• #OLLN : enjeux des deux conseils communaux des 15 et 22 décembre 2015

    Le 15 décembre

    L'ordre du jour complet est ici : http://www.olln.be/documents/docs/ordres-du-jour/oj151215.pdf

    Une conseillère communale de la minorité, Kristina Kabric, déménage et quitte donc le conseil communal. Un conseiller communal d’expérience nous rejoint : Bernard Liétar.

    Une maison, place du Centre à Ottignies, va être achetée. L’objectif est de maitriser tout l’ilot, pour pouvoir faire un projet cohérent sur l’ensemble (point 8).

    Xème saga des sociétés de logements sur la Ville. Rappel : il y a deux sociétés de logements : IPB et Notre Maison. La majorité souhaite qu’il n’y en ait plus qu’une : Notre Maison. Le Gouvernement l’a accepté. IPB va régulièrement en recours contre ces décisions (point 9).

    Le point 10 est un point très « local » (un chemin dans le bois de Lauzelle). Ce qu’il y a de cocasse : en 1915, il y a 100 ans, des conseillers communaux de Limelette, décidaient de déplacer un chemin. Nous ne fêterons pas un siècle de décision, mais nous nous pencherons sur un imbroglio ! Il y a 100 ans ;, c’était l’occupation allemande. Or tous les actes des Allemands ont été annulés. Donc le déplacement du chemin aurait été annulé ! Pas de chance, les archives de Limelette ont été en grande partie détruites. Le propriétaire actuel estime qu’il n’y a pas de chemin (que chaque jour des dizaines de personnes utilisent…) et tout cela passe au tribunal.

    Le gros point du Conseil est le budget pour l’année 2016 (points 13 et 14, 23 et 24, 34). Quelques chiffres :

    Recettes : 43 millions, dont probablement 1.5 millions « de trop » par rapport à un régime de croisière. Il faut donc essayer d’avoir des dépenses récurrentes de 41.5 millions pour tenir sur la longueur. Les impôts communaux représentent environ les 2/3 des recettes. Le taux d’imposition ne change pas, sauf l’apparition d’une nouvelle taxe sur les parkings payants ouverts au public.

    recettes_budget_2016.PNG

    Dépenses : le graphique ci-dessous donne une idée en fait erronée du budget de la Ville. En effet, il faut ajouter les subsides reçu directement par le CPAS (+/- 7 millions) et par la police (+/- 3 millions) pour avoir une idée plus globale. En ne se basant que sur le budget de la Ville, on constate 1.1 millions ds prélèvement et 0.3 millions de boni, soit environ 1.4 millions qu’on ne dépense pas… heureusement, c’est plus prudent pour le long terme.

    dépenses_budget_2016.PNG

    D’autant que le boni global (tous les bonis accumulés depuis longtemps) ont fondu comme neige au soleil à cause des 3 millions non versés par le fédéral en cette fi ‘année 2015 (voir le compte-rendu du conseil communal précédent).

     

    La crèche Fort-Lapin est soutenue dans sa volonté de construire un nouveau bâtiment (point 21).

    Le point 28 est le résultat du conseil communal précédent dit « fresque Charlie ».

    Le point 25 qui sera mis en fin de conseil : une motion pour permettre aux communes de faire des budgets plus sérieusement.

    Le 22 décembre

    L'ordre du jour complet est ici : http://www.olln.be/documents/docs/ordres-du-jour/oj151222.pdf

    Le gros point sera la présentation des actions menées par le CPAS et des chiffres clés.

    Un point sympa (point 3) : la Ville est reprise comme commune pilote d’expérimentation d’une médiation. Les personnes peu satisfaites de services de LA Ville pourront faire appel à un service de médiation.

  • La banque ING délocalise : ange ou démon ?

    185 postes seront supprimés. C’est principalement la délocalisation d’une partie de la division informatique d'ING vers la Pologne qui en est à l’origine. Le syndicat socialiste estime qu’il s’agit d’une mesure «scandaleuse» et formule de vives inquiétudes quant à l’avenir des travailleurs au sein de la banque. On va donc dire ; « ING = démon ».

    Certes, mais d'un autre côté, la Pologne est plus pauvre que la Belgique. Exprimé en PIB par habitant, il est de 13 400 $ en Pologne et de 45 500 $ en Belgique. Si on veut que la Pologne se développe, il faudra bien que pour certains travaux, on paye des polonais plutôt que des belges. Cette idée est désagréable mains néanmoins correcte : comme la richesse est relative (si vous et moi avons chacun 3000 $/mois, et que demain nous avions chacun 10.000 $/mois, rien n'a changé, nous sommes également riches et nous pouvons nous payer la même chose, soit la production d'un mois), le développement monétaire de l'un se fait au détriment de l'autre. Il faut qu'il y ait une sorte de transfert des riches vers les pauvres.

    Approfondissons la notion de transferts. L'idéologie libérale a essayé de faire croire que les pays riches pouvaient continuer à croître, mais quil fallait que les pauvres croissent encore plus vite. C'est une façon douce de faire un transfert ; on croit qu'on monte, en fait on descend relativement, mais sans le percevoir vraiment. C'est d'autant plus imperceptible si par ailleurs la richesse matérielle augmente, ce qui est possible grâce aux gains de productivité. Seuls les gains de productivité permettent d'avoir plus avec la même quantité d'argent. Par le passé, les gains de productivité horaire n'ont été possible que parce qu'on a consommé plus d'énergie (fossile). Notre richesse matérielle est liée à nos émissions de CO2.

    Avec le pic de production de pétrole, les gains de productivité sont en panne. Dès lors, la croissance des riches vacille… définitivement. Et les « pauvres mais bien formés » se disent qu'ils vont provoquer le transfert de richesse en vendant moins cher leur travail devenu identique au nôtre.

    Donc quand ING délocalise, elle réalise plus d'égalité entre les humains. « Ange » alors ?

    Évidemment, ING n'est pas une œuvre charitable. ING délocalise pour conserver son profit. Remarquons que, s'il ne le fait pas, les clients quitteront la banque pour aller dans une banque moins chère ou qui donne un meilleur rendement. Les actionnaires, puis éventuellement tous les travailleurs en cas de faillite, en seront les victimes.

    On arrive donc à y voir plus clair : délocaliser, c'est conserver le profit des clients et des actionnaires au détriment de certains employés, en réalisant un petit transfert de richesse vers d'autres employés ailleurs.

    Tout comte fait, ING c'est un peu nous, réellement si on y est client ou actionnaire, ou symboliquement si on est dans une autre banque classique qui fait +/- la même chose. Ni ange, ni démon, mais système pourri.

    Et la solution quelle est-elle ? Elle n'est pas simplement de dire « on ne délocalise pas », car ce serait dire : « Que les polonais restent pauvres ! » (je caricature, mais à peine). Mais que faire alors ? Cela fera l'objet d'un prochain article.

  • Certaines vérités sont bonnes à dire et à entendre

    Le 13 octobre, le Conseil communal décidait de soumettre à enquête publique le schéma de structure et le règlement communal d'urbanisme.

    A cette occasion, le conseiller Nicolas Van der Maren estime entre autre que (je cite du compte-rendu fait par la journaliste de la Ville) « le Collège travaille à l’envers. Il vaudrait mieux réfléchir à la mobilité dans la commune avant d’envisager des projets immobiliers d’envergure. « Vous pensez vraiment qu’encourager les habitants aux modes de déplacement doux va résoudre la saturation de notre réseau routier, avec les milliers de nouveaux logements déjà planifiés ? » ».

    Et la majorité lui répond, je cite toujours « Le président du Conseil Hadelin de Beer de Laer prend sa casquette de conseiller [...] « On ne peut pas tout arrêter sous prétexte que les infrastructures ne sont pas (encore) là… [...] Si on apprécie de vivre ici, on peut comprendre que d’autres ont le même désir. Il faut alors déterminer ce qu’on veut pour notre ville à la campagne. » Et je cite encore : « Le bourgmestre Jean-Luc Roland ajoute [...] Bien sûr le SSC devra se doter de sous-outils (plans de mobilité…), mais il faut d’abord actualiser les documents globaux d’orientation. Celui-ci propose des options à moyen terme (10-15-20 ans). « Soit on continue à miter le territoire et à mordre dans les terres agricoles, soit on densifie à l’intérieur des centres, là où se situent toutes les fonctions urbaines, compris les services de mobilité. La 2e option nous semble la meilleure. Croire qu’on peut arrêter le développement d’Ottignies est un leurre. Il faut donc l’orienter. »

    Je relate encore des choses qui ont été dites en réponse à « il faut arrêter de construire à Ottignies car il y a des bouchons » mais qui ne sont pas reprise dans le compte-rendu :

    • le schéma de structure module ce qui peut être construit en zone rouge du plan de secteur, en prévoyant de construire plus dense dans les centres et moins dense dans les campagnes.
    • Il n'est par contre pas possible d'interdire de construire en zone rouge, même si les infrastructures ne sont pas réalisées autant qu'on le voudrait. Ce serait illégal.

    Voilà donc le conseiller Van der Maren informé : c'est illégal de stopper l'urbanisation (en zone rouge au plan de secteur), quand bien même les voitures ont tendance à s'agglutiner à certaines heures.

    Le 3 novembre, le conseiller Nicolas Van der Maren met en ligne une pétition qui dit https://lapetition.be/en-ligne/La-mobilite-Une-condition-necessaire-a-un-developpement-responsable-16489.html ) :

    les signataires de la présente lettre, citoyens de la Ville d’OLLN, souhaitent faire part au Collège communal des remarques et observations suivantes :

    1.[...]

    2. Limiter le nombre de nouveaux projets immobiliers à la capacité maximale admissible du réseau routier existant en fonction de cette étude de mobilité.

    3. Si cette capacité maximale est insuffisante, ne pas autoriser la délivrance de nouveaux permis pour des projets de plus de 10 logements sans avoir fait préalablement des travaux structurant le réseau routier existant (nouvelles voiries,…).

    […]

    Autrement dit, même en zone rouge, construire (des projets de plus de 10 logements) c'est à intredire (si des routes ne sont pas construites).

    Cette façon de faire de la politique ne me paraît pas juste. Ottignies-OLLN n'a pas les finances pour construire seule des routes et des ponts de grands gabarits. Si la région ne les construit pas, il n'y aura pas de grandes nouvelles routes supplémentaires. Dès lors, mettre cette exigence-là, c'est la même chose que de dire qu'il est interdit d'encore construire à OLLN. Or cette interdiction est impossible à réaliser (par 1, 10 ,100 logements, peu importe). Le conseiller le sait, pourquoi en fait-il une pétition ? N'est-il pas occupé à tromper le citoyen ?

    Il poste la pétition sur facebook pour inciter à la signer. Je réagis en disant qu'il lui a été répondu que son idée n'était pas légale et que je trouvais peu correct qu'il la repropose.

    Il me répond « ce n'est pas moi qui ait fait la pétition, ce sont des citoyens qui ne s'en sortent pas avec Internet, j'ai juste servi d'aide. » N'est-ce pas un gros mensonge puisque le texte est sur le site de la minorité ? http://www.olln20.be/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&cntnt01articleid=93&cntnt01lang=fr_FR&cntnt01returnid=64 Et ce serait vrai, cela ne me convaincrait pas : pourquoi n'a-t-il pas expliqué ce cela était impossible en l'état ? Moi je crois qu'on fait mieux de dire la vérité aux citoyens : impossible d'arrêter purement et simplement les constructions en zone rouge. Par contre, avoir une plus ou moins grande densité, c'est possible. 

    Ensuite, il faut expliquer aux citoyens différents objectifs à atteindre et avis à respecter :

    • on ne peut pas à la fois se plaindre que le prix des logements montent et empêcher d'en construire ;
    • on ne peut pas trouver que soi-même on n'est pas de trop, mais tous les autres après soi le sont ;
    • On ne peut pas trouver que soi-même on doit pouvoir faire des aménagements dans sa maison, mais les autres non ;
    • C'est délicat de trouver qu'il y a trop de voiture, et soi-même l'utiliser tout le temps ;
    • C'est peu respectueux que de dire que tous les nouveaux nés issus de l'augmentation de la population, n'ont qu'à aller vivre ailleurs. Et si en plus toutes les communes disent ma même chose ?

    Notre ville doit accepter que nous aurons une augmentation de la population. Maîtrisée via la densité, mais en augmentation. Et comme l'argent public est difficile à trouver, il ne faut pas rêver que la Région va construire beaucoup plus de routes… Nous devons donc construire dense près des gares, pour réduire la nécessité de voitures. Et chacun d'entre nous doit faire ce qu'il est possible pour moins utiliser la voiture. Certains appellent cela le souci des autres, générations actuelles et futures. D'autres appellent cela la solidarité de tous les humains sur cette planète. Voilà une vérité bonne à entendre !

  • #OLLN : Mon analyse du conseil communal du 10 novembre 2015

    Beaucoup de journaux sont d’accord : le fait marquant du Conseil communal du 10 novembre a été le revirement de la majorité.

    Dans le compte-rendu fait par la journaliste de la Ville, elle relate le fait en commentant ainsi : « La Une ne fait pas l’unanimité auprès des conseillers. Yolande Guilmot, pourtant de la majorité, […] »

    Au-delà du fait « fresque », l’élément marquant est qu’’exceptionnellement, la majorité a changé d’avis en conseil.

    D’habitude, la majorité a décidé avant la séance qu'elle voterait oui à ce qu'a préparé le Collège. La minorité a choisi avant la séance quand elle voterait non ou abstention sur certains dossiers. Le seul enjeu est d'expliquer le mieux possible sa position : la majorité en montrant qu'elle dirige et suis une bonne trajectoire; la minorité en montrant que tant l'objectif que la manière est mauvaise. Bien sûr, c'est caricatural, mais globalement vrai. Cette fois, cela a été différent !

    Venons-en au fait. Pour commémorer l’attentat aux bureaux de l’hebdomadaire « Charlie », le Collège a décidé de faire une fresque sur un mur de la maison de la citoyenneté à Ottignies. Le Collège a opté pour la reproduction d’une « une » de Charlie et a choisi celle représentant un magrébin (caricaturé, représentant sans doute un musulman), embrassant ce qui est censé être un journaliste « blanc » de Charlie Hebdo, avec le titre « l’amour plus fort que la haine ». Le point est passé en réunion de majorité avant le Conseil, le point a été survolé, sans que chacun ne voie l’image. Pas de réaction donc, on votera « pour ». La minorité, par la voix de Nancy Schroeders, critique le choix de l’image pour deux raisons (selon mon souvenir) : soutien trop explicite à Charlie Hebdo qui est en soi un journal critiquable et image peu en accord avec un message pacificateur. A ce moment, les conseillers qui n’avaient pas encore vu l’image se renseignent. Et certains se disent « non, cette image ne va pas », chacun pour ses raisons. C’est à ce point « fort » que la majorité risque de ne plus être majoritaire… Une suspension de séance est demandée, ce qui permet à la majorité de se parler pour se reformer et être à nouveau unanime. Il a fallu peu de temps pour qu’une nouvelle proposition soit faite : un concours pour la liberté d’expression, en mémoire des attentats de Charlie. La minorité a été pour le moins l’aiguillon qui a fait changer d’avis la majorité.

    Notez-bien, on parle de 3000 EUR, pas grand-chose. Mais une fresque a parfois un impact bien plus fort que quelques milliers d’EUR.

    Car justement, l’autre point fort du Conseil, c’était la modification du budget. Retenons ceci : avec les plus et les moins, le budget en bonni en début d’année, de 60.000 EUR, reste en bonni, mais de 5.000 EUR. Sur 41 millions. Il y a bien sûr eu des discussions sur quelques milliers d’EUR, mais là on parle un peu de queues de cerises… car la vraie info, c’est que le Fédéral versera TROIS MILLIONS, vous avez bien lu, de moins qu’initialement annoncé. Trois millions ! Responsabilité de la Ville : zéro. La minorité le reconnait. Comment est-ce possible ? Que le Ministère des finances n’ait pas tous les fonctionnaires pour collecter l’argent assez vite, c’est possible, mais ce qui est incompréhensible, c’est que la trésorerie remplace le budget ! Un mot d’explication :

    • Pour savoir ce qu’il peut escompter comme recettes, l’état estime le revenu de la particulière et entreprises (notamment avec la croissance économique) et en déduit ses recettes qui sont fonction du taux d’imposition.
    • La Ville décide d’un pourcentage à ajouter à l’impôt de l’Etat, 6,7% en l’occurrence. Ce montant prévu est (devrait être) le montant budgétaire.
    • L’Etat envoie ensuite les déclarations fiscales, les traite, puis envoie l’extrait et demande aux citoyens de payer.
    • Si l’Etat prend du retard dans le traitement de certaines déclarations ou dans l’envoi de certains extraits, certains citoyens payeront plus tard.
    • Dès lors, l’Etat aura une partie l’argent plus tard, et enverra aux communes plus tardivement une partie l’argent. Ceci est de la trésorerie.
    • Et la région wallonne oblige les communes à mettre à leur budget la trésorerie fédérale. Ahurissant.

    Il est urgent de changer les règles. Faute de quoi, gérer une commune deviendra impossible.

    Notons encore la prestation de serment d’un nouveau conseiller communal : Abdel Ben El Mostapha (bienvenue à lui) en remplacement de la très appréciée Carine Swinnen. Et notons aussi la question de Cédric Jacquet de la liste unique pour l’inscription des enfants dans les crèches dont la solution n'est pas si simple que cela : ceux qui veulent en savoir plus liront le toujours bien fait compte-rendu de la journaliste de la Ville : http://www.olln.be/fr/conseil-communal.html?cmp_id=28&news_id=29653&vID=1