Actualité

  • Le pessimisme comme mode d’exister

    Le monde n’est pas parfait, c’est évident.

    Cette imperfection ne m’empêche pas de dire qu’en Belgique, on est bien : éducation, santé, solidarité, terres agricoles, entreprises… Nous avons d’incroyables opportunités et des services magnifiques comparés à la majorité des pays de la planète.

    En Brabant, wallon, on a tout et en plus la verdure, les paysages.

    Et à Ottignies-LLN, c’est vraiment presque le paradis : en plus de toutes les richesses du Brabant wallon, on a le train, les bus, des cinémas, des théâtres, une piscine, des bois accessibles, une université, une administration du tonnerre, deux maisons des jeunes une piscine en plein air, des tas d’associations... Ce n’est pas pour rien que la commune se trouve chaque fois en tête du classement des communes du bien vivre.

    Et il se passe des chouettes choses, comme des scouts qui viennent faire des activités. Du coup, les habitants sont contents et l’expriment.

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    Une persone, Carla Favero, réagit. Cette personne doit absolument dire qu’on n’est pas si bien que cela. Cette personne prétend qu’Ottignies meurt.

    Sur les 19 commentaires concernant les scouts, un seul parle d’Ottignies qui soi-disant se meurt et ce commentaire a obtenu 27 réponses !

    Je me demande si ce n’est pas une stratégie : se plaindre, dire des contre-vérités comme « Ottignies se meurt » [ un centre commercial « Douaire », un centre culturel, la ferme du Douaire, les fêtes de Wallonie, les Art d’hivers, le marché du vendredi, le salon Biovitis, le centre-ville qui se construit, des restaurants, des cafés…j’en passe et des meilleures, énormément de centre-ville aimeraient être comme Ottignies], cela permet d’attirer l’attention sur soi, soit ce ceux qui sont d’accord, soit ce ceux qui sont contre.

    La même personne s’était plainte du déménagement de la maison de l’emploi à LLN, prétendant que c’était encore une fois « tout pour LLN ». Elle a préféré se plaindre sur Facebook plutôt que de se renseigner. Si elle l’avait fait, on lui aurait répondu que c’était temporaire, le temps d’aménager d’autres locaux dans la Mégisserie à Ottignies. Bien que sa mauvaise interprétation (due à une communication incomplète de la maison de l’Emploi) lui ait été renseignée sur Facebook, elle a poursuivi et amplifié sa plainte. Résultat des courses : 166 commentaires. Là aussi, cette personne peut s’être sentie au centre des communications, quand bien même certaines informations étaient partiellement ou tout à fait fausses. L’important n’est plus l’information exacte, mais le fait d’être au centre des échanges. Et pour y arriver, cette personne a décidé de se plaindre, même si cela n’est pas justifié, ou si ce l’est, il faut d’abord et avant tout relativier en se rappelant qu’on est vachement chanceux en Belgique, dans le Brabant wallon, à Ottignies.

    Le problème, c’est que ce pessimisme déteint. Une étude de l’ULB le démontre : les « fake news », informations fausses ou manipulées, sont difficiles à ignorer même lorsqu’on sait qu’elles sont inexactes. Elles influencent ainsi le jugement et la mémoire de l’être humain.

    LES FAUSSES INFOS « ABSORBÉES »

    « La mémoire agit comme une éponge qui absorbe les informations fausses et les transforme en informations vraies. Il est donc difficile d’avoir un jugement critique efficace quand on est confronté en permanence à des fake news », explique Olivier Klein, cité dans le communiqué.

    L’expérience des chercheurs est expliquée dans une vidéo mise en ligne et les chercheurs proposent également aux internautes de se tester via le site http://cescup.ulb.be/JugezEtienne . [Métro, 17 avril 2018]

    Ne nous laissons pas abattre par des gens pessimistes, qui répandent de fausses idées. S’ils recherchent de la reconnaissance, dans le même temps ils détruisent notre qualité de vie.

  • Que pensent les citoyens d'un changement de redevance pour leurs déchets ?

    Zero Waste France, association française engagée depuis plus de 20 ans pour une gestion plus durable et circulaire de nos déchets sur l'ensemble du territoire, mène actuellement une étude sur la tarification incitative pour les déchets ménagers (taxe au sac ou au poids par exemple). Zero Waste France s'intéresse tout particulièrement à l'acceptation ou au contraire l'opposition des citoyens à ce genre de mécanismes incitatifs dans la gestion des déchets.

    Zéro Waste est donc à la recherche d'informations concernant les réactions des citoyens wallons lorsque des mécanismes de tarification incitatifs ont été mis en place.

    Etopia a publié une étude, que j’ai réalisée, sur les déchets ménagers en Wallonie et sur Bruxelles. Zéro Waste se demande si j’ai pu avoir accès à des documents qualificatifs sur la perception de la tarification incitative chez les citoyens.

    Cela fait environ 20 ans que je travaille (épisodiquement) sur ce sujet. J'étais consultant en environnement, et je préconisais de passer au sac payant en 1996... et la réponse des décideurs était déjà : "oui, mais les gens ne vont pas l'accepter". Et quand je disais "mais en Suisse ils le font", la réponse était "ici, la mentalité est différente".

    La quasi totalité des municipalités sont passées au sac payant ou à la poubelle pesée quand elles ont été taxées par le pouvoir central sur un excès de déchets par rapport au taux de production auquel on arrive avec un sac payant (sac libre 350 kg/hab/an, sac payant 160 kg/hab/an, taxe sur la commune pour les kilos au-delà de 200 kg/hab/an).

    Je ne pense pas qu'il y ait eu d'étude à proprement parlé, j'ai un souvenir précis de journalistes demandant aux citoyens "et vous trouvez cela bien, le sac payant ?", et les/des personnes de répondre "c'est quand même plus juste, avant je payais pour les autres", ce qui a surpris les mandataires.

    J'ai encore deux anecdotes :

    a) une municipalité est passée à la poubelle à puce (pesée donc) l'année des élections. La majorité a progressé en % de voix et d'élus.

    b) la question est souvent "mais n'y aura-t-il pas plus de dépôts sauvages ?". L'expérience dit que non, et encore moins avec la poubelle pesée car le contrôle social est encore plus fort.

    J'en viens à la question : y a-t-il des études sur l'acceptation ? Je pense que non, et ce pour plusieurs raisons :

    1. une étude préalable est biaisée. On sait que les humains sont résistants aux changements. Si on pose la question "voulez-vous changer d'habitude ?", on connait déjà la réponse des non-militants. Les autorités publiques hésitent à dépenser de l'argent pour savoir cela. Evidemment, on peut poser la question différemment : "sachant que vous produirez moins de déchets et que cela vous coûtera moins cher, voulez-vous une poubelle pesée ?", le résultat sera déjà différent.
    2. De toute façon, on parle de fiscalité/redevance, et faire une enquête préalable sur le sujet est très risqué. Donc pas fait (à ma connaissance).
    3. Et enfin, certains en font un programme politique, là aussi c 'est un frein à une enquête préalable.
    4. On pourrait alors faire une enquête à postériori : les gens l'acceptent-ils ? Mais pourquoi faire une enquête payée par les pouvoirs publics qui n'influencera rien ?
    5. Avec la difficulté suivante : que mesure-t-on ? Une fois que les gens ont posé un acte (ici : utiliser la poubelle pesée ou le sac payant) parce qu'ils doivent le faire, ils vont justifier leurs actes en disant qu'ils trouvent que c'est une bonne idée (à cause de la dissonance cognitive).
    6. Bien plus intéressant pour les décideurs est le taux de fraudeurs. Il est de plusieurs ordres :

    6.1) les dépôts clandestins : ils n'ont pas augmenté entre "avant une fiscalité/redevance incitative" et "après", ils ont même diminué avec la poubelle pesée car on a envoyé des agents chez ceux qui n'avaient pas de déchets sur leur facture en leur demandant comment cela se faisait... Les déchets sont réapparus !

    6.2) les déchets mal triés. Dans la poubelle pesée, la poubelle des organiques est moins chère que la poubelle du tout-venant. Très tentant de faire glisser du tout-venant dans l'organique. Il y a un contrôleur qui met un mot dans les boites puis qui passe chez les récalcitrants. Le taux est redevenu excellent.

    Les seuls décideurs vraiment intéressés par le taux d'acceptation, c'est... Zéro Waste ! Ceux qui veulent convaincre que le nouveau système proposé ne pose pas de problème d'acceptation.

    En plus, il faudrait faire une étude par public cible : les vieux ou les jeunes/les femmes ou les hommes/ les habitants en appartement ou en maison...

    Les plus grandes réticences politiques viennent des petites maisons/appartements. Dans la pratique, il n'y a aucune plainte de ces habitants.

  • #OLLN : Décrypter l’ordre du jour du conseil communal du 24 avril 2018

    On commencera à 19h45, une demi-heure plus tôt que d'habitude, par DEUX ! interpellations de citoyens :

    1. Thierry Bourgeois nous parlera du rôle des communes en cas d'accident nucléaire. Il nous a par ailleurs proposé une motion à envoyer au fédéral pour dire que la Ville souhaite que la Belgique sorte du nucléaire.
    2. Philippe Vandenberghe, ayant été touché par les attentats du 22 mars à Bruxelles et étant reconnu bénéficiaire du statut de solidarité nationale, demandera ce que la commune peut faire pour les victimes.

    L’ordre du jour est ici : http://www.olln.be/documents/hotel_de_ville/conseil-communal/ordre-du-jour/oj180424.pdf  et les projets de décisions qui nous sont soumis sont consultales ici : http://www.olln.be/documents/hotel_de_ville/conseil-communal/proces-verbaux/2018-04-24-projet-de-pv-public.pdf

    Il y a 37 points à l'ordre du jour public (un point ajouté). Les points importants selon moi sont :

    Le point 7 concerne un recours contre un centre commercial à Wavre face à Walibi. L’ancien centre Philips est proposé pour une reconversion en centre commercial, dans un zoning industriel. Plusieurs instances s’y sont opposées, car les commerçants de Wavre et d’Ottignies risquent d’être préjudiciées. Le Ministre l’a pourtant autorisé. La Ville d’Ottignies pense qu’il y a des erreurs de procédure et le Collège demande l’autorisation de contester ce permis devant le Conseil d’Etat.

    Le point 11 concerne une motion sur la privatisation de Belfius. Dexia était en partie la propriété des communes (via le Holding communal), et était un opérateur très intéressant pour celles-ci. En effet, Dexia connaissait bien les communes et était un prêteur attentionné. Les folies des grandeurs de Dexia ainsi qu’une gestion casino du Holding communal ont amené le holding communal à la faillite. L’état fédéral a sauvé la partie « banque » en y injectant 4 milliards, qui est devenue « Belfius ». Aujourd’hui, l’Etat fédéral veut revendre Belfuis. Nous pensons en premier lieu qu’il faudrait conserver une banque publique. S’il faut revendre, alors nous estimons que les communes, qui ont également participé au sauvetage de Dexia, doit en tirer une partie des bénéfices.

    Aux points 15 et 16, la Ville veut mettre en Oeuvre un Sol entre Mousty ET Céroux (Haut de la Croix Thomas) ; En effet, il reste des terrains à bâtir en zone rouge. Plutôt que de traiter terrain par terrain, la Ville veut avoir une vue d’ensemble. Avant de commencer le projet, les habitants seront sollicités pour donner leur avis.

    Une photo précise de l'emoprise du SOL est ici :

    conseil communal,olln

    Au point 17, il s’agit d’accepter la création de voirie rue du Corbeau. Une firme française a racheté des terrains de ce qui fut anciennement une décharge, près de la ferme de la Balbrière. Elle va y construire 24 appartements et 20 maisons, des voiries et un espace vert public. Cela passe en Conseil communal car lorsque tout sera terminé, la Ville devra reprendre les voiries et l’espace vert : il s’agit de ne pas acheter (recevoir) un chat dans un sac !

    Au point 19, on va traiter du cahier des charges pour la rénovation des écuries de la ferme du Biéreau. Enfin ! Cela coutera quand même de l’ordre de 250.000€ à la Ville.

    Au point 20, on va accepter d’agrandir l’école de La croix. On fera un bâtiment passif. Très bien.

    Aux points 24 à 26, on traitera de tout ce qui tourne autour du festival de la BD.

    Enfin, au point 34, l’échevin nous fera le rapport sur les émissions de CO² de l'administration communale. Un premier chiffre : on a réduit de 19% les émissions. Remarquez, c’est un bon début, on doit arriver à -90% en 2050 !

  • Est-ce qu'un accord pré-électoral public est démocratique ?

    Le MR d'Ottignies-LLN est très fâché sur l'accord pré-électoral public. Examinons les arguments du MR prétendant que l'accord pré-électoral n'est pas démocratique (les numéros entre parenthèse renvoient aux arguments qui se trouvent dans le communiqué de presse du MR repris en annexe).

    • Le MR estime anti-démocratique d’exclure de la future majorité, à l’avance, par un accord préélectoral sans vote préalable des citoyens (1), le plus gros groupe (5) , qui a gagné le plus de siège (12).
      • Quant au plus gros groupe qui est exclu : est-ce bien au MR d'utiliser cet argument ? Que penser alors de l’accord préélectoral que le MR a conclu avant à Ottignies en 1988 (ils ont exclu le plus gros groupe de l’époque, le PSC de Yves Du Monceau, en signant avec le PS de Valmy Féaux). En réalité, le MR dit lui-même que « nous admettons que le système de la représentation proportionnelle permette des majorités alternatives à celle constituée par le parti le plus plébiscité. »
      • Quant au principe d’un accord préélectoral soit-disant non démocratique, qui se fait par définition avant que les citoyens ne votent : là aussi, est-ce bien au MR d'utiliser cet argument ? Que penser de tous ceux signés par le MR à OLLN, en 1988 et 1994 à Ottignies-LLN ou encore actuellement en Wallonie et à Bruxelles ? Que penser de l’accord préélectoral du MR avec le PS à la province conclu il y a peu ? L'argument qui prétend qu'un accord pré-électoral public est peut-être plus démocratique qu'un accord signé le soir des élections est celui-ci : l'électeur sait à l'avance ce qui arrivera avec son vote et il peut avoir une stratégie en tenant compte de cette information. Si non, son vote est confisqué par les partis qui négocient une majorité sans que l'électeur n'ai plus rien à dire. Cela me rappelle quand Ecolo avait gagné les élections régionales en 2009. Il était passé de 12% à 20%, et avait signé avec le PS et le CDH. Beaucoup d'électeurs ont écrit à Ecolo : "on a voté pour vous mais pas pour que vous alliez avec le PS", PS qui était embarqué dans les affaires. cette histoire contribue à montrer que dire les intentions d'accord est plus démocratique.
      • Quant au fait que les citoyens n’ont pas choisi cette alliance-là par un vote : C’est une remarque pertinente, mais chaque fois que le MR fait une alliance préélectorale, il ne demande pas au préalable l’avis de la population. Par ailleurs, ce ne serait pas une mauvaise idée de le faire, mais comment l’organiser ? Organiser 6 mois avant les élections, une élection pour dire quel parti devrait s’allier avec quel autre parti ? Sans connaître les programmes, ni les candidats ni le rapport de force entre ceux-ci ? Intéressant mais pas réaliste, (d’ailleurs, le MR ne le fait nulle part).
      • Quant au fait que le MR a gagné le plus de siège, entre l’élection de 1995 et l’élection de 2000, c’est plus ou moins vrai, tout en concédant qu’ils étaient passé d’une liste MR à une liste de cartel MR additionné à une partie du PSC. Mais depuis l’élection de 2000, ils perdent des voix et des sièges ! Ils sont passés de 45 % à 34 % ! Avec cet argument, ils devraient trouver très démocratique de rester dans l’opposition puisqu’ils n’arrêtent pas de perdre les élections.
    • Le MR estime injuste et anti-démocratique de se battre contre trois listes (3).
      • D’abord, ce ne seront pas trois, mais quatre, cinq ou six listes : Ecolo, PS, CDH (Avenir), DéFI, liste citoyenne LOCAL.E, PTB… Chacune va essayer de capter le plus de voix possibles, pour renforcer son pouvoir dans la majorité, dans la minorité, au conseil…
      • En temps de parole, en budget et en accès au débat, le MR estime que la majorité ne devrait pas avoir plus que le MR. Disons alors que la majorité ne devrait pas avoir plus que la minorité. Le MR devant se mettre d’accord et partager l’espace et le temps avec DéFI, la liste citoyenne, le PTB, une éventuelle liste d’extrême droite…
      • Et encore, ce n’est pas si simple, l’accord préélectoral dit que les 3 partis signataires sont prêts à s’ouvrir à un quatrième parti qui partagerait ses grands axes programmatiques. Imaginons qu’avant ou après le vote d’octobre, la majorité s’ouvre à un ou deux autres partis… Comment fait-on dans ce cas pour, avant les élections, gérer le temps de parole, l’affichage, le budget de la majorité et de la minorité ?
      • Sans compter la difficulté démocratique à constituer une liste du bourgmestre avec trois partis : combien de places pour les candidats de chaque parti : 1/3, 1/3, 1/3 alors qu'il y a actuellement 10 Ecolos, 5 CDH et 4 PS ? A la proportionnelle des élus ? Mais alors c'est présupposer que les votes changeront peu, ce qui n'est pas vraiment une idée démocratique. 
      • Et si il y a l'obligation morale de faire une liste de majorité, pourquoi pas la même obligation de faire une liste de minorité ? Avec les mêmes difficultés que mentionnées ci-dessus.
    • Le MR prétend que l’alliance électorale n’est pas basée sur un projet de ville (2)
    • (ceci n'a plus trop à voir avec le débat sur un accord préélectoral) Le MR prétend que la majorité impose ses vues, sans respect pour l’opposition (6). Par contraste, le MR prétend qu’il défend des points de vue nuancés (7) et les dérapages de la majorité sont dénoncés sans agression (8). C’est surtout Ecolo qui ne supporte pas la contradiction (11).
      • Si Ecolo était si « dictateur », pourquoi deux autres partis s’allient-ils avec lui ? Rien n’empêche le CDH et le PS de s’allier avec d’autres. Pourquoi choisir le pire ?
      • Si le MR était si intelligent, si nuancé et si peu agressif, pourquoi le PS et le CDH ne s’allient-ils pas avec le MR ? Pourquoi ne choisissent-ils pas le meilleur ?
    • Le MR prétend que le seul but de l’alliance est de donner le mayorat à Ecolo (9), alors qu’Ecolo n’est pas le 1° parti, et ce depuis 1989 (10).
      • On constate bien que dans un même communiqué, le MR dit que le bourgmestre ne doit pas nécessairement être issu du plus gros parti, mais critique Ecolo de ne jamais avoir été le plus gros parti et d’avoir eu le mayorat… Puis-je suggérer au MR d’être conséquent et de ne pas se contredire ?
      • Pourquoi le PS et le CDH auraient-ils pour but de vouloir absolument donner le mayorat à Ecolo ?
      • La critique du MR est à comprendre autrement : Ecolo ne veut pas s’allier avec le MR car il perdrait le mayorat (ce n’est donc pas le but de l’alliance mais le but d’Ecolo). Ma réponse : depuis qu’Ecolo est allié avec le PS et le CDH, il monte électoralement, il réalise une partie de son programme et se plaît avec ses partenaires : qui conseillerait à Ecolo de modifier sa stratégie ? Et en quoi est-ce scandaleux et anti-démocratique ?

     

    Quels sont les arguments du MR auxquels je n’ai pas répondu ? Et si j’ai répondu à tous les arguments, lesquels restent-ils où l’on se dit « le MR a raison, d’ailleurs lui n’a jamais fait ou ne fait plus comme cela » ? Je ne vois pas. Bien sûr je ne suis pas objectif, tout comme les élus du MR, mais sincèrement, en essayant d’être rigoureux, je ne vois pas.

     

    Il n’y a donc aucun élément à ce point grave que cela méritait de ne pas venir au conseil communal.

     

    Je concède volontiers qu’il n’est pas agréable d’être relégué en minorité (prolongée) : en quoi cela justifie-t-il de ne pas venir au conseil communal ? A Wavre, cela fait 30 ans que le MR est en majorité (absolue), cela justifierait-il que les élus Ecolo n’aille plus au Conseil communal sous prétexte qu’ils n’ont pas beaucoup de chance d’arriver en majorité aux prochaines élections ? Que doivent penser les électeurs MR de leurs élus qui, boudeurs, ne viennent pas les représenter parce que le risque est grand pour eux de se retrouver dans la minorité ?

     

    En dehors des arguments du MR, y a-t-il des arguments qui plaident contre ou pour un accord préélectoral ? Merci de les signaler en commentaire, pour faire progresser la réflexion.
    NB : les commentaires se ferment automatiquement après un mois, envoyez-moi un email, je peux les réouvrir manuellement.

    18/3/2018. Baptiste s'inquiète qu'un accord préélectoral ne prendrait pas directement en compte les résultats de l'élection. Il a raison : pour qu'un accord préélectoral soit démocratique, il faut que le résultat de l'élection ait une influence sur l'accord. Il faut notamment que le programme soit influencé, mais aussi que les postes à pourvoir le soient. L'accord signé à Ottignies le prévoit, et ce depuis la première fois qu'ils ont existé.

    Annexe : communiqué du MR

    Le 3 février dernier, les trois partis de la majorité actuelle (ECOLO/AVENIR-CDH et PS) ont annoncé, pour la 4ème mandature consécutive la reconduction de leur « alliance citoyenne ». De notre côté, nous n’avons pas encore formellement réagi. Nous le faisons ce soir en ne participant pas au Conseil communal.

    Si nous admettons que le système de la représentation proportionnelle permette des majorités alternatives à celle constituée par le parti le plus plébiscité, nous estimons par contre, qu’en reconduisant leur alliance avec 3 listes (et donc avec 93 candidats) et 3 programmes différents et en excluant d’office le parti le plus important (31 candidats) : c’est tout simplement scandaleux (3).

    En agissant de la sorte (pour la 4ème fois !), ECOLO/CDH/PS détournent le système à leur avantage personnel sans avoir égard, ni à l’avis des citoyens qui n’ont pas encore pu exprimer leur vote (1), ni au projet de ville qu’ils ne sont pas parvenus à préparer ensemble (2).

    En fait, le modèle prôné par la majorité, c’est un modèle sans débat démocratique, sans respect ni de l’opposition (4), ni des citoyens ayant voté pour ce parti relégué sans cesse dans l’opposition malgré son meilleur score électoral (34,1% en 2012) (5).

    Et c’est plutôt symptomatique de la majorité en place puisque depuis 2000, elle se croit toute puissante et elle impose ses vues  (6) en rejetant généralement les arguments développés par l’opposition, en osant déclarer malgré tout « que les politiques arrêtent de se croire au-dessus des citoyens ». Il faut un fameux toupet quand même, avouez !

    Vous qui assistez ou suivez dans la presse les Conseils communaux, savez-vous que notre groupe OLLN2.0 vote favorablement plus de 90 % des points mis à l’ordre du jour par le Collège communal ?

    Concernant les points qui ne font pas l’unanimité dans notre groupe, nous les débattons et parfois, aux termes du débat, nous votons contre, pour ou nous nous abstenons. Souvent le vote est libre dans nos rangs (ce qui n’arrive jamais ou quasiment jamais dans les rangs de la majorité). Nous ne nous opposons jamais sans disposer d’un dossier; nous développons toujours une argumentation forte, souvent nuancée (7). Et parfois même, nous sentons que nous convainquons certains membres du Collège ou de la majorité, même si au moment du vote, celle-ci préfère ignorer ces arguments et passer le dossier en force (vote majorité contre opposition)

    L’opposition constitue le contre-pouvoir garant de notre démocratie et une opposition constructive doit pouvoir soutenir les « bons » projets du Collège mais aussi dénoncer les dérapages et, le cas échéant, formuler des propositions alternatives au Conseil, ce que nous faisons. Quand Madame Chantry justifie l’accord préélectoral par l’attitude agressive de l’opposition (8), elle ne fait que détourner l’attention du véritable enjeu qui est la course au mayorat (9) dans une majorité sans concurrence.

    La réalité, c’est que les ECOLOS sont au pouvoir sans discontinuer depuis 1989 (et ont le mayorat depuis 2000) en n’ayant jamais été le premier parti de la ville (10) !

    Par leur coalition répétée depuis 18 ans, ils sont largement majoritaires au sein du Collège et ne supportent plus la moindre contradiction, même émanant de l’opposition (11) dont c’est pourtant le rôle indispensable dans un Etat démocratique !

    Pour ECOLO cette tripartite est l’alliance idéale, « l’autorité assise » comme pour la magistrature et ils espèrent que cela va durer encore longtemps.

    Ce n’est pas notre conception de la démocratie et nous serons toujours présents pour faire barrage à ces petits arrangements et offrir une vraie alternative aux électeurs.

    A l’annonce du 4ème renouvellement de la coalition ECOLO/CDH/PS nous aurions pu nous décourager puisque toutes les fois précédentes, malgré notre première position aux élections avec le plus grand nombre de sièges gagnés (12), nous avons systématiquement été  envoyés dans l’opposition, mais il n’en est rien. Aussi ce soir, nous avons voulu vous montrer en 4D à quoi ressemblerait le conseil communal sans opposition rêvé par ces 3 partis d’une alliance citoyenne qui n’a de citoyen que le nom !

    Avez-vous trouvé le débat intéressant ?

    Et qu’on ne s’y trompe pas, peut-être va-t-on nous accuser d’avoir fui le débat sur les visites domiciliaires. Nous avons déjà dénoncé qu’aucun dossier avec pièces justificatives (projet de loi critiqué, analyse par le Collège dudit projet, arrêt du Conseil d’Etat…)  n’avait été mis à la disposition des conseillers dans le délai légal et nous avons demandé expressément que ce point soit reporté au prochain Conseil communal afin de pouvoir réagir en connaissance de cause.

    Le maintien de ce point à l’ordre du jour du Conseil de ce soir n’a pour objectif que de surfer sur une communication appuyant une opposition existant à un autre niveau de pouvoir et démontre une fois de plus qu’il n’est pas tenu compte à OLLN, des demandes légitimes de l’opposition. Ce comportement est susceptible d’un recours auprès de la tutelle. Nous aviserons.

    La mauvaise pièce jouée à OLLN éloignera probablement encore un peu plus les citoyens de la politique et la campagne électorale sera très difficile pour notre groupe et pour les éventuelles nouvelles listes car non seulement nous devrons convaincre d’oser la différence avec nous mais aussi et surtout nous devrons pousser les citoyens à ne pas s’abstenir mais bien au contraire à utiliser leur vote.

    Pour la liste OLLN2.0

    B. KAISIN,

  • #OLLN : le MR déserte le conseil communal du 20 février 2018

    J’avais annoncé le conseil communal comme « sans grand enjeu et donc potentiellement court ». Il le fut : 35 minutes ! Tous les points furent votés à l’unanimité.

    Certains préféreront lire ce texte en format PDF : voici le document

     

    La grâce de la collaboration et la confiance sont-elles tombées d’un coup sur tou.te.s les conseillers.e.s ? L’opposition considère-t-elle que les Collège travaille bien, alors qu’au conseil précédent le bourgmestre et ses échevin.e.s étaient encore traités d’incapables ?

     

    Rien de tout cela. L’opposition a pratiqué la politique de la chaise vide : ils étaient absents.

     

    Pourquoi ? Ils n’étaient pas là pour le dire. Ils ont transmis aux journalistes un communiqué de deux pages qui justifiait leur absence et l’ont posté sur leur site Internet (leur communiqué est en annexe.). La raison invoquée : ils protestent contre l’accord préélectoral public entre Ecolo, le CDH (Avenir) et le PS.

     

    Qu’en penser ?

     

    1° La raison officielle n’est peut-être pas la vraie raison. Au conseil communal il fallait voter une motion contre un projet de loi sur les visites domiciliaires.

     Dans le but de limiter l’immigration, le gouvernement fédéral veut rendre la vie difficile aux immigrants non autorisés, demandeurs d’asile et autre, surtout s’ils sont sans papiers. Une Belgique peu accueillante est censée décourager les candidats.

    Une des façons est de poursuivre les « sans papiers », que la police les arrête, les mette en prison/centre fermé pour ensuite les renvoyer dans leur pays.

    Il faut parvenir à les attraper. Un des moyens est de les prendre là où ils logent. Ce sont parfois des citoyens belges qui les hébergent, par solidarité. Le gouvernement fédéral veut adopter une loi qui permettent à la police de perquisitionner le domicile (= visite domiciliaire) d’un citoyen soupçonné d’héberger un sans-papier.

     

    Il se fait que dans les rangs libéraux, deux approches sont en concurrence :

    • le pan « liberté », la protection des libertés individuelles, celles du commerce et de l’entreprise, mais aussi celles des droits de l’Homme. Ces libéraux-là ne sont pas favorables au projet de loi « visite domiciliaire » car il restreint les libertés individuelles.
    • le pan « être considéré comme important/ s’enrichir personnellement » . Ce type de libéraux sont favorables au projet de loi « visite domiciliaire » car il écarte tous les gens « qui ne sont pas comme nous, pas comme il faut », voire qui sont perçus comme menaçant leur statut ou leur intégrité.

    Chez les libéraux d’Ottignies, il y a les deux clans. Sur ce sujet, à ma connaissance, ils sont fortement opposés.

     

    Voici mon analyse de leur absence au conseil communal : plutôt que de venir exposer leurs divisions en public, voire même se bagarrer entre eux, ils ont préféré ne pas venir. Il fallait trouver un prétexte : « l’accord préélectoral qui serait anti-démocratique ! ».

     

    Le MR avait prévu la critique et l’esquive : le MR estime que la motion n’était pas suffisamment préparée, que le dossier n’était pas complet. Ils omettent de dire qu’ils avaient reçu une proposition de motion le 4 février, puis le 11 février, et qu’ils n’ont fait part de leurs problèmes que le 15 février. Le dossier a été complété et l’échevin des droits de l’Homme est resté à leur disposition. Ils auraient pu venir exposer leurs griefs en conseil communal… Ce n’est pas la première fois que les conseillers et conseillères MR ont ce genre de critiques, et pourtant les autres fois ils les exposent en Conseil ! Cette justification de leur absence au conseil n’est pas crédible à mes yeux.

     

    2° Et si je me trompais ? Et si la raison officielle était la vraie raison ? Examinons les arguments du MR pour voir s’ils sont fiables et crédibles (les numéros entre parenthèse renvoient aux arguments qui se trouvent communiqué de presse du MR repris en annexe).

    • Le MR estime anti-démocratique d’exclure de la future majorité, à l’avance, par un accord préélectoral sans vote préalable des citoyens (1), le plus gros groupe (5) , qui a gagné le plus de siège (12).
      • Quant au plus gros groupe qui est exclu : que penser alors de l’accord préélectoral que le MR a conclu avant à Ottignies en 1988 (ils ont exclu le plus gros groupe de l’époque, le PSC de Yves Du Monceau, en signant avec le PS de Valmy Féaux). En réalité, le MR dit lui-même que « nous admettons que le système de la représentation proportionnelle permette des majorités alternatives à celle constituée par le parti le plus plébiscité. »
      • Quant au principe d’un accord préélectoral, qui se fait par définition avant que les citoyens ne votent ; que penser de tous ceux signés par le MR, en 1988 et 1994 à Ottignies-LLN ou encore actuellement en Wallonie et à Bruxelles ? Que penser de l’accord préélectoral du MR avec le PS à la province conclu il y a peu ?
      • Quant au fait que les citoyens n’ont pas choisi cette alliance-là par un vote : C’est une remarque pertinente, mais chaque fois que le MR fait une alliance préélectorale, il ne demande pas au préalable l’avis de la population. Par ailleurs, ce ne serait pas une mauvaise idée de le faire, mais comment l’organiser ? Organiser 6 mois avant les élections, une élection pour dire quel parti devrait s’allier avec quel autre parti ? Sans connaître les programmes, ni les candidats ni le rapport de force entre ceux-ci ? Intéressant mais pas réaliste, d’ailleurs, le MR ne le fait nulle part.
      • Quant au fait que le MR a gagné le plus de siège, entre l’élection de 1995 et l’élection de 2000, c’est plus ou moins vrai, tout en concédant qu’ils étaient passé d’une liste MR à une liste de cartel MR additionné à une partie du PSC. Mais depuis l’élection de 2000, ils perdent des voix et des sièges ! Ils sont passés de 45 % à 34 % ! Avec cet argument, ils devraient trouver très démocratique de rester dans l’opposition puisqu’ils n’arrêtent pas de perdre les élections.
    • Le MR estime injuste et anti-démocratique de se battre contre trois listes (3).
      • D’abord, ce ne seront pas trois, mais quatre, cinq ou six listes : Ecolo, PS, CDH (Avenir), DéFI, liste citoyenne, PTB… Chacune va essayer de capter le plus de voix possibles, pour renforcer son pouvoir dans la majorité, dans la minorité, au conseil…
      • En temps de parole, en budget et en accès au débat, le MR estime que la majorité ne devrait pas avoir plus que le MR. Disons alors que la majorité ne devrait pas avoir plus que la minorité. Le MR devant se mettre d’accord et partager l’espace et le temps avec DéFI, la liste citoyenne, le PTB, une éventuelle liste d’extrême droite…
      • Et encore, ce n’est pas si simple, l’accord préélectoral dit que les 3 partis signataires sont prêts à s’ouvrir à un quatrième parti qui partagerait ses grands axes programmatiques. Imaginons qu’avant ou après le vote d’octobre, la majorité s’ouvre à un ou deux autres partis… Comment fait-on dans ce cas pour, avant les élections, gérer le temps de parole, l’affichage, le budget de la majorité et de la minorité ?
      • Sans compter la difficulté démocratique à constituer une liste du bourgmestre avec trois partis : combien de places pour les candidats de chaque parti : 1/3, 1/3, 1/3 alors qu'il y a actuellement 10 Ecolos, 5 CDH et 4 PS ? A la proportionnelle des élus ? Mais alors c'est présupposer que les votes changeront peu, ce qui n'est pas vraiment une idée démocratique. 
      • Et si il y a l'obligation morale de faire une liste de majorité, pourquoi pas la même obligation de faire une liste de minorité ? Avec les mêmes difficultés que mentionnées ci-dessus.
    • Le MR prétend que l’alliance électorale n’est pas basée sur un projet de ville (2)
    • Le MR prétend que la majorité impose ses vues, sans respect pour l’opposition (6). Par contraste, le MR prétend qu’il défend des points de vue nuancés (7) et les dérapages de la majorité sont dénoncés sans agression (8). C’est surtout Ecolo qui ne supporte pas la contradiction (11).
      • Si Ecolo était si « dictateur », pourquoi deux autres partis s’allient-ils avec lui ? Rien n’empêche le CDH et le PS de s’allier avec d’autres. Pourquoi choisir le pire ? !
      • Si le MR était si intelligent, si nuancé et si peu agressif, pourquoi le PS et le CDH ne s’allient-ils pas avec le MR ? Pourquoi ne choisissent-ils pas le meilleur ?
    • Le MR prétend que le seul but de l’alliance est de donner le mayorat à Ecolo (9), alors qu’Ecolo n’est pas le 1° parti, et ce depuis 1989 (10).
      • On constate bien que dans un même communiqué, le MR dit que le bourgmestre ne doit pas nécessairement être issu du plus gros parti, mais critique Ecolo de ne jamais avoir été le plus gros parti et d’avoir eu le mayorat… Puis-je suggérer au MR d’être conséquent et de ne pas se contredire ?
      • Pourquoi le PS et le CDH auraient-ils pour but de vouloir absolument donner le mayorat à Ecolo ?
      • La critique du MR est à comprendre autrement : Ecolo ne veut pas s’allier avec le MR car il perdrait le mayorat (ce n’est donc pas le but de l’alliance mais le but d’Ecolo). Ma réponse : depuis qu’Ecolo est allié avec le PS et le CDH, il monte électoralement, il réalise une partie de son programme et se plaît avec ses partenaires : qui conseillerait à Ecolo de modifier sa stratégie ? Et en quoi est-ce scandaleux et anti-démocratique ?

     

    Quels sont les arguments du MR auxquels je n’ai pas répondu ? Et si j’ai répondu à tous les arguments, lesquels restent-ils où l’on se dit « le MR a raison, d’ailleurs lui n’a jamais fait ou ne fait plus comme cela » ? Je ne vois pas. Bien sûr je ne suis pas objectif, tout comme les élus du MR, mais sincèrement, en essayant d’être rigoureux, je ne vois pas.

     

    Il n’y a donc aucun élément à ce point grave que cela méritait de ne pas venir au conseil communal.

     

    Je concède volontiers qu’il n’est pas agréable d’être relégué en minorité (prolongée) : en quoi cela justifie-t-il de ne pas venir au conseil communal ? A Wavre, cela fait 30 ans que le MR est en majorité (absolue), cela justifierait-il que les élus Ecolo n’aille plus au Conseil communal sous prétexte qu’ils n’ont pas beaucoup de chance d’arriver en majorité aux prochaines élections ? Que doivent penser les électeurs MR de leurs élus qui, boudeurs, ne viennent pas les représenter parce que le risque est grand pour eux de se retrouver dans la minorité ?

     

    Que ce soit pour la raison officielle (accord préélectoral) ou pour des raisons cachées (visites domiciliaires), il n’y avait, selon mon analyse, aucune raison évidente de boycotter le conseil communal. Ne pas venir défendre ses idées dans l’assemblée prévue pour, c’est à minima regrettable, voire honteux. C’est mon avis.

     

     

     

    Annexe : communiqué du MR

    Le 3 février dernier, les trois partis de la majorité actuelle (ECOLO/AVENIR-CDH et PS) ont annoncé, pour la 4ème mandature consécutive la reconduction de leur « alliance citoyenne ». De notre côté, nous n’avons pas encore formellement réagi. Nous le faisons ce soir en ne participant pas au Conseil communal.

    Si nous admettons que le système de la représentation proportionnelle permette des majorités alternatives à celle constituée par le parti le plus plébiscité, nous estimons par contre, qu’en reconduisant leur alliance avec 3 listes (et donc avec 93 candidats) et 3 programmes différents et en excluant d’office le parti le plus important (31 candidats) : c’est tout simplement scandaleux (3).

    En agissant de la sorte (pour la 4ème fois !), ECOLO/CDH/PS détournent le système à leur avantage personnel sans avoir égard, ni à l’avis des citoyens qui n’ont pas encore pu exprimer leur vote (1), ni au projet de ville qu’ils ne sont pas parvenus à préparer ensemble (2).

    En fait, le modèle prôné par la majorité, c’est un modèle sans débat démocratique, sans respect ni de l’opposition (4), ni des citoyens ayant voté pour ce parti relégué sans cesse dans l’opposition malgré son meilleur score électoral (34,1% en 2012) (5).

    Et c’est plutôt symptomatique de la majorité en place puisque depuis 2000, elle se croit toute puissante et elle impose ses vues  (6) en rejetant généralement les arguments développés par l’opposition, en osant déclarer malgré tout « que les politiques arrêtent de se croire au-dessus des citoyens ». Il faut un fameux toupet quand même, avouez !

    Vous qui assistez ou suivez dans la presse les Conseils communaux, savez-vous que notre groupe OLLN2.0 vote favorablement plus de 90 % des points mis à l’ordre du jour par le Collège communal ?

    Concernant les points qui ne font pas l’unanimité dans notre groupe, nous les débattons et parfois, aux termes du débat, nous votons contre, pour ou nous nous abstenons. Souvent le vote est libre dans nos rangs (ce qui n’arrive jamais ou quasiment jamais dans les rangs de la majorité). Nous ne nous opposons jamais sans disposer d’un dossier; nous développons toujours une argumentation forte, souvent nuancée (7). Et parfois même, nous sentons que nous convainquons certains membres du Collège ou de la majorité, même si au moment du vote, celle-ci préfère ignorer ces arguments et passer le dossier en force (vote majorité contre opposition)

    L’opposition constitue le contre-pouvoir garant de notre démocratie et une opposition constructive doit pouvoir soutenir les « bons » projets du Collège mais aussi dénoncer les dérapages et, le cas échéant, formuler des propositions alternatives au Conseil, ce que nous faisons. Quand Madame Chantry justifie l’accord préélectoral par l’attitude agressive de l’opposition (8), elle ne fait que détourner l’attention du véritable enjeu qui est la course au mayorat (9) dans une majorité sans concurrence.

    La réalité, c’est que les ECOLOS sont au pouvoir sans discontinuer depuis 1989 (et ont le mayorat depuis 2000) en n’ayant jamais été le premier parti de la ville (10) !

    Par leur coalition répétée depuis 18 ans, ils sont largement majoritaires au sein du Collège et ne supportent plus la moindre contradiction, même émanant de l’opposition (11) dont c’est pourtant le rôle indispensable dans un Etat démocratique !

    Pour ECOLO cette tripartite est l’alliance idéale, « l’autorité assise » comme pour la magistrature et ils espèrent que cela va durer encore longtemps.

    Ce n’est pas notre conception de la démocratie et nous serons toujours présents pour faire barrage à ces petits arrangements et offrir une vraie alternative aux électeurs.

    A l’annonce du 4ème renouvellement de la coalition ECOLO/CDH/PS nous aurions pu nous décourager puisque toutes les fois précédentes, malgré notre première position aux élections avec le plus grand nombre de sièges gagnés (12), nous avons systématiquement été  envoyés dans l’opposition, mais il n’en est rien. Aussi ce soir, nous avons voulu vous montrer en 4D à quoi ressemblerait le conseil communal sans opposition rêvé par ces 3 partis d’une alliance citoyenne qui n’a de citoyen que le nom !

    Avez-vous trouvé le débat intéressant ?

    Et qu’on ne s’y trompe pas, peut-être va-t-on nous accuser d’avoir fui le débat sur les visites domiciliaires. Nous avons déjà dénoncé qu’aucun dossier avec pièces justificatives (projet de loi critiqué, analyse par le Collège dudit projet, arrêt du Conseil d’Etat…)  n’avait été mis à la disposition des conseillers dans le délai légal et nous avons demandé expressément que ce point soit reporté au prochain Conseil communal afin de pouvoir réagir en connaissance de cause.

    Le maintien de ce point à l’ordre du jour du Conseil de ce soir n’a pour objectif que de surfer sur une communication appuyant une opposition existant à un autre niveau de pouvoir et démontre une fois de plus qu’il n’est pas tenu compte à OLLN, des demandes légitimes de l’opposition. Ce comportement est susceptible d’un recours auprès de la tutelle. Nous aviserons.

    La mauvaise pièce jouée à OLLN éloignera probablement encore un peu plus les citoyens de la politique et la campagne électorale sera très difficile pour notre groupe et pour les éventuelles nouvelles listes car non seulement nous devrons convaincre d’oser la différence avec nous mais aussi et surtout nous devrons pousser les citoyens à ne pas s’abstenir mais bien au contraire à utiliser leur vote.

    Pour la liste OLLN2.0

    B. KAISIN,

  • Accord pré-électoral : à quoi sert-il de voter ?

    A Ottignies-Louvain-la-Neuve, trois partis ont annoncé que, si l'électeur le permettait, ils feraient après l'élection d'octobre 2018, une alliance pour gérer la Ville.

    Les trois partis sont Ecolo, CDH et PS.

    Cet accord a été annoncé à la presse. La RTBF en a fait un billet : https://www.rtbf.be/info/regions/brabant-wallon/detail_ottignies-lln-la-majorite-ecolo-cdh-ps-signe-un-accord-preelectoral-l-opposition-tres-decue?id=9829748#

    Ce billet a été posté sur la page Facebook de la locale d'Ecolo-OLLN.

    Une lectrice y a réagi et déclare "on se demande encore pourquoi voter ?"

    Je ne comprends pas cette question. En effet il y a plusieurs raisons !
    a) au sein de l'alliance, plus un parti aura des électeurs, plus il aura des échevins etc. Voter, dans ce contexte, c'est renforcer une des visions de l'alliance.
    b) si les partis n'avaient pas fait d'alliance pré-électorale, qu'un électeur avait voté Ecolo en vous disant qu'Ecolo s'allierait avec le MR, et qu'il constate ensuite qu'Ecolo s'allie avec le CDH et le PS (et qu'il est très anti-PS par exemple), cet électeur aurait clamé "on aurait du me le dire avant, j'aurais voté MR". Donc chaque électeur que s'il n'est pas d'accord avec cette alliance, il ne votera pas pour un de ces trois partis. chaque électeur est donc mieux informé et voter, dans ces conditions, c'est faire connaître son choix.

    Voilà deux bonnes raisons pour aller voter.

    On pourrait dire "l'électeur doit pouvoir choisir les coalitions". Du style "je vote MR, et je veux que MR et Ecolo se coalisent ensuite". Deux questions alors : 1° comment concrètement organiser le vote des électeurs ? 2° que faire des programmes et des êtres humains qui doivent les mettre en oeuvre ? Des simples pions bougeables sur un échiquier, manipulés par qui ?

    Ceci dit, je peux comprendre que cet accord soit décourageant si on est MR. On doit se dire "ce n'est pas encore aujourd'hui que les perspectives sont bonnes pour le retour au pouvoir du MR-que-j'aime-tant ". Quoi que le MR ne doive pas partir perdant, il me semble que ce qui est vraiment important, c'est moins les partis au pouvoir que ce qui va être fait. Et comme les partis ECOLO, CDH et PS se sont engagés à promouvoir la participation, si chaque citoyen.ne. a des idées (qu'il/elle s'imagine différentes) à faire passer, que chaque citoyen.ne. participe, qu'il/elle les défende elles seront peut-être reprises dans la politique communale ! N'est-ce pas là l'important ?

    J'attire l'attention sur ce que dit Mr Otlet : il dit qu'il n'y aurait dû avoir que 2 listes. A Mont-St-Guibert c'était le cas durant des années. Les Ecolos, la "petite liste", partait chaque fois très découragé et se disait "à quoi sert-il d'aller voter ?". Soyons sérieux, avoir seulement deux listes n'est pas un argument qui renforce les raisons d'aller voter.

    Par contre, un conseiller MR trouve d'autres arguments (que des arguments liés à l'intérêt d'aller voter) pour n'avoir que deux listes :

    1. si les 3 partis Ecolo-CDH-PS se groupaient sur une seule liste, cela aurait le mérite de la transparence. Celle-ci n’est que très partielle aujourd’hui a 9 mois des élections....
    2. Et pour mesurer le poids de chaque parti de votre coalition, il suffit de s’en référer aux voix de préférences de chacun....
    3. Des tracts communs avec l'appartenance de chacun suffiraient à bien informer à l’avance.
    4. Pour le reste, 3 listes contre une liste c’est 3 fois l’affichage électoral, 3 fois le temps de parole médiatique, 3 fois le budget de dépenses électorales,.....C’est un match électoral tronqué.

    A chaque question, une réponse :

    1. Je pense que pendant toute la campagne, vous allez rappeler à l'électeur notre engagement. Vous l'aviez déjà fait la fois passée. Vous êtes descendu, la majorité est montée. Si cela devait encore se passer cette fois-ci, que devrait-on conclure ? Que l'électeur est un niais ? Ou qu'il est content de la majorité ?
    2. Chez Ecolo, on fait peu, voire pas de campagne personnelle. Pas d'affiche de la tronche de chacun, en plus grand que le voisin. Dès lors, une seule liste, ce serait défavoriser les candidats Ecolos. Pour garder notre approche de groupe, on ne peut aller sur une liste qui favorise plus les individus.
    3. Ecolo, c'est une approche spécifique du politique. Comme les autres partis. Il me semble bon que l'électeur puisse choisir entre différentes approches, de manière claire et simple.
    4. S'il n'y avait pas d'accord pré-électoral, il y aurait de toute façon 4 listes. Puis il y aurait un accord électoral suite aux votes. Il y en aurait encore pour dire "mais ces 3 listes qui se mettent ensemble auront eu 3 affichages électoraux, trois fois le temps de parole médiatique..." Avec ces arguments, on devrait interdire dès le départ plus de 2 listes... La diversité n'est-elle pas un fondement de la démocratie ? Accessoirement, Ecolo est loin de dépenser la totalité de ce qui est permis pour la campagne électorale.

    Enfin, une question : le MR aurait-il refusé un accord pré-électoral avec une des 4 listes (avec les arguments que le MR développe) ? Poser la question, c'est y répondre.

    Un autre sympathisant (et sympathique) MR trouve que les 3 partis n'ont "pas le cran de faire une liste du Bourgmestre ... se diviser pour mieux régner". Magnifique ! Voici la création d'un nouveau proverbe. D'habitude, on reste uni et on divise les autres pour mieux régner. 

    Merci de m'avoir lu et de me faire état de vos réflexions. L'intelligence est collective.

  • Gestion de projet : commencer ensemble, terminer ensemble.

    Cela peut sembler contre-intuitif, mais...

    Commencez ensemble (au dernier moment possible)

    Plus nous laissons planer nos idées et nos plans, plus nous tombons amoureux de nos solutions pleines d’idées reçues et de nos perspectives. Plus les choses sont longues dans la colonne « à faire» avant que l'équipe qui s'occupe du travail soit impliquée ... plus les conneries et les bagages s'accumulent. Vous prenez des risques...

    Je ne suggère pas que vous évitiez de faire le dur travail de bâtir une compréhension commune et de prendre des décisions difficiles. Faites-le (bien), mais ... attendez. Attendez que les personnes qui feront le travail puissent participer, et attendez que vous soyez en mesure d'agir sur ces décisions et d'exploiter cette compréhension partagée (de peur que tout ce travail ne soit perdu au fur et à mesure que les toiles d'araignée s'accumulent).

    Par exemple…

    Une initiative problématique a continué à imploser. Encore et encore. Et chaque fois que les choses ont mal tourné, un petit nombre de gestionnaires se réunissaient et essayaient de comprendre « le problème ». Finalement, quelqu'un (un nouveau venu) a réservé une chambre pendant une semaine et a forcé tout le monde (développeurs, concepteurs, gestionnaires, etc.) à entrer dans la pièce. Ils se sont assurés qu’ils pouvaient se parler de manière sure et sereine. Il s'avère qu'il n'y a jamais eu de coup d'envoi approprié avec toutes les personnes impliquées. Pas du genre : « une heure où les gens hochent la tête et traitent moins de 10% du matériel... » mais du type « trois jours avec interaction client, activités sensemaking, divergence, convergence, désordre, » et un résultat puissant.

     

    Est-ce que quelqu'un l'avait fait à l'origine ? Ou plutôt il y eu d'innombrables discussions face-à-face, des plans distincts, des interprétations très différentes, des pré-travaux, des présentations au PDG, des argumentaires du PDG, des promesses de clients, des estimations rétrospectives et des réunions en «petits groupes». Il y avait un budget, même, et les équipes affectées ! Et de bonnes intentions ... «faire le meilleur usage du temps de chacun, et laisser les développeurs travailler dans leur coin».

     

    Tellement de discussions, mais si vous deviez tester s’il y avait une compréhension partagée, vous trouveriez très peu de compréhension partagée, et des tonnes de solutions (souvent accidentelles). Plus d'une fois dans ma carrière, j'ai entendu parler d'un projet à la mode - Projet X Refonte - pendant des mois et des mois ... et quand il est devenu le temps d'en parler, littéralement, personne ne l'a décrit de la même façon. Et personne ne pourrait expliquer le pourquoi, à part ... « oh, j'entends que c'est super important ! »

    Pourquoi faisons-nous cela ?

    Vous avez des tas de gens qui, bien que ne construisant pas / ne concevant pas / ne résolvant pas de problèmes, veulent vraiment aider. Comment aident-ils ? Parler. Planifier. Penser. Proposer une solution. C'est ainsi qu'ils savent (et sont formés à) "comment aider". Leur modèle mental est que les développeurs / concepteurs sont ce minuscule petit tuyau, et vous devez jouer à ce jeu complexe de Tetris pour obtenir le maximum de travail "à travers le tuyau". Les idées sont bon marché et abondantes. Nous nous concentrons donc sur des idées et essayons de les « poser » sur des équipes au meilleur moment. Cela ne fonctionne pas très bien et conduit à une tonne d'opportunités manquées.

     

    Quelle est l'alternative ?

    Simple, mais oh, oh si dur :

    • Tombez amoureux du problème et résistez à foncer vers la solution;
    • Embarquez ensemble pour une découverte - avec l'équipe chargée de résoudre le problème ;
    • Affectez des équipes à des missions et non à des projets ;
    • Allouez du temps pour des lancements puissants et inclusifs ;
    • Limitez la planification en cours ("aller de l'avant"). Limiter le travail en cours; 
    • Résistez à l'avance aux équipes «pré-contraignantes». Ne jouez pas à Tetris (ce qui nécessite beaucoup de pré-planification, d'estimation et de liaison précoce des ressources ... renforçant essentiellement l'anti-pattern).

    Je n'exclus pas tout le travail préalable... certainement, l'analyse et la recherche peuvent aider à encadrer une opportunité puissante. Mais limitez votre travail à la construction du contexte plutôt qu'à la résolution et à la pré-planification.

    Ensuite, que signifie "finir ensemble" ?

    Résistez à la tentation de mélanger les équipes à de nouveaux projets sans voir les choses se terminer. Avez-vous atteint le résultat ? Les choses sont-elles sur la bonne voie ? "Il suffit de l'expédier et de passer à autre chose" est terriblement démoralisant pour votre équipe, surtout si vos paris tombent à plat. Au minimum, laissez suffisamment de temps pour vous assurer que les choses bougent sur la bonne voie et qu'il y a des indications que la chose fonctionne.

    Commencez ensemble. Terminez ensemble.

    John Cutler

    Traduit par Hadelin de Beer

    https://hackernoon.com/start-together-finish-together-5b47ca1209b3