…

    GA.L.

    Repris sur le site http://www.lalibre.be/regions/brabant/on-n-a-plus-la-main-sur-l-extension-de-l-esplanade-5835d369cd70a4454c04721b

     

    [1] Le journaliste a écrit « citoyenne », mais c’est « populaire » qu’il faut lire. La consultation populaire est gérée par un décret :

    [2] Seul le permis socio-économique a été rendu. Le journaliste aurait dû écrire que certains éléments du dossier, non connus avant 2015, ont fait passer le permis d’urbanisme à délivrer par le Collège en permis unique à délivrer par le fonctionnaire délégué.

    [3] L’article n’explique pas pourquoi il faut aujourd’hui privilégier les réponses qualitatives.

    [4] On = Klépierre. Il eut été plus claire de dire la date à laquelle Klépierre a introduit le permis socio-économique

    [5] Le Collège a trois mois pour répondre pas plus. Les délais sont de rigueur.

    [6] L’article ne mentionne pas la réponse de Jean-Luc Roland qi précisait les marges de manœuvre que le Collège avait pour son avis sur le permis socio-économique.

    DH 24/11/2016

    Idem article La Libre +

    Stephan Vanden Eede Citoyen à l’initiative de “l’étude de marché politique” sur l’extension

    “Depuis quand on attend un permis pour consulter ?

    1Avec quel sentiment êtes-vous sorti du conseil communal ?

    Je suis dubitatif ! Honnêtement, je n’arrive pas à comprendre ce qu’il se passe. J’ai écouté avec beaucoup d’attention les explications du bourgmestre, j’en aimême pris des notes.Mais je voudrais souligner deux choses : Jean-Luc Roland a

    reconnu que ce dossier était important et quand il a expliqué toute sa complexité et la problématique qu’il engendre, dans ce cas-ci la tenue d’une consultation populaire, il ne nous l’a jamais dit avant ! Pourquoi il nous dit ça aujourd’hui ? On apprend une série de choses qu’on avait jamais entendues.

    2La population pourrait être toujours consultée ?

    Il le faut ! On est à deux ans des prochaines élections communales.La fin de cette législature approche. Et avec quel visage ? Celui où les élus se couchent devant le promoteur ou celui où les élus écoutent les citoyens ? On doit sortir la tête haute dans ce dossier. Il peut très bien y avoir un avis favorable à cette extension. Mais dans cet avis, il peut y figurer des remarques des citoyens.

    3Le collège réfléchit à une nouvelle formule. Vous proposez quoi ?

    Je propose que le Collège mette en place des lieux de rencontres et de débats dans les quartiers de la commune, avec la présence d’un fonctionnaire communal qui récolterait les avis oraux des citoyens, mais aussi des étudiants, des travailleurs,… Ensuite, on organise une consultation. Mais je vais aussi leur donner un conseil : il faut aller vite ! Car on perd du temps. Ils sont en train de jouer la montre. Je rappelle quand-même que la loi exige la tenue d’une consultation aumaximum16mois avant la tenue des élections communales, soit le 11 juin prochain. Or, ce que le bourgmestre veut faire, c’est attendre les conclusions de l’étude d’incidence qui arriveront en mars ou avril pour consulter les citoyens. Mais depuis quand a-t-on besoin d’un permis pour consulter la population ?Interview > Ga.L.

     

    dessin DH

     

    DH 25/11/2016

    L PRÉCISION > OTTIGNIES-LLN

    Un dessin de presse par forcément adéquat

    Dans notre édition de jeudi, le dessin de presse du jour consacré à l’extension de l’Esplanade pouvait laisser croire que le bourgmestre ottintois Jean-Luc Roland, pourrait se laisser piéger au petit jeu des dessous-de-table. La volonté de notre dessinateur Artisteeno n’était évidemment pas là. Et la DH s’en excuse auprès des personnes que cela aurait pu choquer, en particulier auprès du bourgmestre lui-même.

     

    Sudpresse 24/11/2016

    « Vous avez alors perdu la main »

    L’extension de l’Esplanade a fait débat ce mardi lors du conseil communal. L’opposition, emmenée par Bénédicte Kaisin (OLLN 2.0), est revenue sur l’attribution du permis socio-économique. «Il a été délivré à l’unanimité en 2014 par les partis au pouvoir, sans avoir demandé l’avis de la population, consulté l’association des habitants ou sollicité le conseil consultatif de l’Économie », a-t-elle souligné. Elle a également relevé une certaine « ambiguïté » face à l’enquête concernant la consultation populaire (voir notre édition du 23 novembre, NdlR). «Sauf erreur de notre part, le Collège a perdu tout pouvoir décisionnel dans ce dossier. Suite à l’enquête publique après l’introduction du permis unique, le Collège ne sera plus tenu que de rendre un avis sur le projet d’extension et il ne rentrera plus dans sa compétence de délivrer quoi que ce soit, ni d’imposer des conditions. Cette compétence revenant au fonctionnaire-délégué. » Et l’opposition d’interroger la majorité : «Avezvous encore à ce stade, oui ou non, une maîtrise suffisante du dossier pour pouvoir prendre réellement en compte les résultats d’une consultation populaire ? »

    Jean-Luc Roland a pris la parole en soulignant que le dossier avait connu de nombreuses évolutions. «En 2008-2009, on parlait d’un diamant pour prolonger l’Esplanade. Ensuite, Klépierre a pris le relais avec une extension importante, sur deux niveaux. Après, l’idée a disparu et le promoteur est revenu avec une proposition diminuée de 40% par rapport au projet initial. Et le Collège n’était pas opposé à une extension au-dessus de la voie de chemin de fer », a précisé Jean-Luc Roland.

    Mais le bourgmestre de souligner les changements de législation. «La marge d’appréciation du Collège communal a baissé par rapport à l’époque où le permis socioéconomique a été octroyé. » Et à ce moment-là, le temps était compté. «La demande de permis a été faite en juin 2014 et il fallait répondre en septembre 2014. »

    UNE AUTRE MÉTHODE À L’ÉTUDE

    L’opposition a souligné un « double discours ». « S’il apparaît qu’une consultation peut modifier les choses, il faut la faire et ne pas tourner autour du pot, a exposé Jacques Otlet (OLLN 2.0) En juin 2014, lors de la demande du permis socio-économique, vous auriez pu dire que vous vouliez avoir le temps d’informer la population. Maintenant, le promoteur a dépensé de l’argent et veut achever le projet. Vous aviez la main et maintenant, vous l’avez perdue », a-t-il fait remarquer.

    « Le propriétaire du fond a aussi parfois des relais plus efficaces que la Ville », a souligné Michel Beaussart, échevin de la Participation.

    La majorité a indiqué vouloir plus de transparence mais qu’il n’y aurait en tout cas pas de consultation populaire avant la fin de l’étude d’incidences. « Nous allons d’abord réfléchir à une méthode qui produit des idées et prend en compte les motivations de chacun.»-

    T.W.

     

    Vers l’avenir 24/11/2016

    Extension de L’esplanade : une possible consultation populaire ?

    Jacques Otlet et Bénédicte Kaisin (OLLN 2.0) ont demandé au collège si une consultation populaire était envisageable.

    Au conseil communal de ce mardi 22 novembre, Bénédicte Kaisin et Jacques Otlet (OLLN 2.0, opposition) ont demandé au collège s’il voulait organiser une consultation populaire à propos de l’extension de L’esplanade : « Les sections locales PS et Écolo auraient été favorables. Or, vous avez délivré le permis socioéconomique à l’unanimité en 2014, sans demander le moindre avis à personne. Le collège a alors perdu tout pouvoir décisionnel dans le dossier. C’est au fonctionnaire délégué de délivrer le permis unique. Avez-vous encore à ce stade, une maîtrise suffisante du dossier pour pouvoir prendre en compte les résultats d’une consultation populaire ? », interrogent-ils.

    Le bourgmestre Jean-Luc Roland (Écolo) a rappelé le contexte : « En 2011, Klépierre, devenu le promoteur après Wilhelm and Co, demandait une extension sur deux niveaux, pour doubler la surface. L’ampleur de cette demande a été réduite. Lorsque le collège a délivré le permis socioéconomique en septembre 2014, sa marge de manœuvre n’était pas énorme. L’extension a été prévue au schéma de structure, voté par 27 des 29 conseillers du conseil communal en 1997. L’esplanade est le centre commercial qui marche le mieux de Wallonie. Nous aurions pu dire non, mais le recours aurait été immédiat. Nous avons accepté, en continuant à négocier. Depuis la délivrance du permis socioéconomique, la législation a changé et le collège n’a plus qu’un avis à donner. Certains avaient pensé qu’il serait bien d’organiser une consultation populaire. Mais, le fonctionnaire-délégué tient compte d’un argumentaire, alors que la consultation populaire, c’est oui ou non, sans argumentation. Il n’est donc même pas certain que le résultat de cette consultation soit pris en compte ».

    « Une ambiguïté totale »

    Jacques Otlet n’est pas convaincu par cette explication : « Lors de la demande du permis socio-économique, vous auriez pu indiquer au promoteur que vous souhaitiez informer la population. Le promoteur n’aurait pas été au conflit. Au lieu de cela, vous lui avez donné le feu vert. Il va demander son permis, il ira jusqu’au bout. Vous aviez la main, vous l’avez perdue. Les “sousmarins” des partis PS et Écolo sont alors apparus. Ils envoient des messages demandant la consultation populaire. On est dans l’ambiguïté totale. Si une consultation populaire peut modifier, corriger ou affirmer ce projet d’extension, il faut la faire. »

    Michel Beaussart (PS) veut impliquer l’UCL dans le dossier : « Le propriétaire du terrain est en général la première personne qui décide de ce qu’on fait sur son terrain. Le fonctionnaire-délégué délivre le permis, pas la Ville. Si on ne peut pas tenir compte du résultat, la consultation populaire n’est pas adéquate. Il faut réfléchir à d’autres formules qui délivrent des argumentations », indique-t-il.

    Le dossier suit son cours. L’étude d’incidences se terminera au printemps 2016 : « C’est à partir de ce moment qu’il faut réagir, améliorer l’information. Nous devrons présenter alors quelque chose de clair à la population », conclut Jean-Luc Roland.

     

     

  • #OLLN : décrypter l'ordre du jour du conseil communal du 22 novembre 2016

    Que nous réserve le conseil communal du 22 novembre ? Il y a d'abord une habitante, Myriam Ghilain, qui interpellera le collège sur "les enjeux sociétaux à venir". Son texte est ici. Elle nous parlera de choses dont je vous parle dans mon blog depuis un certain temps... A 20h15 on entamera la séance officielle qui comporte 45 points en séance publique (vous trouverez l'ordre du jour ici  : http://www.olln.be/documents/docs/ordres-du-jour/oj161122.pdf )

    • on poursuit l'évaluation du PST dans le domaine "sécurité" et "affaires économiques" ;
    • les intercommunales font des plans de 3 ans : je demanderai aux différents mandataires d'en faire état en quelques minutes (points 14 à 20) ;
    • deux taxes seront votées : une sur la taxe de séjour (taxe sur les kots) qui passe de 150 à 160 € et une taxe sur les implantations commerciales de plus de 400 m² ;
    • on votera des subsides à une séries d'associations à caractère social (point 40).
    • un point a été ajouté par la minorité : une question sur le bien fondé de l'idée de consultation populaire à propos de l'extension de l'Esplanade.
  • question d'ECOLO-OLLN pour l'étude d'incidences de l'extension de l'Esplanade

    Ottignies-Louvain-la-Neuve, le 7 novembre 2016
     
    Au Collège Communal d’Ottignies Louvain-la-Neuve,
    Monsieur le Bourgmestre,
     Mesdames les Echevines,
    Messieurs les Echevins,
    À la Société Anonyme Coimbra,
    Messieurs,
    Concerne :  Etude d’incidences et d’environnement relative à l’extension de l’Esplanade à Louvain-la-Neuve.

    Nous vous prions de trouver ici nos remarques, questions et demandes de précisions relatifs à l’avant-projet d’étude d’incidences et d’environnement concernant le projet d’extension de l’Esplanade à Louvain-la-Neuve, dont suite à la réunion du 26 octobre 2016.
    Dans un souci de clarté, de transparence et de compréhension pour tous comme des responsabilités effectives de chaque société intervenante, nous vous demandons :
    ° de faire figurer dans l’étude un organigramme des relations et missions entre les S.A Klépierre Management France, Coimbra et Klépierre Management Belgique
    °  une information claire sur quelle(s)de ces trois sociétés a repris ou absorbé les différentes sociétés, en tout ou en partie, actives et responsables dans le cheminement du dossier de l’Esplanade telle qu’actuelle et donc sa réalisation et sa gestion. Il s’agit des S.A Dodder, Coimbra, Place de l’accueil, LBE2, Foncière LLN, LPE.
    Dans un même souci de clarté et de transparence il nous paraît que l’UCL, propriétaire :
    ° devrait expliquer si, en cas de ventes ou de cessions de l’une de ces sociétés ayant bénéficié d’un bail emphytéotique, celui-ci peut  être cédé sans son autorisation
    ° précise ce qu’il en est des baux emphytéotiques accordés à qui et sous quelles conditions pour l’immeuble de logements dits LBE 2-R prévus Cours Marie d’Oignies et Boulevard de Wallonie vu sa contiguité avec le projet d’extension de l’Esplanade
    ° précise ses intentions et projets quant au projet « place Calestienne » vu que cette place sera en vis-à-vis de l’extension prévue construite voie Hennuyers, est utilisée en arguments par les auteurs du projet et que l’extension de l’Esplanade et ce projet de nouvelle place auront des conséquences directes et indirectes en matière de mobilité sur une zone bien plus large.

    Le projet en ce qui concerne la gare

    Nous regrettons l’absence d’un représentant de la SNCB à la réunion d’information du 26 octobre 2016.
    Nous supposons qu’il existe une convention entre la société Klépierre (ou Coimbra) et la SNCB/INFRABEL et demandons en conséquence que ce document liant les parties pour bon nombre d’aspects figure dans l’étude.
     
    Nous demandons que dans l’étude d’incidence et d’environnement soit joint un document substantiel de la SNCB puisque la couverture de la gare et son réaménagement aura indéniablement des incidences comprises dans les sujets de votre mission d’étude.
    Ce document devrait à tout le moins comprendre les éléments et assurances suivants :
    ° Une analyse de l’amélioration pour les usagers de tous les aspects subséquents de la couverture de la gare et de ses conséquences.
    ° L’assurance du maintien des guichets et services complémentaires non inclus dans l’extension du commerce commercial.
    °  Le maintien d’un accès libre de toute inclusion dans l’extension aux quais notamment vu les horaires des premiers et derniers trains.
    Ceci concerne bien évidemment l’accès au niveau du centre ville mais aussi au niveau de Lauzelle-Baraque (les escaliers actuels à la Traverse de l’Echange) où quelle que soit la configuration projetée, ce droit d’usage devra être maintenu sous peine de signifier un recul pour les usagers.
    ° L’assurance que la SNCB/INFRABEL va réintroduire une demande de permis pour l’extension des voies et des quais actuels et leur accès vers le parking Park and Ride.
    Il nous semble qu’outre une saine cohérence d’investissements pour améliorer son offre aux usagers il y a là un lien et un intérêt nécessaire pour le projet d’extension en matière d’accès, de parking et de mobilité comme allégué.
    ° Comment outre la couverture et ce qui vient d’être évoqué,  la SNCB va-t-elle travailler à promotionner sa gare et son offre de trains comme mode d’accès en mobilité douce pour le nouveau centre commercial ? Et comment la SNCB et Klépierre agiront ils en commun dans cette promotion d’usage ?
    ° Quels moyens sont ils étudiés et seront-ils mis en œuvre pour éviter que la couverture de la gare n’entraine une dépense d’énergie spécifique pour assurer l’éclairage des quais et de leurs accès ?
    La possibilité de maintenir- au moins partiellement – un éclairage naturel des quais est elle totalement impossible ?
    ° Des informations sur le maintien du service et sa qualité durant le chantier.


    En ce qui concerne l’aspect environnemental (gestion des eaux, qualité de l’air, énergie)

    Nous relevons qu’il est souligné que le bâtiment correspondra aux normes et label Breeam .
    Nous demandons donc tout naturellement que celles-ci et les modes d’expertise pour les labelliser soient joints au dossier soumis à enquête publique, de sorte que tout un chacun puisse les comprendre et mettre en regard d‘autres normes ou possibilités.
    Au niveau de l’énergie nous relevons certains manques de précisions ou des sujets non abordés :
    ° Voir question concernant la gare.
    ° Est-il envisagé le placement de panneaux voltaïques en toiture ?
    ° Quel mode de récupération des eaux ?
    ° Quel sera le bilan CO² durant la construction et en fonctionnement ?
    ° Quelle place pour la nature dans le bâti et les toitures ?

    En ce qui concerne la mobilité :

    L’étude devrait lever plusieurs imprécisions, répondre à certains manques et questions relatives à des conséquences du projet.
    ° Nous demandons aux fins d’une vision et compréhension d’ensemble que figure dans l’étude d’incidences les plans distincts (situation actuelle et projetée) des accès et circulation piétonnes autour du projet (dans un périmètre de 50 m minimum) ; des liaisons et accès vers les quartiers en matière automobile et de modes doux ; des accès routiers vers le parking Park and Ride ; des circuits de livraison.
    ° L’étude devrait comporter une analyse de la pollution sonore et par particules fines actuelle due au trafic routier dont de livraison sur base de laquelle une simulation des effets engendrés par la demande d’extension pourrait être produite.
    ° Nous rappelons notre question précédente relative à la gare : la SNCB va-t-elle travailler à promotionner sa gare et son offre de trains comme mode d’accès en mobilité douce pour rejoindre le centre commercial ? Et quelle sera la politique commerciale et promotionnelle de Klépierre en cette matière ? Au-delà du simple argument publicitaire pour Klépierre : «une gare incluse ou voisine du centre commercial » il s’agit déjà de réfléchir, de lancer une politique réellement incitative.
    ° La ville d’Ottignies Louvain-la-Neuve va élaborer un nouveau schéma de mobilité pour Louvain-la-Neuve.
    Nous souhaitons que certaines de vos propositions relatives au trafic routier et du nouveau nœud intermodal fassent déjà l’objet d’une concertation, discussion dans l’élaboration de ce schéma.
    Il ne faudrait en effet pas qu’il y ait un schéma dû aux aléas du projet d’extension propre à la circulation rien que clients et/ou livreurs et celui de la Ville élargi à tous modes de déplacements qui devrait simplement l’intégrer.
    Nous tenons à avoir des garanties à ce sujet et voir une telle volonté et analyse figurer dans le document soumis à enquête définitive.
    ° Si nous pouvons comprendre l’intention de rationnaliser le trafic des camions livreurs tel que proposé par le boulevard de Wallonie avec un nouvel accès aux quais, cette option pose les questions suivantes :
    Quelles conséquences en termes d’embouteillage sur le boulevard de Wallonie et d’accès à celui-ci ?
    Quelle augmentation de la pollution sonore et autre pour les riverains des quartiers de Lauzelle et de la Baraque ?
    °  Nous retenons la volonté de maximiser l’utilisation des parkings existants sous dalle dans le centre ville et de profiter de celui Park and Ride.
    Ce projet intéressant nous paraît  cependant devoir être précisé par des documents comme des projets de convention entre les sociétés gérant ces parkings et l’exploitant du centre commercial et une analyse tarifaire et ses conséquences.
    °  Nous voulons relever le point suivant qui concerne plus spécifiquement les modes doux de déplacement notamment dans les liaisons inter -quartiers.
    L’actuelle Traverse de l’Echange permet une circulation piétonne ou cycliste 24 h sur 24 (et comme rappelé ci-avant un accès direct aux quais de la gare). C’est un indéniable acquis en terme de liaison directe, naturelle, pratique,  entre les quartiers de Lauzelle et de la Baraque. Le projet transforme la Traverse de l’Echange en voie de circulation interne au centre commercial avec heures d’ouverture et de fermeture d’accès probablement comme les actuelles de la voie place de l’Accueil-Traverse de l’Echange.
    Il a été dit que l’actuelle Traverse serait remplacée par une passerelle.
    Il nous semble qu’un acquis usité ne peut être remplacé que par au moins aussi bien. C’est pourquoi nous demandons que soient précisés :
    ° les points de départ et d’arrivée de cette passerelle
    ° sa largeur, son confort d’utilisation, sa sécurité dont son éclairage
    ° les aménagements prévus à son point d’ancrage dans le quartier de Lauzelle.
    Il nous paraît que ces questions et précisions relèvent totalement de l’étude d’incidences et d’environnement vu qu’elles touchent à la mobilité induite par le projet.

    En ce qui concerne la compatibilité et l’intégration du projet dans la ville en matière d’urbanisme et d’architecture

    Un centre commercial dans une ville ne doit pas être un objet architectural fermé sur lui-même ou être un obstacle entre des liaisons normales entre quartiers. Nous vous renvoyons à la remarque précédente concernant la Traverse de l’Echange.
    Il nous paraît que l’interrogation du représentant de l’association des commerçants « La Dalle » quant à la porosité du centre commercial ainsi étendu avec la ville et ses commerces locaux est centrale dans cette conception d’un centre commercial de ville ouvert à et dans la ville.
    Si les esquisses projetées lors de la soirée du 26 octobre 2016 annoncent une façade en vitrine et verrière voie des Hennuyers nous avons cependant plusieurs remarques et questions toutes dues, à nouveau, par manque de précisions ou certaines omissions.
    °  Une entrée même plus modeste ne peut elle être prévue au milieu de la voie des Hennuyers pour casser le rythme de cette façade même vitrée ? (longue de plus ou moins 100 mètres)
    °  La projection du projet du bâtiment voie des Hennuyers laisse apparaître des aménagements de l’espace public : plantations, mobilier urbain, revêtement des sols…
    S’agit-il à ce stade d’une vue prospective d’aménagements à charge dans le cadre du projet d’extension ou de dessins d’agrément de l’environnement du projet ?
    °  Nous relevons la possibilité d’agrémenter le bâti côté voie des Hennuyers de terrasses mais pour y réserver de l’Horeca.
    Cette possibilité d’activité spécifique doit elle être comprise comme rien que durant les heures d’ouverture et d’accès de l’Esplanade ?
    Si telle est l’intention nous ne pouvons que demander qu’elle soit réfléchie dans une saine analyse de l’offre Horeca déjà existante à Louvain-la-Neuve et n’aille pas à l’encontre d’un ensemble ouvert à et dans la ville et rencontre la demande justifiée des commerçants de l’association « La Dalle » d’une porosité entre l’Esplanade et la ville.
    Si cette possibilité devait évoluer vers un accès permanent, il nous paraît qu’elle devra malgré tout faire l’objet d’une analyse de la situation actuelle.
    °  L’esquisse côté boulevard de Wallonie est assez vague.
    Nous demandons donc des précisions en termes de matériaux, d’ouverture, de gabarit et de hauteur, de présence ou non d’enseignes publicitaires commerciales et déjà de quelles dimensions et type d’éclairage.
    Pourquoi ne pas y envisager une végétalisation du parement, du soutènement, pour offrir une entrée dans la ville par un geste architectural fort et environnemental ?
    °  Aucune projection ou esquisse n’a été donnée concernant le côté Lauzelle.
    La situation d’aujourd’hui (le mur avec petites fenêtres « écoutille ») qui prévaut rues de la Gare et de Loupoigne jusqu’au carrefour est déjà de nature « ensemble fermé ».
    Ce type de mur ne peut être le fait de l’extension prévue dans le vis-à-vis du carrefour de Loupoigne et Cours Marie d’Oignies.
    Cette question et cette remarque trouvent également sens et interrogation vu la proximité et la contigüité de l’immeuble de logements dits LBE 2-R prévus Cours Marie d’Oignies et Boulevard de Wallonie.
    Nous demandons donc que ces imprécisions soient levées lors de la prochaine étude d’incidences.
    °  Nous avons pu bénéficier d’une projection de l’entrée prévue à Georges Lemaître et d’une esquisse intérieure de ce que deviendra la Traverse de l’Echange.
    Mais à nouveau rien en ce qui la concerne côté Lauzelle. Mêmes questions donc en termes d’abord visuel et d’usage pour les habitants de ce quartier et en terme de contigüités avec le projet LBE-2R.
    °  Cette question de proximité et de contigüité nous entraîne outre l’aspect façade et aspect visuel à vous interroger sur les deux dalles jointes : accès, aménagement spécifique, parts privée et publique et leur gestion, entrées sorties de véhicules, empêchement de stationnement indésirable, verdurisation…

    En ce qui concerne l’aspect socio économique du projet

    Comme vous le savez la Ville d’Ottignies Louvain-la-Neuve a lancé une étude de schéma de développement commercial de Louvain-la-Neuve ; une étude large et prospective tant de ce qui existe que des attentes de la population notamment en matière d’offres de proximité ou empreintes des principes du développement durable.
    Même en l’état actuel du dossier de l’extension et de son calendrier prévisible vu les étapes restant à accomplir, il nous paraît essentiel sinon obligatoire que Klépierre, gestionnaire du centre commercial, s’associe volontairement et pro-activement à cette étude pour éviter que certaines de ses enseignes et offres (actuelles ou futures) ne concurrencent, n’empêchent, ne « tuent », certaines offres déjà existantes dans la ville ou ne rendent impossible l’établissement et la réussite d’autres offres commerciales.
    Comme déjà évoqué il nous paraît que la possibilité d’une offre Horeca supplémentaire au sein de l’Esplanade étendue devra être examinée dans le cadre de la situation actuelle et du schéma de développement commercial. L’idée d’une offre d’Horeca en terrasse côté voie des Hennuyers devra être particulièrement examinée dans ce cadre.
    L’étude d’incidences devra également évaluer l’impact socio économique et commercial subrégional d’une extension de l’Esplanade
    ° en termes d’offre et demande dans les villes voisines.
    ° en terme de glissement de chalandise vers l’Esplanade et donc de risques commerciaux et de vie urbaine pour les villes voisines
    Nous demandons aussi un examen plus approfondi des chiffres annoncés par Klépierre en matière d’emplois :
    ° Quelle part de glissement de villes voisines ou subrégional ?
    ° Quel type d’emplois : CDD, CDI, temps partiel, étudiants ?
    Le chantier – bien qu’encore lointain vu les étapes encore à remplir- nous paraît déjà devoir être envisagé selon ces quelques éléments :
    ° Quid du service des trains et de l’usage de la gare lorsque viendra le temps de son recouvrement et aménagement.(voir les remarques concernant la gare)
    °  Quel phasage ?
    °  Quid des levées de terre (placement, évacuation…) ?
    °  Quid de la circulation des engins de chantier ?
    °  Quelle protection des riverains en matière de bruit, de poussière, etc, durant le chantier ?
    Nous demandons donc la mise sur pied d’un comité d’accompagnement comprenant des habitants riverains avant l’obtention du permis de bâtir pour penser les chantiers et les suivre dans l’intérêt de tous et toutes.

    Nous sommes persuadés que toutes ces remarques, questions, demandes de précisions et d’analyses complémentaires et supplémentaires sont de nature à enrichir l’étude d’incidence et d’environnement finale.
    Nous vous remercions déjà d’y répondre et de les intégrer.
    Nous vous prions d’agréer l’expression de nos sentiments distingués.
     
     
    Pour la locale ECOLO Ottignies Louvain-la-Neuve,
    Denis Leduc, secrétaire politique

  • La Trumpérisation du monde... et de OLLN ?

    « Quoi, Hadelin de Beer va se fendre d’un texte sur l’élection présidentielle américaine ? Mais il n’a jamais mis un pied aux USA ! » Très juste, je n’ai aucune légitimité en me cantonnant à cette élection-là. Et je suis politiquement actif sur un territoire 10.000 fois plus petit. Mais cette élection-là a des caractéristiques communes à d’autres, qui peuvent avoir des enseignements jusqu’à OLLN.

    L’histoire se répète

    Il y a autant de causes expliquant l’élection de Trump que d’électeurs, mais les prendre dans leur entièreté ne permet pas de tirer des leçons et d’agir. Il faut faire un modèle, c’est-à-dire un schéma explicatif certes incomplet et simplifié, mais maniable.

    Les vrais spécialistes ont identifié quelques causes : la volonté de la classe moyenne de retrouver une prospérité passée (1), l’envie de casser les règles du système, l’absence de contrôle social dans l’isoloir, l’absence de carrière politique, le manque d’adhésion à Clinton. Le Brexit a été choisi suite à un référendum, l’équivalent d’une élection. Le choix du Brexit a été expliqué par plusieurs causes : la volonté des classes moyennes âgées et hors des villes branchées de retrouver une prospérité passée, la menace des émigrés sur l’emploi des classes inférieures, l’absence de contrôle social dans l’isoloir (2). La victoire électorale du mouvement 5 étoiles en Italie fut principalement le fait de la déliquescence de la droite, du malaise de l’électeur, de la défense des classes « populaires » ou menacées et du rejet des partis classiques (3). La montée du Front national en France est due principalement aux électeurs issus de la classe moyenne en déclin et qui aspirent à retrouver une place, le Front National cherchant le bouc émissaire du déclin : les immigrés et les politiciens tous pourris.

    Le déclin partagé

    Un commun dénominateur : une classe sociale inférieure ou moyenne en déclin. Cela fait depuis les années 1980 que la classe inférieure et qu’une partie de la classe moyenne des pays riches est en déclin. Et cette classe inférieure ou en déclin sont devenus électoralement les plus mobiles. Dès lors, du côté des partis « de gouvernement », la tendance a été de voir le noyau dur de leur base électorale se limiter aux catégories moyennes supérieures (Daniel Cohen, Le monde est clos et le désir infini, 2015, page 145). Le champ est libre pour tout parti contestant les mécanismes de déclin, désignant un bouc émissaire et se présentant comme anti-système de rafler la mise.

    On a déjà connu cela

    L’histoire nous a déjà donné pareille situation. A la sortie de la guerre 14-18, les Allemands ont été forcés de payer des dédommagements de guerre, ce qui a ruiné l’Allemagne et les allemands. Humilié, les allemands ont voulu retrouver leurs gloire et richesse perdues et se sont choisi un sauveur hors du système traditionnel, qui allait leur redonner leur place. Au passage, leur sauveur s’est choisi un bouc émissaire interne : les juifs. A la même période en Belgique, la classe moyenne a souffert de la crise de 29 et le parti rexiste a eu un formidable succès électoral en se présentant comme anti-système. Les juifs étant également désignés par une partie de la population comme bouc émissaire. A la sortie de la seconde guerre mondiale, les leçons avaient été tirées de la gestion de la première guerre : les allemands n’ont pas été ruinés, et au contraire ils ont été embarqués avec le Plan Marshal dans la reconstruction de l’Europe, ce qui a amené aux trente glorieuses, période où chaque classe sociale a vu sa condition s’améliorer.

    Leçon facile à comprendre

    On peut en tirer une leçon assez facile à comprendre : quand une classe sociale voit sa condition se détériorer, en absolu ou relativement à d’autres classes sociales, elle souffre terriblement. Elle va vouloir retrouver sa position. Pour cela, elle va croire tout candidat qui va lui donner des explications simples au déclin du type « c’est la faute des politiciens véreux qui ne pensent qu’à eux » et « c’est la faute aux étrangers qui nous ont pris notre richesse. » Ces explications simples permettent de croire à des solutions simples symétriques aux dénonciations : « prenez des hommes politiques nouveaux et purs (nous) » et « les étrangers dehors » en y ajoutant « taxons les produits qui viennent de l’étranger et obligeons nos entreprises à produire chez nous ».

    Ces discours passeront d’autant mieux que les partis dits traditionnels vont proposer des choses similaires : « l’immigration est trop importante » ou « il faut relocaliser l’économie », ce qui peut être compris comme une formulation adoucie des phrases précédentes.

    Le simplisme, j’adhère ?

    Ce qui est frappant, c’est l’adhésion des classes en souffrance à des idées simplistes. Par exemple, la volonté de relocaliser des productions économiques aux USA telles la construction des IPAD et IPHONE : très certainement cela donnera de l’emploi aux américains, mais ces appareils seront plus chers (car les travailleurs seront justement payés plus que les chinois). De plus, le protectionnisme américain ne va pas laisser les autres pays sans mesures de rétorsion, entraînant la hausse du coût d’autres produits. Loin de moi la volonté de défendre la mondialisation et la délocalisation, je veux jute montrer qu’avec un minimum de réflexion on constate que quitter le système économique actuel ne sera pas uniquement et totalement bénéfique pour tous.

    Doit-on rester les bras ballants, à constater que les inégalités s’accroissent (https://www.contrepoints.org/2015/03/21/201590-les-inegalites-de-revenus-dans-locde ) ? En Belgique, les inégalités entre quartile s’est accru de 4.16 à 4.70 entre 1988 et 2006 (http://www.iddweb.eu/docs/EBM.pdf). Doit-on en rester au constat qu’il y a des avantages et des inconvénients à la mondialisation, et en rester là ? C’est alors aller vers la victoire des Trumps de tout genre.

    De la région à l’Europe

    Au niveau régional, national ou européen, il y a lieu de remettre en cause « l’économicisation » du monde. Non, la croissance économique n’est pas le but à poursuivre, non la libéralisation et le tout au marché n’est pas la solution ! La lutte contre le TTIP et le CETA va dans ce sens, et j’avais déjà dit que le TTIP allait plutôt réduire notre bonheur que l’augmenter. En effet, un monde de plus en plus soumis à la loi du marché est un monde de plus en plus en concurrence, cela mène à créer un monde de gagnants et perdants, avec de plus en plus de perdants.

    Et en même temps il y a lieu d’être clair : un monde en moindre croissance économique est aussi ou devrait être un monde plus frugal, il y a lieu de rendre positive cette nouvelle donne, tant individuellement que collectivement. Mais je ne suis pas élu à ce niveau, je ne m’y attarderai pas.

    Dans ma commune

    L’élu local que je suis ne peut promettre à ces citoyens qu’il va contrecarrer l’impérialisme économique dans la pensée politique et qu’à OLLN, ce ne sera plus le cas. Je ne peux pas non plus promettre de parvenir seul à endiguer la croissance des inégalités. Nous, élus locaux, n’avons pas les leviers pour arriver à ce résultat. Mais nous avons quelques leviers pour aller dans ce sens :

    • utiliser la fiscalité pour aller vers plus d’égalité. Nos marges de manœuvres sont faibles car nous ne pouvons, sur les taxes principales, que prendre un pourcentage des impôts régionaux ou fédéraux. Par contre nous pouvons prendre des règlements de redistribution ;
    • utiliser les subsides pour redistribuer ou revaloriser. C’est tout le soutien aux individus directement ou aux associations favorisant le vivre ensemble ;
    • avoir un discours prônant l’égalité et la coopération. En campagne électorale, il faut combattre l’idée que « LE BUT » est la croissance du pouvoir d’achat. Le but est plutôt le bien-vivre et le respect mutuel de tous, générations actuelles et futures ;
    • favoriser l’accès égal pour tous aux biens communs que sont la connaissance, la santé, les espaces publics de qualité, l’alimentation saine. Cela passe par des investissements publics qui rendent la vie pour tous plus agréable.

    Ne pas faire cela, c’est laisser le champ libre à tous les populismes.

     Hadelin de Beer

    (1)   Les gens qui ont voté pour lui sont plutôt âgés et de l’intérieur du pays […]. Ce qui renvoie à un phénomène que l’on connaît bien en France quand on étudie la progression du Front national : la géographie économique. Elle est déterminante en termes électoraux et distingue ceux qui appartiennent aux territoires profitant de la mondialisation et de la digitalisation de l’économie des autres qui sont les laissés pour compte de ce phénomène. Ce sont eux qui voient les usines fermer, l’emploi se raréfier [..] Trump s’est adressé à cet électorat qui se sent profondément déclassé, négligé tout en n’étant pas nécessairement dans la position la plus désespérée, mais qui s’accroche à ce qu’il possède encore. Vincent de Coorebyter http://plus.lesoir.be/68060/article/2016-11-09/les-huit-raisons-de-la-victoire-de-trump#_ga=1.259792396.709949903.1452416110

    (2)   http://www.monde-diplomatique.fr/2016/08/MASON/56082

    (3)   http://www.marianne.net/municipales-italie-mouvement-5-etoiles-doit-deja-faire-sa-revolution-100243802.html