• #OLLN Le Conseil communal du 3 décembre 2012 : ce que j’en retiens

    A part les actes administratifs, il y a eu un point de débat : celui autour de la déclaration de politique générale.

    Le Bourgmestre a lu la déclaration, que vous trouverez ci-dessous. Je la résumerais ainsi :

    •  plutôt que de vous faire maintenant un catalogue de nos priorités et projets, je vous annonce qu’on va mettre 6 mois pour établir un plan stratégique transversal ;
    • le plan stratégique, une nouveauté, va dire, non seulement l’objectif qu’on veut atteindre, mais également les moyens qu’on va attribuer pour atteindre l’objectif et comment l’administration va s’y prendre ;
    • ce plan stratégique va être établi avec la participation du plus grand nombre ;
    • il faut forcément du temps pour le faire, notamment pour que la participation puisse se tenir et que l’administration puisse établir son plan de travail et évaluer les moyens dont elle a besoin ;
    • parmi les objectifs à atteindre, il y a le logement, qui doit être abordé de manière transversale.

     La minorité a tiré à boulet bleu en disant :

    ·         que la majorité ne proposait rien de précis ;

    ·         que la majorité n’entendait pas « le cri du citoyen qui demande un changement » ;

    ·         qu’on perdait du temps (6 mois pour ne faire qu’un plan) au lieu d’agir ;

    ·         et que si on manquait d’idée, on pouvait aller en chercher chez eux.

    Mon sang n’a fait qu’un tour. J’ai d’abord rappelé à la minorité qu’elle ne manquait pas d’air : elle baisse électoralement alors que les autres partis montent, et elle ose prétendre qu'elle sait bien que « les citoyens crient pour un changement » et q'elle représente le changement souhaité.

    Je leur ai ensuite dit qu’ils étaient dans une situation bien confortable : pendant 6 mois ils seraient sollicités à donner leurs bonnes idées pour le plan stratégique transversal, ils pourraient faire des contre-propositions et ils pourraient enfin voter ce qu’ils veulent à l’issue du processus. Nicolas Vandermaeren a déclaré être intéressé par cette ouverture à participer. Il s’agira pour la majorité de ne pas le décevoir et de tenir nos promesses de participation !

    Je leur ai aussi rappelé qu’ils critiquaient à tord et à travers. Par exemple il y a 6 ans ils avaient dit que la déclaration faisait 12 pages et qu’il y avait beaucoup trop de priorités : point de cela cette fois-ci. Ils avaient aussi  dit qu’il y avait trop de’ « poursuivre et amplifier » : un seul dans le titre cette fois-ci. Et ils avaient dit qu’il n’y avait pas assez d’objectifs précis et chiffrés. Il n’y en a pas maintenant, mais on en promet pour dans 6 mois. Le Bourgmestre a confirmé en disant que la majorité prenait des risques car en annonçant des chiffres, la majorité sera plus vulnérable, les critiques pourront être plus précises.

    Le PS, par la voix de Jean-Marie Paquay, a souligné l’importance de positionner le travail de la législature qui doit être compatible avec un bien-être à plus long terme. Je suis bien d’accord avec lui : il ne faut pas que le bien-être des 6 prochaines années soit payé majoritairement pas des emprunts, créant une dette que les générations futures devront payer, il ne faut pas non plus que nous consommions les réserves accumulées par la nature (pétrole, gaz, métaux, fertilisants…) sans penser à en laisser aux suivant.

    Le CDH, par la vois de Marie-Pierre Lewalle et Monique Minsenga ont insisté sur l’intégration des différentes personnes et cultures d’origines diverses, le logement pour tous.

    Patrick Piret-Gérard a insisté sur l’écoute et la disponibilité des échevins. Yolande Guilmot lui a répliqué qu’il n’avait pas le monopole de l’écoute. Je suis persuadé que ce point fera encore l’objet de longs débats.

    Comme médecin, et comme habitant, Patrick voit sans doute pas mal de monde dont une partie se plaint. Sa conception de la politique, honorable, est que l’Homme politique a un rôle de proximité : les citoyens s’adressent entre autre à l’échevin, qui relaye vers les services : « Face aux critiques ma "prise en charge" du problème consistait en : 1/ enregistrer le problème 2/ tâcher d'y répondre par de l'information […] puis 3/ prendre rapidement contact avec [le] directeur du service travaux pour répondre à des situations posant problème ! […] C'est sûr tout cela demande un engagement, une écoute et de la disponibilité de la part des élus à l'Exécutif qui sont les relais de la population vers les services et leurs responsables avec qui ils doivent agir en concertation...! » Cette façon d’envisager la politique n’est ni bonne, ni mauvaise, il y en a une autre qui est de dire que les citoyens ne doivent pas passer par le politique, que c’est trop clientéliste, qu’ils ont droit à un service à traiter en direct entre eux et l’administration, le politique étant là pour arbitrer les moyens mis à la disposition et pour évaluer, et pas à se rendre indispensable comme intermédiaire. Evidemment, la réalité est entre les deux conceptions. Mais au Conseil, et sur facebook, et c’est bien normal, on aura encore de longs débats sur le fait que la majorité n’est pas assez proche, pas assez à l’écoute et nous répondrons que nous le sommes, et que nous privilégions le contact entre l’administration et le citoyen… Passez ce dialogue de sourd en boucle, vous avez une partie du Conseil communal. Voir http://www.facebook.com/groups/309694715717574/permalink/492400874113623/

     

    Annexe : la déclaration de politique générale

    POURSUIVRE ET AMPLIFIER DANS UN NOUVEL ELAN LE DEVELOPPEMENT D’UNE VILLE CITOYENNE, SOLIDAIRE, DURABLE ET PARTICIPATIVE

    VERS UN « PROGRAMME STRATEGIQUE TRANSVERSAL » POUR LA MANDATURE 2012-2018


    3 décembre 2012

    En début de mandature, il est devenu de tradition que le Collège communal présente au Conseil nouvellement installé sa déclaration de politique générale.
    Comme nous l’avions déjà annoncé publiquement, notre volonté est de nous doter pour les six prochaines années de cette nouvelle mandature d’un « programme stratégique transversal ».

    Un programme stratégique transversal pour une gouvernance participative, efficace et prospective
    Ce programme stratégique transversal s’appuiera sur un diagnostic, duquel sera dégagée une stratégie qui, elle-même, sera déclinée en un programme d’actions hiérarchisées et budgétisées, réparties sur les six années de mandature ; le tout faisant l’objet d’un contrat d’objectifs avec l’administration.
    Ce document se voudra plus précis et plus opérationnel que la déclaration de politique générale. Pour ce faire, nous nous donnons un délai de six mois.
    L’élaboration de notre programme stratégique transversal sera l’occasion d’évaluer notre mode de gouvernance et de participation citoyenne. Il y sera question de l’efficacité de la chaîne de décisions, de l’efficacité de l’administration, de la relation entre la population et le Collège. Bref, il s’agira de formuler, de préciser, d’amender notre mode de fonctionnement au quotidien et de nous donner de nouvelles balises en matière de gouvernance et de participation citoyenne pour cette mandature.
    Cette gouvernance, nous la voulons participative, efficace et prospective. En raison de la complexité croissante des dossiers, en raison de leur nature et de la manière dont nous voulons les appréhender et les traiter, la transversalité est une dimension qui doit faire partie intégrante des pratiques administratives. Il est du reste à signaler que l’approche transversale est une des données importantes des modifications induites à la suite de l’audit général des services administratifs qui a été effectué. Telles sont les raisons pour lesquelles nous souhaitons nous engager au travers d’un tel programme stratégique transversal.

    Relever le défi du logement dans une ville attractive et toujours plus agréable à vivre
    Au cours de ces dernières années, la Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve s’est transformée en profondeur. Dans les années qui viennent, ce développement va se poursuivre. La majorité a pour ambition de continuer à anticiper et à maîtriser ce développement et de poursuivre et amplifier son action au service du bien commun.


    La réussite du développement de la ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve se manifeste concrètement par la très forte attractivité qu’elle exerce à tous points de vue, tant sur le plan de l’emploi que de l’enseignement, de la culture, des sports ou des loisirs. Cette attractivité s’exerce tout autant en matière de logement. On veut habiter notre ville. Rançon de ce succès : il devient très difficile de s’y loger. Les prix de vente et de location très élevés contraignent des habitants à quitter notre commune et des travailleurs à s’éloigner de leur lieu de travail.

    Nous voulons relever le défi du logement en l’intégrant dans une approche globale d’un projet de ville à taille humaine qui veille avant tout à la qualité de la vie et des services disponibles, et cela en créant les conditions optimales à l’épanouissement de chacun et en veillant à la convivialité, à la propreté, à la sécurité ainsi qu’à la qualité des espaces publics.

    Durant les six prochaines années, les nouveaux logements seront prioritairement localisés dans nos deux centre urbains : d’une part dans l’hyper-centre d’Ottignies et d’autre part au Nord du quartier de Lauzelle, dans le quartier de Courbevoie et à côté de la grande Aula.

    Nous voulons relever le défi du logement et des nouvelles formes de l’habiter

    o en menant des politiques créatives et innovantes en matière d’aménagement du territoire et de politique foncière en concertation avec tous les acteurs ;

    o en continuant à anticiper tout particulièrement l’arrivée du RER et en en gérant les conséquences sur la mobilité, le logement, la pyramide des âges et l’environnement, sur l’ensemble de la Ville et plus particulièrement autour des gares ;

    o tout en conservant un tissu urbain convivial et un cadre de vie harmonieux pour toute la population.

    Cela implique de poursuivre l’essor de la Ville en tant que pôle culturel, d’enseignement, de développement économique, sportif, de tourisme et de loisirs.

    Nous accorderons une attention toute particulière à l’accueil de la petite enfance et des aînés (sachant que le vieillissement de la population constitue un des grands défis des années futures), aux initiatives qui favorisent la rencontre inter-générationnelle, la mixité sociale, l’inter-culturalité et la lutte contre l’exclusion sociale. Dans le contexte de crise que nous traversons, la fracture sociale risque de s’approfondir ; il s’agira d’y accorder la plus grande attention.

    Des valeurs pour guider l’action


    Ces préoccupations s’inscrivent dans des valeurs qui continueront de guider notre action. A commencer par la solidarité. Solidarité des citoyens au sein de la communauté locale, solidarité entre les générations, solidarité entre les peuples.


    Ces valeurs continueront d’imprégner notre action en faveur d’une ville tolérante, ouverte et solidaire. A ce titre, nous continuerons de veiller à la mixité sociale de notre ville.


    L’exigence éthique se doit d’être omniprésente dans toutes les dimensions de la bonne gouvernance que nous souhaitons poursuivre. Au service de l’intérêt général. Et également afin de garantir et d’améliorer constamment la qualité et le professionnalisme des services publics aux citoyens. Dans le cadre à la fois de la réorganisation des services administratifs et du contrat d’objectifs, nous affinerons, avec l’administration, une charte des valeurs de l’administration.
    Nous inscrire dans une perspective de moyen et de long termes
    Nous vivons dans un monde en pleine mutation. Les perspectives d’avenir sont faites de risques, de menaces et d’opportunités. Les difficultés économiques, le défi climatique, la pénurie énergétique, les difficultés d’accès aux ressources naturelles, la mondialisation, les technologies de l’information et de communication, l’augmentation de l’écart de statut social entre citoyens, font partie de ces données qu’il nous appartient d’intégrer, autant que faire se peut, dans nos décisions d’aujourd’hui au niveau local. Il y sera question d’accès aux droits sociaux et culturels fondamentaux, de technologies, de modes de déplacements, d’utilisation de l’espace, de modes d’habiter, de comportements de consommation. Dans tous ces domaines, le niveau communal peut sensibiliser, agir et anticiper.
    Le contexte national et international est incertain. La crise financière est bien là. La mondialisation n’a pas encore trouvé les équilibres et mécanismes régulateurs indispensables qui permettraient d’éviter, par exemple, les délocalisations. Ce contexte doit nous inciter à la vigilance : même dans une région assez épargnée comme la nôtre, la pauvreté et la précarité sont des réalités que nous devons continuer à intégrer dans nos politiques. En même temps, notre ville est en plein développement. Avec une population jeune, avec une université au rayonnement international et un tissu économique à la pointe des technologies, avec un RER qui renforcera notre liaison avec Bruxelles, la Flandre et le reste de la Wallonie, avec une tradition interculturelle et participative particulièrement riche, notre ville dispose d’atouts exceptionnels pour relever les défis d’une société en mutation.
    Notre responsabilité est d’apporter des réponses aux questions qui se posent ici et maintenant. Mais ces réponses doivent s’inscrire dans une perspective de moyen et de long termes.
    Comme durant la mandature précédente, l’ensemble de notre politique s’appuiera sur les atouts dont nous disposons et continuera à être conçue dans une perspective d’innovation, de développement durable et de cohésion sociale, servant de fil conducteur et de catalyseur de toutes les politiques menées.

  • Le monde des pastèques ou des myrtilles ?

    Pierre Radanne, un humaniste visionnaire nous dit : « nous sommes en face d'un conflit titanesque entre un monde des pastèques et un monde des myrtilles. Le monde des pastèques, c'est le monde des grandes multinationales, des grandes entreprises, des Etats forts. De l'autre côté, celui des myrtilles est fait de plein de petites choses. » (http://www.alternatives-economiques.fr/un-defi-pour-la-democratie_fr_art_1134_57821.html )

    pasteque_myrtilles.jpg

    Appliqué au domaine de l’énergie, on voit que le monde des myrtilles est plus adapté : « La moitié des émissions de gaz à effet de serre est issue des ménages privés, par leur choix de chauffage, d'isolation, d'alimentation, bref par leurs comportements. Pour répondre aux objectifs environnementaux, il est donc nécessaire de transformer les habitudes d'un nombre considérable d'acteurs. […] Les économies d'énergie se réalisent forcément en mettant bout à bout une multitude de petites choses. Contrairement à la France [pastèque], l'Allemagne [myrtille] fonctionne d'une manière très forte par la subsidiarité en mobilisant les acteurs en présence. »

    Qu’en est-il de la Belgique ? Nous venons du monde des pastèques avec un paysage énergétique électrique dominé par Electrabel, et, grâce notamment à la libéralisation, à la régionalisation et aux politiques de soutien aux énergie renouvelables et aux politiques d’économie d’énergie, nous nous dirigeons progressivement vers le monde des myrtilles.

    Le monde des myrtilles n’est pas automatiquement un monde réussi en matière énergétique. Chacun peut très bien, dans ce monde, consommer trop. Le monde des myrtilles doit être accompagné d’une vision fédératrice à laquelle chacun a envie de collaborer. Pierre Radanne a réussi ce pari : « nous avons donc besoin d'entrer dans une démocratie de " co-construction ". Dans le cadre d'une planification à l'horizon 2050, nous devons rassembler l'ensemble des collectivités, des acteurs sociaux (syndicats, associations…), des grandes entreprises et des particuliers pour élaborer un projet collectif, ensuite mis en débat. Au sein de l'agglomération de Toulouse, j'ai mené une démarche de co-construction du plan climat-énergie avec 500 participants réunis en ateliers. Une pratique encore rare au sein des collectivités locales. » La démarche OLLN 2050 est donc bien fondée, si néanmoins elle aboutit sans traîner vers des stratégies multi-acteurs, notamment en matière de réduction drastique de la consommation énergétique.

    Cette vision a de plus l’avantage de la solidarité. En France comme en Belgique, « plus on est pauvre et plus le poids de l'énergie dans le budget est important, car on a souvent des logements et des véhicules moins économes, quand ce n'est pas simplement un accès plus limité aux centres-ville pour aller travailler. Comment isoler son logement si on n'a pas de capacité d'emprunt ? [… Il faut] s'occuper de la précarité énergétique. » En réalité, les moins riches consomment moins d’énergie, mais ils ne savent pas seuls descendre en dessous d’un certain seuil, notamment parce que pour descendre en dessous de ce seuil il faudrait investir.

    Il existe des mesures politiques qui permettent de réaliser des investissements sans frais (http://energiebw.be/WordPress/?page_id=118 ). Mais à Ottignies –LLN cela ne fonctionne pas bien (à ma connaissance, aucun dossier introduit). Probablement que l’information n’a pas été suffisante, mais même avec une bonne et plus importante information, ce ne sera pas suffisant. Il faut utiliser des théories du changement social (http://www.etopia.be/spip.php?article839 ) pour arriver à avoir un impact à la hauteur des enjeux.

    A mon sens, il serait justifié et intelligent d’inclure ce point dans le futur plan stratégique transversal, d’autant que cela concerne le logement !