Hadelin de Beer

  • Facebook, le lieu de toutes les frustrations ?

    Il semblerait que certains soient champion des torts à redresser. Peut-être même en fais-je partie… En tout cas, Facebook semble être une magnifique caisse de résonnance.

    Le "modus operandi" semble toujours le même :

    1. Quelque chose choque une personne.
    2. Cette personne choquée l’écrit du Facebook, de préférence dans un groupe, et accuse quelqu’un, qui, par définition, est un imbécile.
    3. Il y en a vite une centaine pour approuver, rajoutant d’autres faits qui n’ont rien à voir, mais qui tentent à prouver la nature vraiment idiote de l’accusé.
    4. Il y en a bien l’un ou l’autre, moi par exemple, pour dire que l’accusation initiale est infondée, preuve à l’appui.
    5. Le premier et la centaine surenchérissent, l’énervement monte.
    6. Heureusement, une tierce personne demande de se calmer.

    Un exemple : la RTBF fait un reportage sur le fait qu’à Wavre, les ONG ne peuvent plus distribuer de tracts sur les marchés, et dit qu’Ottignies a limité à 5 fois l’an par ONG le démarchage de don. Cela se transforme en « on a interdit les ONG à Ottignies » et c’est suivi d’une accusation.

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    Résumons : les ONG peuvent venir quand elles veulent faire de la publicité et peuvent venir 5 fois l’an demander des sous ou faire du recrutement. C’est plus ou moins clair dans le reportage. Cela n’empêche pas A de s’offusquer et de lancer une accusation fausse et de désigner un coupable. Et il ne modifiera pas ses dires, malgré le signalement de l’erreur.

    Le coupable est désigné, la belle affaire, C en profite pour en remettre une couche !

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    Sauf que le bâtiment est la piste d’athlétisme indoor et que rien ne prouve que l’Esplanade va s’agrandir. Et on ne voit pas en quoi ces projets soient liés à « l’attrait du pognon ».

    Et ainsi de suite, chaque internaute mécontent pourra s’épandre en accusation fausse ou infondée, relançant le mécontent suivant qui peut s’improviser redresseur de torts.

    Juste une chose, pour un monde plus beau, plus convivial : serait-il possible, avant de s’offusquer, et en tout cas avant de publier, de vérifier les faits ? Cela serait quand même mieux, non ?

  • Commerces dans la zone de Wavre, l'analyse

    Ci-dessous quelques éléments du schéma de développement commercial de la zone de Wavre, extrait du schéma régional de développement commercal, apprové par le Gouvernement wallon du 27 novembre 2014

    La carte 28 montre où sont localisés les commerces. On a des nodiues denses à Wavre centre, Wavre Delhaize, Bierges, Basse-Wavre,  Ottignies, Mousty, Court-St-Etienne, LLN, et des surfaces éparpillées autour de Wavre.

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    La carte 29 donne pour la même zone les quantités en m² et en nombre de commerce

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    La carte 30 montre la concurrence territoriale entre les pôles de Wavre et de LLN

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    Le graphique 31 montre le chiffre d'affaire que chaque nodule. Ottignies (+/- = au Douaire) est plutôt important

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    Et voici les conclusions du document, pour la zone de Wavre.

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    Le document est consultable ici : http://economie.wallonie.be/Dvlp_Economique/Implantations_commerciales/Doc/SRDC%20light.pdf

     

  • #OLLN, Conseil communal du 24 avril 2018 : qu’en retenir ?

    A 19h45, tous les conseillers étaient prêts pour deux interpellations du Collège en Conseil. Surprise : un seul des deux interpelants était là. Thierry Bourgeois a démontré qu’en cas d’accident nucléaire, la commune serait bien démunie. Le bourgmestre a appuyé et a promis l’examen d’une motion au prochain conseil.

    La discussion sur le fait d’aller en recours ou non contre le permis pour un ensemble commercial à Wavre (point 7), dans l’ancien bâtiment Philips en face du Walibi, a pris une heure. Arguments échangés :

    • Pour le recours : il faut chercher les arguments juridiques pour bloquer le développement de commerces qui seraient potentiellement néfastes pour Wavre et Ottignies (l'image montre qu'Ottignies est aussi important que Bierges et que ces deux pôles sont concurrents) ;
    • Contre le recours : il ne faut pas attaquer Wavre, les commerces ne seront pas problématiques, le recours coute cher.

    Mon analyse est que la discussion était très « politisée », dans le sens que les membres d’un parti d’une commune ne peuvent se permettre d’aller en recours contre une majorité du même parti d’une commune voisine. Du coup, ils recherchent tous les arguments, bons ou mauvais pour ne pas voter la décision de recours. Dans ce cas, la discussion devient problématique car on ne sait plus si le parti en question défend les habitants où le parti frère.

    Il y a eu 45 minutes de discussion (dont 20 de présentation du point) sur la motion « Belfius » qui demandait à l’Etat fédéral de ne pas privatiser la banque, et s’il le faisait malgré tout, de rendre une partie des bénéfices aux communes. Le MR a estimé que ce genre de débat a plus sa place au parlement fédéral.

    25 minutes de débat sur le SOL au haut la rue Croix Thomas. Le Collège veut éviter des maisons déployées en ruban qui couperait la vue, le MR n’y voyant pas de problème.

    Environ une heure de débat sur le prix « diagonale » et la fête de la DB qui se sont passés les 5 et 6 mai à LLN. L’échevin a fait toute une présentation du contexte, de l’historique, des réalisations, du budget… Le MR soutient en partie, mais regrette le manque de constance entre les différentes années.

    A 23h45, Michel Beaussart a présenté les résultats de l’administration communal dans ses efforts pour réduire les émissions de CO2. Moins 19% depuis 2014, si mon souvenir est bon.

    Passé minuit, il restait les points ajoutés. Nicolas Vandermaeren avait préparé toute une présentation sur le règlement général de protection des données. Il a proposé de reporter le point, « à deux conditions »… la première : passer au prochain conseil en début… Il n’a pas été plus loin : le bourgmestre a vu rouge : de quel droit un conseiller (de la minorité) allait-il fixer ses conditions ? « Présentez maintenant ! » dans une salle que le public et les journalistes avaient désertée. C’était précis, documenté, mais long. Réponse du bourgmestre : « on n’a pas attendu votre exposé pour agir, et il se fait que notre commune est pionnière ! ».

  • Le pessimisme comme mode d’exister

    Le monde n’est pas parfait, c’est évident.

    Cette imperfection ne m’empêche pas de dire qu’en Belgique, on est bien : éducation, santé, solidarité, terres agricoles, entreprises… Nous avons d’incroyables opportunités et des services magnifiques comparés à la majorité des pays de la planète.

    En Brabant, wallon, on a tout et en plus la verdure, les paysages.

    Et à Ottignies-LLN, c’est vraiment presque le paradis : en plus de toutes les richesses du Brabant wallon, on a le train, les bus, des cinémas, des théâtres, une piscine, des bois accessibles, une université, une administration du tonnerre, deux maisons des jeunes une piscine en plein air, des tas d’associations... Ce n’est pas pour rien que la commune se trouve chaque fois en tête du classement des communes du bien vivre.

    Et il se passe des chouettes choses, comme des scouts qui viennent faire des activités. Du coup, les habitants sont contents et l’expriment.

    olln,plainte

    Une persone, C.... F...., réagit. Cette personne doit absolument dire qu’on n’est pas si bien que cela. Cette personne prétend qu’Ottignies meurt.

    Sur les 19 commentaires concernant les scouts, un seul parle d’Ottignies qui soi-disant se meurt et ce commentaire a obtenu 27 réponses !

    Je me demande si ce n’est pas une stratégie : se plaindre, dire des contre-vérités comme « Ottignies se meurt » [ un centre commercial « Douaire », un centre culturel, la ferme du Douaire, les fêtes de Wallonie, les Art d’hivers, le marché du vendredi, le salon Biovitis, le centre-ville qui se construit, des restaurants, des cafés…j’en passe et des meilleures, énormément de centre-ville aimeraient être comme Ottignies], cela permet d’attirer l’attention sur soi, soit ce ceux qui sont d’accord, soit ce ceux qui sont contre.

    La même personne s’était plainte du déménagement de la maison de l’emploi à LLN, prétendant que c’était encore une fois « tout pour LLN ». Elle a préféré se plaindre sur Facebook plutôt que de se renseigner. Si elle l’avait fait, on lui aurait répondu que c’était temporaire, le temps d’aménager d’autres locaux dans la Mégisserie à Ottignies. Bien que sa mauvaise interprétation (due à une communication incomplète de la maison de l’Emploi) lui ait été renseignée sur Facebook, elle a poursuivi et amplifié sa plainte. Résultat des courses : 166 commentaires. Là aussi, cette personne peut s’être sentie au centre des communications, quand bien même certaines informations étaient partiellement ou tout à fait fausses. L’important n’est plus l’information exacte, mais le fait d’être au centre des échanges. Et pour y arriver, cette personne a décidé de se plaindre, même si cela n’est pas justifié, ou si ce l’est, il faut d’abord et avant tout relativier en se rappelant qu’on est vachement chanceux en Belgique, dans le Brabant wallon, à Ottignies.

    Le problème, c’est que ce pessimisme déteint. Une étude de l’ULB le démontre : les « fake news », informations fausses ou manipulées, sont difficiles à ignorer même lorsqu’on sait qu’elles sont inexactes. Elles influencent ainsi le jugement et la mémoire de l’être humain.

    LES FAUSSES INFOS « ABSORBÉES »

    « La mémoire agit comme une éponge qui absorbe les informations fausses et les transforme en informations vraies. Il est donc difficile d’avoir un jugement critique efficace quand on est confronté en permanence à des fake news », explique Olivier Klein, cité dans le communiqué.

    L’expérience des chercheurs est expliquée dans une vidéo mise en ligne et les chercheurs proposent également aux internautes de se tester via le site http://cescup.ulb.be/JugezEtienne . [Métro, 17 avril 2018]

    Ne nous laissons pas abattre par des gens pessimistes, qui répandent de fausses idées. S’ils recherchent de la reconnaissance, dans le même temps ils détruisent notre qualité de vie.

  • Que pensent les citoyens d'un changement de redevance pour leurs déchets ?

    Zero Waste France, association française engagée depuis plus de 20 ans pour une gestion plus durable et circulaire de nos déchets sur l'ensemble du territoire, mène actuellement une étude sur la tarification incitative pour les déchets ménagers (taxe au sac ou au poids par exemple). Zero Waste France s'intéresse tout particulièrement à l'acceptation ou au contraire l'opposition des citoyens à ce genre de mécanismes incitatifs dans la gestion des déchets.

    Zéro Waste est donc à la recherche d'informations concernant les réactions des citoyens wallons lorsque des mécanismes de tarification incitatifs ont été mis en place.

    Etopia a publié une étude, que j’ai réalisée, sur les déchets ménagers en Wallonie et sur Bruxelles. Zéro Waste se demande si j’ai pu avoir accès à des documents qualificatifs sur la perception de la tarification incitative chez les citoyens.

    Cela fait environ 20 ans que je travaille (épisodiquement) sur ce sujet. J'étais consultant en environnement, et je préconisais de passer au sac payant en 1996... et la réponse des décideurs était déjà : "oui, mais les gens ne vont pas l'accepter". Et quand je disais "mais en Suisse ils le font", la réponse était "ici, la mentalité est différente".

    La quasi totalité des municipalités sont passées au sac payant ou à la poubelle pesée quand elles ont été taxées par le pouvoir central sur un excès de déchets par rapport au taux de production auquel on arrive avec un sac payant (sac libre 350 kg/hab/an, sac payant 160 kg/hab/an, taxe sur la commune pour les kilos au-delà de 200 kg/hab/an).

    Je ne pense pas qu'il y ait eu d'étude à proprement parlé, j'ai un souvenir précis de journalistes demandant aux citoyens "et vous trouvez cela bien, le sac payant ?", et les/des personnes de répondre "c'est quand même plus juste, avant je payais pour les autres", ce qui a surpris les mandataires.

    J'ai encore deux anecdotes :

    a) une municipalité est passée à la poubelle à puce (pesée donc) l'année des élections. La majorité a progressé en % de voix et d'élus.

    b) la question est souvent "mais n'y aura-t-il pas plus de dépôts sauvages ?". L'expérience dit que non, et encore moins avec la poubelle pesée car le contrôle social est encore plus fort.

    J'en viens à la question : y a-t-il des études sur l'acceptation ? Je pense que non, et ce pour plusieurs raisons :

    1. une étude préalable est biaisée. On sait que les humains sont résistants aux changements. Si on pose la question "voulez-vous changer d'habitude ?", on connait déjà la réponse des non-militants. Les autorités publiques hésitent à dépenser de l'argent pour savoir cela. Evidemment, on peut poser la question différemment : "sachant que vous produirez moins de déchets et que cela vous coûtera moins cher, voulez-vous une poubelle pesée ?", le résultat sera déjà différent.
    2. De toute façon, on parle de fiscalité/redevance, et faire une enquête préalable sur le sujet est très risqué. Donc pas fait (à ma connaissance).
    3. Et enfin, certains en font un programme politique, là aussi c 'est un frein à une enquête préalable.
    4. On pourrait alors faire une enquête à postériori : les gens l'acceptent-ils ? Mais pourquoi faire une enquête payée par les pouvoirs publics qui n'influencera rien ?
    5. Avec la difficulté suivante : que mesure-t-on ? Une fois que les gens ont posé un acte (ici : utiliser la poubelle pesée ou le sac payant) parce qu'ils doivent le faire, ils vont justifier leurs actes en disant qu'ils trouvent que c'est une bonne idée (à cause de la dissonance cognitive).
    6. Bien plus intéressant pour les décideurs est le taux de fraudeurs. Il est de plusieurs ordres :

    6.1) les dépôts clandestins : ils n'ont pas augmenté entre "avant une fiscalité/redevance incitative" et "après", ils ont même diminué avec la poubelle pesée car on a envoyé des agents chez ceux qui n'avaient pas de déchets sur leur facture en leur demandant comment cela se faisait... Les déchets sont réapparus !

    6.2) les déchets mal triés. Dans la poubelle pesée, la poubelle des organiques est moins chère que la poubelle du tout-venant. Très tentant de faire glisser du tout-venant dans l'organique. Il y a un contrôleur qui met un mot dans les boites puis qui passe chez les récalcitrants. Le taux est redevenu excellent.

    Les seuls décideurs vraiment intéressés par le taux d'acceptation, c'est... Zéro Waste ! Ceux qui veulent convaincre que le nouveau système proposé ne pose pas de problème d'acceptation.

    En plus, il faudrait faire une étude par public cible : les vieux ou les jeunes/les femmes ou les hommes/ les habitants en appartement ou en maison...

    Les plus grandes réticences politiques viennent des petites maisons/appartements. Dans la pratique, il n'y a aucune plainte de ces habitants.

  • #OLLN : Décrypter l’ordre du jour du conseil communal du 24 avril 2018

    On commencera à 19h45, une demi-heure plus tôt que d'habitude, par DEUX ! interpellations de citoyens :

    1. Thierry Bourgeois nous parlera du rôle des communes en cas d'accident nucléaire. Il nous a par ailleurs proposé une motion à envoyer au fédéral pour dire que la Ville souhaite que la Belgique sorte du nucléaire.
    2. Philippe Vandenberghe, ayant été touché par les attentats du 22 mars à Bruxelles et étant reconnu bénéficiaire du statut de solidarité nationale, demandera ce que la commune peut faire pour les victimes.

    L’ordre du jour est ici : http://www.olln.be/documents/hotel_de_ville/conseil-communal/ordre-du-jour/oj180424.pdf  et les projets de décisions qui nous sont soumis sont consultales ici : http://www.olln.be/documents/hotel_de_ville/conseil-communal/proces-verbaux/2018-04-24-projet-de-pv-public.pdf

    Il y a 37 points à l'ordre du jour public (un point ajouté). Les points importants selon moi sont :

    Le point 7 concerne un recours contre un centre commercial à Wavre face à Walibi. L’ancien centre Philips est proposé pour une reconversion en centre commercial, dans un zoning industriel. Plusieurs instances s’y sont opposées, car les commerçants de Wavre et d’Ottignies risquent d’être préjudiciées. Le Ministre l’a pourtant autorisé. La Ville d’Ottignies pense qu’il y a des erreurs de procédure et le Collège demande l’autorisation de contester ce permis devant le Conseil d’Etat.

    Le point 11 concerne une motion sur la privatisation de Belfius. Dexia était en partie la propriété des communes (via le Holding communal), et était un opérateur très intéressant pour celles-ci. En effet, Dexia connaissait bien les communes et était un prêteur attentionné. Les folies des grandeurs de Dexia ainsi qu’une gestion casino du Holding communal ont amené le holding communal à la faillite. L’état fédéral a sauvé la partie « banque » en y injectant 4 milliards, qui est devenue « Belfius ». Aujourd’hui, l’Etat fédéral veut revendre Belfuis. Nous pensons en premier lieu qu’il faudrait conserver une banque publique. S’il faut revendre, alors nous estimons que les communes, qui ont également participé au sauvetage de Dexia, doit en tirer une partie des bénéfices.

    Aux points 15 et 16, la Ville veut mettre en Oeuvre un Sol entre Mousty ET Céroux (Haut de la Croix Thomas) ; En effet, il reste des terrains à bâtir en zone rouge. Plutôt que de traiter terrain par terrain, la Ville veut avoir une vue d’ensemble. Avant de commencer le projet, les habitants seront sollicités pour donner leur avis.

    Une photo précise de l'emoprise du SOL est ici :

    conseil communal,olln

    Au point 17, il s’agit d’accepter la création de voirie rue du Corbeau. Une firme française a racheté des terrains de ce qui fut anciennement une décharge, près de la ferme de la Balbrière. Elle va y construire 24 appartements et 20 maisons, des voiries et un espace vert public. Cela passe en Conseil communal car lorsque tout sera terminé, la Ville devra reprendre les voiries et l’espace vert : il s’agit de ne pas acheter (recevoir) un chat dans un sac !

    Au point 19, on va traiter du cahier des charges pour la rénovation des écuries de la ferme du Biéreau. Enfin ! Cela coutera quand même de l’ordre de 250.000€ à la Ville.

    Au point 20, on va accepter d’agrandir l’école de La croix. On fera un bâtiment passif. Très bien.

    Aux points 24 à 26, on traitera de tout ce qui tourne autour du festival de la BD.

    Enfin, au point 34, l’échevin nous fera le rapport sur les émissions de CO² de l'administration communale. Un premier chiffre : on a réduit de 19% les émissions. Remarquez, c’est un bon début, on doit arriver à -90% en 2050 !

  • Est-ce qu'un accord pré-électoral public est démocratique ?

    Le MR d'Ottignies-LLN est très fâché sur l'accord pré-électoral public. Examinons les arguments du MR prétendant que l'accord pré-électoral n'est pas démocratique (les numéros entre parenthèse renvoient aux arguments qui se trouvent dans le communiqué de presse du MR repris en annexe).

    • Le MR estime anti-démocratique d’exclure de la future majorité, à l’avance, par un accord préélectoral sans vote préalable des citoyens (1), le plus gros groupe (5) , qui a gagné le plus de siège (12).
      • Quant au plus gros groupe qui est exclu : est-ce bien au MR d'utiliser cet argument ? Que penser alors de l’accord préélectoral que le MR a conclu avant à Ottignies en 1988 (ils ont exclu le plus gros groupe de l’époque, le PSC de Yves Du Monceau, en signant avec le PS de Valmy Féaux). En réalité, le MR dit lui-même que « nous admettons que le système de la représentation proportionnelle permette des majorités alternatives à celle constituée par le parti le plus plébiscité. »
      • Quant au principe d’un accord préélectoral soit-disant non démocratique, qui se fait par définition avant que les citoyens ne votent : là aussi, est-ce bien au MR d'utiliser cet argument ? Que penser de tous ceux signés par le MR à OLLN, en 1988 et 1994 à Ottignies-LLN ou encore actuellement en Wallonie et à Bruxelles ? Que penser de l’accord préélectoral du MR avec le PS à la province conclu il y a peu ? L'argument qui prétend qu'un accord pré-électoral public est peut-être plus démocratique qu'un accord signé le soir des élections est celui-ci : l'électeur sait à l'avance ce qui arrivera avec son vote et il peut avoir une stratégie en tenant compte de cette information. Si non, son vote est confisqué par les partis qui négocient une majorité sans que l'électeur n'ai plus rien à dire. Cela me rappelle quand Ecolo avait gagné les élections régionales en 2009. Il était passé de 12% à 20%, et avait signé avec le PS et le CDH. Beaucoup d'électeurs ont écrit à Ecolo : "on a voté pour vous mais pas pour que vous alliez avec le PS", PS qui était embarqué dans les affaires. cette histoire contribue à montrer que dire les intentions d'accord est plus démocratique.
      • Quant au fait que les citoyens n’ont pas choisi cette alliance-là par un vote : C’est une remarque pertinente, mais chaque fois que le MR fait une alliance préélectorale, il ne demande pas au préalable l’avis de la population. Par ailleurs, ce ne serait pas une mauvaise idée de le faire, mais comment l’organiser ? Organiser 6 mois avant les élections, une élection pour dire quel parti devrait s’allier avec quel autre parti ? Sans connaître les programmes, ni les candidats ni le rapport de force entre ceux-ci ? Intéressant mais pas réaliste, (d’ailleurs, le MR ne le fait nulle part).
      • Quant au fait que le MR a gagné le plus de siège, entre l’élection de 1995 et l’élection de 2000, c’est plus ou moins vrai, tout en concédant qu’ils étaient passé d’une liste MR à une liste de cartel MR additionné à une partie du PSC. Mais depuis l’élection de 2000, ils perdent des voix et des sièges ! Ils sont passés de 45 % à 34 % ! Avec cet argument, ils devraient trouver très démocratique de rester dans l’opposition puisqu’ils n’arrêtent pas de perdre les élections.
    • Le MR estime injuste et anti-démocratique de se battre contre trois listes (3).
      • D’abord, ce ne seront pas trois, mais quatre, cinq ou six listes : Ecolo, PS, CDH (Avenir), DéFI, liste citoyenne LOCAL.E, PTB… Chacune va essayer de capter le plus de voix possibles, pour renforcer son pouvoir dans la majorité, dans la minorité, au conseil…
      • En temps de parole, en budget et en accès au débat, le MR estime que la majorité ne devrait pas avoir plus que le MR. Disons alors que la majorité ne devrait pas avoir plus que la minorité. Le MR devant se mettre d’accord et partager l’espace et le temps avec DéFI, la liste citoyenne, le PTB, une éventuelle liste d’extrême droite…
      • Et encore, ce n’est pas si simple, l’accord préélectoral dit que les 3 partis signataires sont prêts à s’ouvrir à un quatrième parti qui partagerait ses grands axes programmatiques. Imaginons qu’avant ou après le vote d’octobre, la majorité s’ouvre à un ou deux autres partis… Comment fait-on dans ce cas pour, avant les élections, gérer le temps de parole, l’affichage, le budget de la majorité et de la minorité ?
      • Sans compter la difficulté démocratique à constituer une liste du bourgmestre avec trois partis : combien de places pour les candidats de chaque parti : 1/3, 1/3, 1/3 alors qu'il y a actuellement 10 Ecolos, 5 CDH et 4 PS ? A la proportionnelle des élus ? Mais alors c'est présupposer que les votes changeront peu, ce qui n'est pas vraiment une idée démocratique. 
      • Et si il y a l'obligation morale de faire une liste de majorité, pourquoi pas la même obligation de faire une liste de minorité ? Avec les mêmes difficultés que mentionnées ci-dessus.
    • Le MR prétend que l’alliance électorale n’est pas basée sur un projet de ville (2)
    • (ceci n'a plus trop à voir avec le débat sur un accord préélectoral) Le MR prétend que la majorité impose ses vues, sans respect pour l’opposition (6). Par contraste, le MR prétend qu’il défend des points de vue nuancés (7) et les dérapages de la majorité sont dénoncés sans agression (8). C’est surtout Ecolo qui ne supporte pas la contradiction (11).
      • Si Ecolo était si « dictateur », pourquoi deux autres partis s’allient-ils avec lui ? Rien n’empêche le CDH et le PS de s’allier avec d’autres. Pourquoi choisir le pire ?
      • Si le MR était si intelligent, si nuancé et si peu agressif, pourquoi le PS et le CDH ne s’allient-ils pas avec le MR ? Pourquoi ne choisissent-ils pas le meilleur ?
    • Le MR prétend que le seul but de l’alliance est de donner le mayorat à Ecolo (9), alors qu’Ecolo n’est pas le 1° parti, et ce depuis 1989 (10).
      • On constate bien que dans un même communiqué, le MR dit que le bourgmestre ne doit pas nécessairement être issu du plus gros parti, mais critique Ecolo de ne jamais avoir été le plus gros parti et d’avoir eu le mayorat… Puis-je suggérer au MR d’être conséquent et de ne pas se contredire ?
      • Pourquoi le PS et le CDH auraient-ils pour but de vouloir absolument donner le mayorat à Ecolo ?
      • La critique du MR est à comprendre autrement : Ecolo ne veut pas s’allier avec le MR car il perdrait le mayorat (ce n’est donc pas le but de l’alliance mais le but d’Ecolo). Ma réponse : depuis qu’Ecolo est allié avec le PS et le CDH, il monte électoralement, il réalise une partie de son programme et se plaît avec ses partenaires : qui conseillerait à Ecolo de modifier sa stratégie ? Et en quoi est-ce scandaleux et anti-démocratique ?

     

    Quels sont les arguments du MR auxquels je n’ai pas répondu ? Et si j’ai répondu à tous les arguments, lesquels restent-ils où l’on se dit « le MR a raison, d’ailleurs lui n’a jamais fait ou ne fait plus comme cela » ? Je ne vois pas. Bien sûr je ne suis pas objectif, tout comme les élus du MR, mais sincèrement, en essayant d’être rigoureux, je ne vois pas.

     

    Il n’y a donc aucun élément à ce point grave que cela méritait de ne pas venir au conseil communal.

     

    Je concède volontiers qu’il n’est pas agréable d’être relégué en minorité (prolongée) : en quoi cela justifie-t-il de ne pas venir au conseil communal ? A Wavre, cela fait 30 ans que le MR est en majorité (absolue), cela justifierait-il que les élus Ecolo n’aille plus au Conseil communal sous prétexte qu’ils n’ont pas beaucoup de chance d’arriver en majorité aux prochaines élections ? Que doivent penser les électeurs MR de leurs élus qui, boudeurs, ne viennent pas les représenter parce que le risque est grand pour eux de se retrouver dans la minorité ?

     

    En dehors des arguments du MR, y a-t-il des arguments qui plaident contre ou pour un accord préélectoral ? Merci de les signaler en commentaire, pour faire progresser la réflexion.
    NB : les commentaires se ferment automatiquement après un mois, envoyez-moi un email, je peux les réouvrir manuellement.

    18/3/2018. Baptiste s'inquiète qu'un accord préélectoral ne prendrait pas directement en compte les résultats de l'élection. Il a raison : pour qu'un accord préélectoral soit démocratique, il faut que le résultat de l'élection ait une influence sur l'accord. Il faut notamment que le programme soit influencé, mais aussi que les postes à pourvoir le soient. L'accord signé à Ottignies le prévoit, et ce depuis la première fois qu'ils ont existé.

    Annexe : communiqué du MR

    Le 3 février dernier, les trois partis de la majorité actuelle (ECOLO/AVENIR-CDH et PS) ont annoncé, pour la 4ème mandature consécutive la reconduction de leur « alliance citoyenne ». De notre côté, nous n’avons pas encore formellement réagi. Nous le faisons ce soir en ne participant pas au Conseil communal.

    Si nous admettons que le système de la représentation proportionnelle permette des majorités alternatives à celle constituée par le parti le plus plébiscité, nous estimons par contre, qu’en reconduisant leur alliance avec 3 listes (et donc avec 93 candidats) et 3 programmes différents et en excluant d’office le parti le plus important (31 candidats) : c’est tout simplement scandaleux (3).

    En agissant de la sorte (pour la 4ème fois !), ECOLO/CDH/PS détournent le système à leur avantage personnel sans avoir égard, ni à l’avis des citoyens qui n’ont pas encore pu exprimer leur vote (1), ni au projet de ville qu’ils ne sont pas parvenus à préparer ensemble (2).

    En fait, le modèle prôné par la majorité, c’est un modèle sans débat démocratique, sans respect ni de l’opposition (4), ni des citoyens ayant voté pour ce parti relégué sans cesse dans l’opposition malgré son meilleur score électoral (34,1% en 2012) (5).

    Et c’est plutôt symptomatique de la majorité en place puisque depuis 2000, elle se croit toute puissante et elle impose ses vues  (6) en rejetant généralement les arguments développés par l’opposition, en osant déclarer malgré tout « que les politiques arrêtent de se croire au-dessus des citoyens ». Il faut un fameux toupet quand même, avouez !

    Vous qui assistez ou suivez dans la presse les Conseils communaux, savez-vous que notre groupe OLLN2.0 vote favorablement plus de 90 % des points mis à l’ordre du jour par le Collège communal ?

    Concernant les points qui ne font pas l’unanimité dans notre groupe, nous les débattons et parfois, aux termes du débat, nous votons contre, pour ou nous nous abstenons. Souvent le vote est libre dans nos rangs (ce qui n’arrive jamais ou quasiment jamais dans les rangs de la majorité). Nous ne nous opposons jamais sans disposer d’un dossier; nous développons toujours une argumentation forte, souvent nuancée (7). Et parfois même, nous sentons que nous convainquons certains membres du Collège ou de la majorité, même si au moment du vote, celle-ci préfère ignorer ces arguments et passer le dossier en force (vote majorité contre opposition)

    L’opposition constitue le contre-pouvoir garant de notre démocratie et une opposition constructive doit pouvoir soutenir les « bons » projets du Collège mais aussi dénoncer les dérapages et, le cas échéant, formuler des propositions alternatives au Conseil, ce que nous faisons. Quand Madame Chantry justifie l’accord préélectoral par l’attitude agressive de l’opposition (8), elle ne fait que détourner l’attention du véritable enjeu qui est la course au mayorat (9) dans une majorité sans concurrence.

    La réalité, c’est que les ECOLOS sont au pouvoir sans discontinuer depuis 1989 (et ont le mayorat depuis 2000) en n’ayant jamais été le premier parti de la ville (10) !

    Par leur coalition répétée depuis 18 ans, ils sont largement majoritaires au sein du Collège et ne supportent plus la moindre contradiction, même émanant de l’opposition (11) dont c’est pourtant le rôle indispensable dans un Etat démocratique !

    Pour ECOLO cette tripartite est l’alliance idéale, « l’autorité assise » comme pour la magistrature et ils espèrent que cela va durer encore longtemps.

    Ce n’est pas notre conception de la démocratie et nous serons toujours présents pour faire barrage à ces petits arrangements et offrir une vraie alternative aux électeurs.

    A l’annonce du 4ème renouvellement de la coalition ECOLO/CDH/PS nous aurions pu nous décourager puisque toutes les fois précédentes, malgré notre première position aux élections avec le plus grand nombre de sièges gagnés (12), nous avons systématiquement été  envoyés dans l’opposition, mais il n’en est rien. Aussi ce soir, nous avons voulu vous montrer en 4D à quoi ressemblerait le conseil communal sans opposition rêvé par ces 3 partis d’une alliance citoyenne qui n’a de citoyen que le nom !

    Avez-vous trouvé le débat intéressant ?

    Et qu’on ne s’y trompe pas, peut-être va-t-on nous accuser d’avoir fui le débat sur les visites domiciliaires. Nous avons déjà dénoncé qu’aucun dossier avec pièces justificatives (projet de loi critiqué, analyse par le Collège dudit projet, arrêt du Conseil d’Etat…)  n’avait été mis à la disposition des conseillers dans le délai légal et nous avons demandé expressément que ce point soit reporté au prochain Conseil communal afin de pouvoir réagir en connaissance de cause.

    Le maintien de ce point à l’ordre du jour du Conseil de ce soir n’a pour objectif que de surfer sur une communication appuyant une opposition existant à un autre niveau de pouvoir et démontre une fois de plus qu’il n’est pas tenu compte à OLLN, des demandes légitimes de l’opposition. Ce comportement est susceptible d’un recours auprès de la tutelle. Nous aviserons.

    La mauvaise pièce jouée à OLLN éloignera probablement encore un peu plus les citoyens de la politique et la campagne électorale sera très difficile pour notre groupe et pour les éventuelles nouvelles listes car non seulement nous devrons convaincre d’oser la différence avec nous mais aussi et surtout nous devrons pousser les citoyens à ne pas s’abstenir mais bien au contraire à utiliser leur vote.

    Pour la liste OLLN2.0

    B. KAISIN,